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Un cinéphage exigeant à la tête du Festival de cinéma de la ville de Québec

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Ian Gailer a pris bien soin d'analyser la santé du Festival avant d'accepter le poste de directeur général.

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(Québec) Ian Gailer ne se décrit pas comme un cinéphile, mais comme un «cinéphage». L'image en dit plus long qu'il n'y paraît sur la volonté du nouveau directeur général du Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) d'en faire un événement populaire, une «fête du cinéma». Mais, précise-t-il, deux fois plutôt qu'une, il ne faut pas s'attendre à des miracles à court terme. Avec un jeune festival, «il faut être indulgent». Mais aussi «exigeant». Voilà qui promet. Autant que sa passion évidente pour le septième art en entrevue.

À défaut de souffler les bougies du 20e anniversaire du festival Regard sur le court métrage au Saguenay, dont il était le directeur général, l'homme de 33 ans contribuera à l'organisation des cinq ans du FCVQ. Le gestionnaire de formation, qui entrera en fonction le 1er avril, connaît bien le festival, qu'il fréquente depuis ses débuts. Et il est ravi.

Ian Gailer a tout de même pris bien soin d'analyser la santé du Festival avant d'accepter : «Je n'ai pas sauté là-dessus aveuglément», dit-il en entrevue au Soleil alors qu'il attaquait son déjeuner. Bien sûr, «il y a des choses que je ne sais pas. Je ne peux pas répondre à toutes les questions avant d'en avoir fait le tour.»

Il ne compte pas toutefois y répondre seul, d'autant qu'elles sont nombreuses. «C'est quoi, les défauts du FCVQ? Les qualités? C'est quoi le potentiel que les gens voient? C'est quoi le potentiel que je vois? Est-ce que c'est concordant? Est-ce que ça a du sens? Est-ce que les citoyens en veulent? Les politiciens? Les cinéastes? Si oui, de quelle manière? Il ne s'agit pas de répondre systématiquement à toutes les questions, mais d'avoir des lignes claires. OK, c'est par là qu'on s'en va. Est-ce que vous me suivez? J'ose espérer que ça va bien se passer.»

Chose certaine, il ne remet pas en cause la présence de films québécois en compétition, pas plus que celle-ci. On sait que le FVCQ a de la difficulté à attirer des primeurs en septembre, d'autant qu'il se déroule avant les festivals du nouveau cinéma, à Montréal et de l'Abitibi-Temiscamingue.

«Le cinéma récompense les patients et les travaillants. On a un festival tout jeune. Ce serait irrespectueux de dire aux autres festivals "tasse-toi!" Ce serait brasser des cartes qui n'ont pas besoin d'être brassées. On veut que ce soit une fête du cinéma. On ne le fera pas en arrivant tambour battant et en tassant tout le monde.» Même appel à la patience pour la compétition «qu'il faut diversifier» lentement mais sûrement. Il faut faire sa marque auprès des distributeurs et des producteurs. «Au cinéma, il y a aussi une notion de tradition.»

Le fils de Lanaudière a eu une enfance nourrie au cinéma hollywoodien. Il a découvert le cinéma d'auteur lorsqu'il s'est établi au Saguenay, à 19 ans, pour ses études. Si bien qu'il aime «de tout coeur» autant le cinéma d'auteur que le cinéma populaire. «Si on veut célébrer le cinéma, il faut être ouvert à tout ce qui se fait.»

Il le dit autant pour le Festival que pour la population en général. C'est l'essence même d'un festival que de faire rayonner des films qui pourraient difficilement trouver une place sur les écrans ou d'autres qui méritent une attention particulière en raison de leurs grandes qualités esthétiques. Pas besoin d'être un cinéphile pur et dur pour s'y frotter. «Les gens sont outillés pour comprendre. Il suffit de leur donner les bonnes clés.»

Évidemment, le rayonnement d'un festival se mesure en popularité et en réputation. Mais le nerf de la guerre reste l'argent pour un événement dont le budget tourne autour de 1 million $. Les commandites sont difficiles à aller chercher, voire à maintenir. Celle de Loto-Québec, victime de l'austérité, vient tout juste de passer de 35 000 $ à 15 000 $ pour la prochaine édition, du 16 au 27 septembre.

Ian Gailer a de l'expérience à ce chapitre, lui qui vient de passer sept ans à la barre de Regard, qu'il laisse, dit-il, dans une forme splendide. Il compte justement faire le tour «du plus grand nombre de personnes possibles dans la prochaine année» - politiciens, artistes, commerçants, etc. «J'ai ben hâte de m'asseoir avec les gens. Je ne pense pas être le prêtre du bon goût. Et je pense que Québec a tout pour que ça fonctionne.»

D'autant que, comme le dit si bien Ian Gailer, «un festival, tu fais ça pour les autres, pas pour toi».

Pincement au coeur

Ian Gailer succède à Marie-Christine Laflamme, qui travaille désormais au sien de l'entreprise familiale. «J'ai eu énormément de plaisir à fonder l'événement et à le structurer depuis ses débuts. Ce n'est pas sans un pincement au coeur que je me dirige vers d'autres défis», a-t-elle fait savoir par communiqué. Mme Laflamme restera toutefois au conseil d'administration du FCVQ.

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