Des étoiles: sous un ciel variable

Des étoiles explore les répercussions de l'immigration, et... (Photo fournie par A-Z Films)

Agrandir

Des étoiles explore les répercussions de l'immigration, et son effet sur l'identité, le sentiment d'appartenance et l'ouverture à la différence.

Photo fournie par A-Z Films

Le SoleilÉric Moreault 3/5

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Québec) On ne se contera pas d'histoire, un film comme Des étoiles a beaucoup plus de résonance dans une ville multiculturelle comme Montréal qu'à Québec-la-blanche. Dyana Gaye y explore les répercussions de l'immigration, mais aussi son influence sur l'identité, le sentiment d'appartenance et l'ouverture à la différence. Cette méditation sur l'exil a donc une portée universelle, ne serait-ce que par son point de vue sur un émigré occidental - une réalité que connaissent mieux les Québécois.

Des étoiles suit les destins parallèles d'Abdoulaye, de Sophie et de Thierno. Ces trois jeunes, qui ont un lien familial, vont atterrir chacun dans une ville et un continent différents. Abdoulaye (Ralph Amoussou) a suivi son cousin à New York après un passage par l'Europe. C'est le cas classique du migrant économique, prêt à subir toutes les vexations, dont celles liées au travail au noir, pour (l'illusoire) amélioration de sa condition.

Sa femme Sophie (Marème Demba) a quitté le Sénégal pour aller le rejoindre à Turin, mais le nid est vide. Plutôt que de retourner dans une société qui l'étouffe, elle décide de tenter sa chance, aidée par une communauté de jeunes femmes (et d'intervenants) qui ont décidé de se prendre en main et de s'intégrer - légalement - à leur société d'accueil.

Quant à l'Américain Thierno (Souleymane Seye Ndiaye), il atterrit à Dakar pour assister aux funérailles de son père qu'il n'a pas vraiment connu. C'est le choc pour ce fils de l'immigration, qui découvre ce qui a tout l'air d'un univers parallèle.

On le voit, Des étoiles embrasse large (et, parfois, mal étreint). Mais il évite de tomber dans le piège béant du misérabilisme en présentant les deux côtés de la médaille en Abdoulaye et Sophie, ce couple brisé par des trajectoires différentes. Le long métrage évite aussi en bonne partie de placer des lunettes roses sur l'objectif. Même s'il y a une part d'angélisme, il aborde les aspects plus sombres du déracinement (prostitution, pauvreté, exploitation...).

L'approche sociodocumentaire risque de déconcerter ceux qui cherchent un récit de fiction classique. Il y a bien un arc dramatique, mais il est parfois mal tendu. Ce relâchement de tension est compensé par l'originalité de l'approche et du regard de la réalisatrice. Oui, Dyana Gaye pose un regard occidental. Mais la réalisatrice franco-sénégalaise a tout de même une sensibilité sur la question qui puise à même son expérience personnelle et familiale.

Pour un premier long métrage, la réalisatrice montre une belle maîtrise à nouer les fils de ce film choral sans emberlificoter le spectateur. Elle utilise aussi avec beaucoup d'aplomb l'ellipse pour faire avancer son récit. Des étoiles est dépaysant, même à New York, où la réalisatrice s'est efforcée de montrer un aspect méconnu de la ville où on est payé 300 $ par mois en dessous de la table pour un travail extrêmement dur...

Des étoiles s'adresse aux cinéphiles qui veulent sortir des sentiers battus. L'aventure en vaut la peine.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer