Danny Collins: La revanche du has-been

Malgré ses défauts, impossible de ne pas aimer... (Photo fournie par Remstar)

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Malgré ses défauts, impossible de ne pas aimer Danny Collins, le personnage - interprété par Al Pacino - autant que le film.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Danny Collins, le film, a autant de défauts que son rockeur périmé, mais c'est impossible de ne pas l'aimer, tout comme le personnage. Ce long métrage est l'archétype de la comédie dramatique convenue et prévisible, mais terriblement humaine et tellement bien jouée - Al Pacino est (presque) parfait. Danny Collins incarne (presque) le summum du divertissement pur bonheur. Tout en contournant habilement le piège géant de la nostalgie.

Danny Collins avait pourtant tous les éléments de la trappe à baby-boomers. Collins (Pacino) est un rockeur au train de vie outrancier qui n'a rien endisqué de bon depuis trois décennies. Il vit sur ses succès de jeunesse et les compilations, carburant à la coke et à l'alcool pour oublier son spleen et sa quatrième femme, qui pourrait être sa fille. Toute ressemblance avec quantité de vedettes n'est pas fortuite, surtout avec son look à mi-chemin entre une vieille pute et Steven Tyler (le chanteur d'Aerosmith).

Le jour de son anniversaire, son ami et gérant blasé Franck (Christopher Plummer) lui remet une lettre (perdue) que John Lennon lui a écrite 40 ans plus tôt. Le célèbre chanteur lui enjoint de rester fidèle à lui-même et à ses idéaux. Collins décide subito presto de reprendre sa vie en main en commençant par retrouver son fils, qu'il n'a jamais rencontré. Évidemment, Tom (Bobby Cannavale) est récalcitrant, sa femme Samantha (Jennifer Garner) est prise entre l'arbre et l'écorce, et leur charmante petite fille avec un TDAH, Hope (Giselle Eisenberg), est ravie.

Comme Collins est très lucide et plein d'autodérision, il se qualifie lui-même de fou du roi à micro, le film se moque ouvertement, avec une dose de cynisme, des chanteurs prisonniers de leurs personnages et incapables de sortir de leur cage dorée pour profiter de leur liberté artistique. Pas très original, mais efficace. Tout comme les thèmes de la rédemption et du «il n'est jamais trop tard pour bien faire», usés à la corde. Même chose pour le riche déconnecté qui débarque chez une petite famille qui en arrache et qui fait face à la maladie. Ben oui, c'est cousu de fil blanc.

Mais inutile de résister, ça fonctionne. Même la relation antagoniste et complice avec la gérante de l'hôtel (Annette Bening, sous-

utilisée) où s'est réfugié Collins pour composer. OK, Pacino fait parfois un tout petit peu trop de Pacino, mais ce rôle est taillé sur mesure pour lui. Il est d'un naturel confondant, tout comme Cannavale et Garner, parfaitement à l'aise.

À son premier tour derrière la caméra, Dan Fogelman ressemble à son personnage principal. Le scénariste d'Un amour fou (2011) et de Last Vegas (2013) hésite entre ses impulsions artistiques et les techniques hollywoodiennes éprouvées. Il y a quelques séquences, notamment pour se moquer de l'âge des fidèles de Danny Collins et souligner son désespoir à la vue de ceux-ci, qui évoquent la frénésie caricaturale à la Scorsese. Mais la grande majorité des scènes sont filmées de façon convenue.

Reste que c'est bien fait, surtout l'utilisation des chansons de John Lennon, au moins une douzaine. Presque chacune est utilisée en contexte avec les textes du grand parolier et élargit la perspective du long métrage.

On vous le disait plus haut, Danny Collins est un feel-good movie. On rigole, on sourit, on est ému et la fin ouverte nous laisse toute la place pour imaginer la suite (des choses, pas d'un autre film, svp!). Ce qui ne nous empêche pas d'imaginer ce qu'en aurait fait un réalisateur comme Scorsese...

Au générique

Cote : ***

Titre : Danny Collins

Genre : comédie dramatique

Réalisateur : Dan Fogelman

Acteurs : Al Pacino, Annette Bening, Christopher Plummer et Jennifer Garner

Salles : Beauport et Clap (v.f. et v.o.a.)

Classement : 13 ans et plus

Durée : 1h46

On aime : le naturel de Pacino, le contre-emploi de la nostalgie, la trame sonore

On n'aime pas : le scénario cousu de fil blanc, l'overdose de bons sentiments, l'aspect trop prévisible

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