La passion d'Augustine: la réalité d'une époque

La passion d'Augustine possède une réelle valeur documentaire... (Photo fournie par les films Séville)

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La passion d'Augustine possède une réelle valeur documentaire puisqu'on y découvre des artistes d'aujourd'hui, au seuil de la carrière professionnelle, notamment Lysandre Ménard, dont on pourrait entendre parler dans l'avenir.

Photo fournie par les films Séville

Le SoleilRichard Boisvert 3/5

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(Québec) Dans La passion d'Augustine, les musiciens sont des individus normaux et sains. Du jamais-vu ou presque. Au cinéma, on préfère en général les jeunes virtuoses qui perdent la raison au beau milieu du 3e de Rachmaninov.

Léa Pool a fait le pari de travailler avec de vraies pianistes. Non seulement cette préférence est tout à son honneur, mais elle assure du même coup la fluidité de son oeuvre. La caméra peut s'attarder sur les mains des interprètes et, dans un mouvement tout à fait naturel et continu, remonter lentement vers leur visage. De ce point de vue, on est gâté.

Puisque le film est censé se dérouler dans un pensionnat reconnu pour la qualité de son enseignement musical, le choix de l'authenticité renforce bien sûr la pertinence du propos.  

La réalisatrice n'a opté ni pour la facilité ni pour le sensationnalisme. En bonne documentaliste, elle a cherché à montrer aussi honnêtement et simplement que possible la réalité d'une époque où l'éducation au Québec était confiée aux communautés religieuses. Résultat, le film y gagne encore une fois en vérité. On jurerait que ce pensionnat de la vallée du Richelieu a réellement existé. Et on ne peut s'empêcher de penser que le système scolaire actuel aurait eu des leçons à retenir des méthodes des religieuses. La bonne pédagogie, contrairement aux réformes scolaires, ne se démode jamais.

De fait, La passion d'Augustine possède une réelle valeur documentaire puisqu'on y découvre des artistes d'aujourd'hui, au seuil de la carrière professionnelle, notamment la jeune Lysandre Ménard, une pianiste dont on pourrait entendre parler dans l'avenir.

La force du film fait aussi sa faiblesse. S'il montre beaucoup, il raconte peu. Les personnages trouvent bien tardivement leur profondeur, à supposer qu'ils y parviennent. Trop de dialogues semblent avoir été plaqués entre deux scènes dans un but purement didactique. Les brèves apparitions de Gilbert Sicotte font penser à des capsules historiques.

En revanche, les conseils que soeur Augustine adresse à ses protégées ne pourraient sonner plus juste. Céline Bonnier se glisse dans la peau de cette pédagogue aux idées progressistes avec autant de conviction que de naturel. 

Le soin apporté au tournage est également remarquable, répétons-le. Qu'il s'agisse d'une étude de Chopin, d'une transcription du Gloria de Vivaldi ou de la reconstitution d'une «messe à gogo», chaque scène est réalisée avec précision et finesse. On a rarement vu un film sur la musique aussi bien fait, dans la forme comme dans le fond.

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