Coureurs des toits: suspendus entre ciel et terre

«Quand ta vie tient à un fil, t'es... (Image tirée de la bande-annonce)

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«Quand ta vie tient à un fil, t'es conscient de sa fragilité», dit un déneigeur.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Il faut saluer l'initiative du Cinéma Cartier, qui a accepté de projeter l'original Coureurs des toits. Le documentaire d'Helgi Piccinin s'intéresse aux déneigeurs de toits du Vieux-Québec. Équipés comme des alpinistes, ces athlètes de la froidure se suspendent entre ciel et terre pour décrocher la manne blanche qui risque d'écraser passants et automobilistes.

Ça ne s'appelle pas Coureurs des toits pour rien. Le titre fait allusion aux aventuriers québécois qui parcouraient notre territoire en quête de liberté et de défis. C'est cet espace de liberté que les gars, et la fille, se sont approprié depuis une dizaine d'années. Ces hommes-araignées escaladent, pellettent et déglacent les bâtiments, bravant le froid, les vents et le sort. «Quand ta vie tient à un fil, t'es conscient de sa fragilité», comme le dit un des déneigeurs. 

C'est l'architecture particulière du Vieux-Québec, avec ses toits abrupts qui donnent directement dans la rue, qui les oblige à grimper.

La caméra de Piccinin les suit sur les toits d'édifices emblématiques de Québec comme le Château Frontenac et l'église Saint-Roch : les images sont vertigineuses. Pas seulement en raison de la hauteur, mais aussi de la photo soignée et des superbes cadrages. Le panorama de la capitale n'est jamais aussi beau que dans cette lumière hivernale avec le fleuve Saint-Laurent, l'île d'Orléans et les montagnes comme horizon.

En fait, on pourrait facilement prétendre que la ville et l'hiver sont les personnages principaux de ce moyen-métrage, même si le réalisateur nous présente affectueusement Félix, Julien, Éric et Charles ainsi que les travailleurs saisonniers qui sont à pied d'oeuvre de décembre à mars.

Coureurs des toits les laisse librement s'exprimer sur cette étrange passion qui les anime. Il ne s'agit pas de têtes brûlées (il y a des universitaires parmi eux), mais assurément des têtes fortes éprises de liberté.

Leur travail, rythmé par les changements, illustre aussi la relation intime que les gens de Québec entretiennent avec les saisons. Le film l'illustre bien, tant visuellement qu'avec la musique de Pierre-Luc Lecours, qui se marie à merveille aux images.

OK, on en a tous un peu marre en ce moment, mais ce n'est pas une raison pour passer à côté de ce beau petit film. Il pourrait même vous réconcilier avec l'hiver. En fait, tous les gens de Québec devraient voir Coureurs des toits au moins une fois dans leur vie. Pour apprécier encore plus la ville. Car ce documentaire est aussi une déclaration d'amour à Québec.

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