Le promeneur d'oiseau: libre comme l'air

Zhigen (Li Bao Tian) doit retourner dans son... (Photo fournie par AZ Films)

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Zhigen (Li Bao Tian) doit retourner dans son village natal avec sa petite-fille gâtée pourrie (Yang Xin Yi). Dans les paysages magnifiques de la Chine traditionnelle, le duo que tout sépare va apprendre à s'apprivoiser.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Ils sont de plus en plus rares, les films «sérieux» destinés à la famille. On nous propose soit des films d'animation, soit des comédies épaisses. Or, le superbe Promeneur d'oiseau se compare avantageusement avec le meilleur des Contes pour tous, le dépaysement en prime. Cette fable, un brin manichéenne, il est vrai, propose une réflexion intéressante sur ce qui se passe quand on sacrifie les traditions sur l'autel de la modernité.

C'est la notoriété du Papillon (2002) qui a permis à Philippe Muyl de tourner cette coproduction franco-chinoise avec des acteurs locaux (le film représentait la Chine aux récents Oscars). L'action a beau se dérouler au pays de Mao, l'histoire et sa portée sont universelles.

Zhigen (Li Bao Tian, vu chez Zhang Yimou), qui vit en ville, doit retourner dans son village natal après le décès de sa femme pour remplir une promesse faite à la défunte, promesse d'où le film tire son titre. Mais on lui confie sa petite-fille Renxing, une enfant-roi archi-gâtée. Cette véritable petite peste, qui n'a rien à foutre de l'ancêtre, va s'évertuer à lui pourrir la vie dans ce périple qui, on s'en doute, ne se déroulera pas du tout comme prévu.

Dans les vallées et les forêts magnifiques aux confins de la Chine traditionnelle, filmés de superbe façon, le duo que tout sépare va évidemment apprendre à s'apprivoiser, se rapprocher et, même, à s'entraider. La petite fille découvrant des valeurs, plus proches du coeur, qui lui sont étrangères... 

Film sur la transmission, donc, livré sur un ton humoristique et un brin naïf, sans être mièvre. Dans ce long métrage empreint d'une certaine nostalgie, le réalisateur oppose la modernité aux traditions, la ville à la campagne et les générations entre elles.

Car le vieil homme est brouillé avec son fils (Qin Hao), trop occupé à travailler pour se préoccuper de ses proches - il compense en offrant à sa gamine iPhone et autres gadgets électroniques...

L'ensemble est très prévisible et le scénario un peu trop cousu de fil blanc. Le réalisateur aurait pu mieux mettre en valeur les énormes disparités économiques entre les nouveaux riches et la grande partie de la population rurale (même si c'est implicite). Et pourtant, ça marche. Le promeneur d'oiseau s'avère extrêmement touchant, notamment grâce à la finesse et le naturel de l'interprétation, pour chacun des personnages...

La réalisation fluide de Philippe Muyl, son sens de l'image ainsi que l'attention portée aux décors naturels contribuent à faire de son long métrage un objet agréable au regard. Il propose aussi une belle réflexion sur l'amour filial, le sens du sacrifice, le respect, la simplicité (in)volontaire... 

Le promeneur d'oiseau a gagné des prix dans des festivals de films pour enfants en République tchèque et au Danemark, mais je ne le recommanderais pas pour les petits de moins de huit ans, compte tenu du sujet.

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