Marie reine d'Écosse: un film poignant et puissant

Marie reine d'Écosse brosse un portrait de Marie... (Photo fournie par K Films Amérique)

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Marie reine d'Écosse brosse un portrait de Marie Stuart (Camille Rutherford) en femme indépendante et fière, qui se laissera emporter par la passion.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Marie Stuart est une éternelle source d'inspiration. Mais Thomas Imbach propose une relecture âpre de la vie tumultueuse de cette femme forte. Il livre ainsi un drame historique poignant, captivant et puissant où brille particulièrement Camille Rutherford dans le rôle-titre.

Le destin tragique de Marie Stuart (Rutherford, vue dans La vie d'Adèle) a tout pour enflammer les imaginations. Promise, au XVIe siècle, à l'héritier du trône de France dès son plus jeune âge, la reine d'Écosse marie François à l'adolescence. Le roi meurt un an plus tard alors que sa cousine Élisabeth est couronnée reine d'Angleterre, un titre auquel Marie peut prétendre. L'Écossaise revient dans sa patrie appauvrie et déchirée par une guerre de religion entre les catholiques et les protestants.

Isolée, elle doit composer avec son frère dévoré par l'ambition et des Lords misogynes qui convoitent son pouvoir. Elle se remarie avec Lord Darnley (Aneurin Barnard), un faible, qui fait tuer Rizzio (Mehdi Dehbi), son conseiller et confident, par jalousie alors qu'elle est enceinte («une mère dans un nid de vipères»). 

Trahie et malheureuse en amour, elle laisse son amant assassiner son mari. Elle convole avec le comte de Bothwell (Sean Biggerstaff) - un protestant - peu de temps après. C'en est trop pour l'aristocratie et le peuple, qui se révolte. À 25 ans, la reine déchue choisit l'exil, où Élisabeth l'enferme dans ses appartements pendant 19 ans, craignant que Marie fasse valoir ses droits légitimes à la couronne d'Angleterre.

Lettres à Élisabeth

Pour condenser le récit épique de la vie de Marie Stuart, le réalisateur suisse a choisi de confier la narration à celle-ci. En voix hors champ, la reine lit les lettres qu'elle adresse à sa cousine. Elle est obsédée par Élisabeth, en qui elle voit son double et son égale. Or, cette dernière se méfie. La reine d'Angleterre finira d'ailleurs par lui faire couper la tête. C'est à la veille de cette «délivrance» que s'amorce le récit, suivi d'un long retour en arrière.

Thomas Imbach évacue l'enfance et son premier mariage à coups d'ellipses rapides. Un moyen qu'il favorise d'ailleurs pour faire progresser son récit, se fiant à l'intelligence du spectateur pour relier les points. 

Son portrait montre le visage d'une féministe avant l'heure, une femme indépendante et fière qui se laissera toutefois emporter par la passion (Marie court à sa perte en toute connaissance de cause).

De toute évidence, Imbach n'a que faire des paillettes et des dorures auxquelles on associe la royauté - son portrait d'époque doit d'ailleurs être beaucoup plus proche de la réalité que celle dépeinte dans les superproductions gonflables. 

Sa réalisation est crue (musique dissonante, lumière sombre) et sans concession. Très inspirée et maîtrisée, elle s'avère toutefois captivante, aidée aussi par un bon sens du cadre et une superbe photographie des paysages désolés et sauvages de l'Écosse - un reflet de l'isolement de Marie.

Le contexte historique peut parfois s'avérer fastidieux, et Imbach n'avait pas le choix de prendre des raccourcis, sacrifiant des nuances au passage. De bien petits reproches, compte tenu de la qualité de l'ensemble.

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