Gurov & Anna: d'amour et d'eau de rose

Sophie Desmarais en fait souvent trop dans son... (Photo fournie par Filmoption International)

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Sophie Desmarais en fait souvent trop dans son rôle d'aguicheuse égocentrique, mais son jeu est plus juste à la fin, dans la partie dramatique, où elle est manifestement plus à l'aise.

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Le SoleilÉric Moreault 2/5

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(Québec) Gurov & Anna est le premier long métrage que Rafaël Ouellet n'a pas écrit. Malheureusement. Le réalisateur de Camion a fait ce qu'il a pu, mais le scénario de Celeste Parr, rempli de clichés, avec une intrigue prévisible et peu convaincante ainsi qu'un personnage principal antipathique, ne lui laissait guère de marge de manoeuvre. Un long métrage en anglais qui ne trouvera pas son public.

Donc, le film suit les pas de Ben (Andreas Apergis), un universitaire dans la cinquantaine dont le mariage avec Audrey (Marie Fugain) bat de l'aile. Écrivain frustré qui a renoncé à l'écriture pour faire vivre sa famille et laissé sa femme écrire, il est obsédé par La dame au petit chien, une nouvelle adultère de Tchekhov.

Il n'en faut pas plus pour qu'il s'amourache de Mercedes (Sophie Desmarais), une de ses étudiantes et véritable réincarnation à ses yeux d'Anna, l'héroïne de la nouvelle. Notre Gurov du Mile-End montréalais est prêt à tout perdre pour transposer son fantasme dans la réalité. How original...

Le pire, c'est qu'on n'y croit pas une seconde. Que Ben succombe ainsi - il se dirige droit dans le mur en klaxonnant, comme dirait l'autre -, pas plus que Mercedes trouve quelque chose à cet homme mou, maladroit, pathétique et immature qui vit une chimère. Même si c'est pour profiter de lui. Chaque étape est prévisible et on sait très bien comment ça va finir.

En plus, les personnages sont si peu attachants que leur relation distille un ennui profond. On a juste hâte qu'Audrey découvre le pot aux roses et sacre son camp pour qu'on en finisse.

Sophie Desmarais (Sarah préfère la course) en fait souvent trop dans son rôle d'aguicheuse égocentrique. Au point où on se dit que le professeur, même aveuglé par son désir, aurait dû comprendre qu'il tombait dans un piège à con. Son jeu est plus juste à la fin, dans la partie dramatique, où elle est manifestement plus à l'aise. Andreas Aspergis (X-Men : Jours d'un avenir passé) fait ce qu'il peut dans un rôle unidimensionnel à la psychologie limitée.

Dans ce drame intimiste, Ouellet a choisi une approche beaucoup plus classique que dans ses films précédents, moins brute dans sa façon de filmer, notamment en utilisant le champ/contrechamp assez systématiquement dans les dialogues entre Mercedes et Ben. Le film est toutefois finement découpé. Autre point positif : une bonne bande sonore.

Mais ce n'est pas suffisant pour maintenir l'intérêt. Gurov & Anna est un film de commande que Rafaël Ouellet mettra vite derrière lui (nous aussi) pour retravailler sur du matériel original et plus personnel. Du moins, on l'espère. Parce que ses oeuvres précédentes ont révélé beaucoup plus de potentiel que ne laisse deviner ce sixième long métrage.

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