Le nez: enquête olfactive

On ne s'ennuie jamais dans le documentaire de... (Photo fournie par FunFilm)

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On ne s'ennuie jamais dans le documentaire de Kim Nguyen, qui a opté pour une approche très poétique pour traiter de son sujet.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Intuitivement, on sait tous que l'odorat, les sentiments et la mémoire sont intimement liés. À preuve, une odeur (la cannelle, le maïs soufflé, la résine de sapin...) peut nous propulser dans notre enfance ou une fragrance nous rappeler l'exaltation du premier baiser. Kim Nguyen a décidé d'enquêter, dans un documentaire extrêmement original et ludique, sur l'effet émotionnel de l'odorat sur nos désirs, notre alimentation et notre façon de vivre.

Le long métrage s'ouvre sur une entrevue avec une jeune femme qui a perdu son odorat à la suite d'un accident. Son désarroi, voire son désespoir, suffit à faire comprendre l'importance de ce sens qui exalte les passions.

Le film inspiré du livre Papilles et molécules de François Chartier commence par un tour de piste des évidences, explorant la relation de l'odorat à la bouffe, au boire et au parfum. Son importance dans le désir aussi - ne dit-on pas «je ne suis pas capable de le sentir»? Il y a d'ailleurs une entrevue assez hilarante avec un drôle de numéro qui a bûché pendant quatre ans pour concocter une fragrance qui s'appelle Vulva originelle (oui, c'est ce que vous pensez...).

C'est que, rapidement, Le nez sort des sentiers battus pour explorer des thèmes inusités. L'odeur de l'espace, avec l'astronaute Chris Hadfield. Le rôle de l'odorat chez les victimes de stress post-traumatique. Une odeur - celle d'un violeur, par exemple - peut rappeler un traumatisme et plonger sa victime dans un profond désarroi. Ou encore l'utilisation de l'ambre gris, une déjection rare de cachalot, dans la fabrication de certains parfums!

Il traite également de l'odeur fantôme, qui affecte ceux qui ont perdu l'odorat de la même façon que le membre fantôme chez les amputés. C'est évidemment le cerveau qui joue de mauvais tours. En fait, émotions, souvenirs et odorat sont étroitement liés dans notre cerveau - ne dit-on pas «ça sent la coupe»?

J'aurais d'ailleurs souhaité que le documentaire explore un peu plus la question sous un angle scientifique, d'autant qu'il s'égare parfois dans des considérations ésotériques. Mais Nguyen (Rebelle, finaliste aux Oscars en 2013) a adopté une approche très poétique et sensuelle qui honore parfaitement son sujet et qui n'exclut pas les considérations philosophiques ou artistiques.

En fait, on ne s'ennuie jamais dans ce périple dans cinq pays. Le réalisateur utilise parfois des images d'archives qui viennent éviter l'aspect trop didactique et l'humour vient alléger la démonstration, tout comme le mélange de genres filmiques. Les entrevues d'enfants sont particulièrement fascinantes.

Le nez célèbre le bonheur de vivre. Et c'est évident jusque dans sa conclusion, qui vient boucler la boucle de jolie façon. Une belle et surprenante réussite avec un sujet casse-gueule. 

Au générique

Titre : Le nez

Genre : documentaire

Réalisateur : Kim Nguyen

Salle : Clap

Classement : général

Durée : 1h24

On aime : la réalisation, le parti pris de poésie, l'humour

On n'aime pas : le manque de science

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