Terre des ours: aventure à poil

Guillaume Vincent voulait faire un film sur la... (Photo fournie par uniFrance)

Agrandir

Guillaume Vincent voulait faire un film sur la nature, où tout est vrai. «On cherchait le personnage-animal qui permettait de faire ça et très vite l'ours a émergé parce qu'il a ce côté assez brut, simple qui porte une contradiction : cet aspect nounours et ce côté violent.»

Photo fournie par uniFrance

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Québec) Il s'est rendu dans un coin à l'état sauvage que seuls les joueurs de Risk connaissent : le Kamtchatka. Ses vedettes poilues ont fait des caprices, la météo aussi. Résultat, le tournage a duré plus de six mois. Mais Marion Cotillard a accepté tout de suite la narration.

L'aventure cinématographique de Guillaume Vincent s'est transformée en un splendide documentaire animalier 3D sur les moeurs des ursidés : Terre des ours. Le Soleil l'a rencontré à Paris pour en discuter.

Q Pourquoi un film sur les ours?

R Au départ, ce n'était pas tellement les ours qui motivaient le film. C'était de faire un film sur la nature, mais où tout est vrai, où on ne plaque pas les codes de fiction. On cherchait le personnage-animal qui permettait de faire ça et très vite l'ours a émergé parce qu'il a ce côté assez brut, simple qui porte une contradiction : cet aspect nounours et ce côté violent. Après, on s'est tout de suite dit qu'il fallait le faire au Kamtchatka pour son aspect inattendu. Si on enlève la capitale, il y a presque autant d'ours [environ 20 000] que d'hommes sur le territoire. En plus, il y a de grandes réserves qui nous permettaient de faire le film qu'on voulait : très près et que ça reste naturel.

Q Vous avez observé les ours sur quatre saisons. Qu'est-ce qui vous a le plus ému?

R Leur solitude. Leur monde est rude, et ils doivent le combattre seuls. [...] Il y a quelque chose de particulier à filmer des animaux. Il faut respecter leurs règles. Les animaux ne refont jamais deux fois la même chose. On a rarement droit à une seconde chance.

Q Vous vouliez filmer le cycle de la vie?

R Dit comme ça, ça fait cours de biologie. Mais c'est comme le mythe de Sisyphe. Tous les ans, ils recommencent et y mettent une énergie et un acharnement très beaux. Rien ne dit que nous ne sommes pas un peu comme ça. Ça nous interpelle.

Q Vous deviez coordonner une équipe sous-marine, une équipe aérienne et une sur le plancher des vaches. À quel point ça a été compliqué?

R Il fallait savoir tellement bien ce qu'on cherche, que quand quelque chose se passe, on sait comment on veut le filmer. [Mes collaborateurs] savaient quels types de plans je cherchais. Des plans larges, par exemple, qui montrait tous les saumons.

Q Est-ce que ça a été difficile de convaincre Marion Cotillard de faire la narration?

R Pas du tout. Ce qui a été difficile, c'est son emploi du temps. Tout l'été, elle était en tournage avec les Dardenne [pour Deux jours, une nuit]. Ça m'intéressait d'avoir une voix de femme. Je ne voulais pas me conformer au cliché de la voix masculine qui étale son savoir. Ça amène une certaine douceur. Je voulais Marion Cotillard parce que je l'adore comme actrice, j'adore sa voix. Elle a ce talent de ne pas jouer l'émotion, mais de la faire émerger.

Q Dans votre désir de cinéma pour ce film, est-ce qu'il y avait la 3D?

R Pour être honnête, c'était une demande du producteur. On s'est posé des questions. Ça a été un très gros travail de préparation. On n'a pas du tout filmé comme on l'aurait fait en 2D. On a intégré les contraintes, notamment pour les réglages. Mais ça nous a aidés à nous positionner pour filmer les ours. Dès le premier soir, on a été hyper convaincus en regardant les extraits. Il y avait une vérité brute, un rapport à la distance qui ne ment pas. Quand le spectateur se sent très près de l'ours, c'est qu'on était très près.

Q Comment avez-vous été amenés à travailler avec les spécialistes de James Cameron (Avatar, Titanic)?

R Ils ont eu vent du projet, ils ont demandé à nous rencontrer. Ils nous ont offert des possibilités. On n'avait jamais travaillé en 3D, mais on avait l'expérience de ce genre de tournage. On est venu avec une vraie envie de cinéma et ça les a séduits. Ensuite, ils ont amené leur expérience en relief pour que ça colle à nos aspirations.

Q Dans cette perspective, avez-vous des envies de fiction?

R Oui. Faire un film où l'homme serait confronté à l'aspect brut de la nature, ça me passionnerait. Mais j'en produis, ça me permet de satisfaire cette envie-là. Mais il faut d'abord que je termine mon projet sur les mammifères marins, Les géants, qui est tourné dans le golfe Saint-Laurent.

Terre des ours prend l'affiche le 27 février.Les frais de ce voyage ont été payés par uniFrance.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer