Astérix et le domaine des dieux: éloge de la résistance

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Astérix et Obélix (en 3D) dans Le domaine des dieux

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(Paris) En personne, Louis Clichy a le physique, et les manières, d'un personnage d'Astérix - au point où un journaliste qui participait à une table ronde avec Le Soleil lui a demandé s'il s'était dessiné dans Le domaine des dieux. Ce n'est pas le cas, en passant. On peut aussi dire qu'il a l'air d'un geek - l'animateur a travaillé chez Pixar avant de coréaliser cette adaptation animée 3D avec Alexandre Astier. Entretien en vue de la sortie du film ici, vendredi prochain.

Q Qu'est-ce que représentait Astérix pour vous avantde faire ce long métrage?

R Honnêtement, je n'étais pas un grand fan. Je n'aime pas beaucoup la BD, qui est entre le roman et le roman graphique. J'étais familier avec l'univers en raison des films d'animation. C'était une opportunité.

Q Pourquoi Le domaine des dieux?

R Environ 60 % des aventures d'Astérix impliquent la découverte d'un autre pays et des gags à propos de la culture de celui-ci. C'est drôle, mais c'est limitatif sur le plan thématique. Ce que j'aimais beaucoup du Domaine des dieux, c'est qu'il avait des perspectives sur de grands thèmes comme l'environnement et la mondialisation. C'est plus noir aussi. Nous nous sommes rapidement aperçus, Alexandre avant moi, qu'il y avait de bonnes idées à exploiter pour une adaptation. Il y a aussi le thème plus global de l'identité et de l'exception culturelle dans un contexte de mondialisation.

Q Justement, la production a décidé d'enregistrer en français. Pourquoi?

R Nous l'avons fait comme ça devrait toujours être fait: enregistrer la voix avant l'animation. Parce que ça aide énormément les animateurs à travailler en raison du rythme et de la musicalité de la langue. Heureusement, nous avons pu le faire. Quand nous travaillons sur une si grosse production, habituellement les producteurs veulent que ce soit produit en anglais. Alexandre Astier et moi avons fait beaucoup de pression pour être certains que ce soit en français, afin qu'on respecte la spécificité de notre langue et son impact sur la façon de jouer.

Q Croyez-vous que ça va nuire au succès du film sur le marché américain?

R Les Américains ne connaissent pas vraiment Astérix. Les producteurs le savaient et le film est d'abord destiné au marché européen. C'est une histoire très classique. Mais, pour une fois, ils vont expérimenter un doublage qui n'est pas parfaitement raccord avec le mouvement des lèvres [rires]. Il y a aussi beaucoup de références qui n'ont pas de résonance.

Q Avez-vous eu des contacts avec Uderzo?

R Il est moins impliqué que dans les BD. Mais on s'est beaucoup parlé en amont. Il voulait s'assurer que notre design respectait son style, notamment avec les images de synthèse [CGI]. Il ne nous a jamais repris. C'était plus une question de détails. Comment nous allions rendre les nez, qu'il fait très gros, par exemple. C'était un peu compliqué pour les expressions, parce qu'il a triché beaucoup. On s'est aussi demandé jusqu'à quel point nous allions être réalistes avec les cheveux et les moustaches.

Q Vous avez quand même pris des libertés avec le caractère des personnages?

R C'est vrai. Astérix et Obélix sont tellement des icônes en Europe qu'on ne croit plus aux personnages. Ils sont devenus fades. Nous voulions ramener l'ironie et le sarcasme. Nous avons tenté de les rendre plus humains, avec leurs failles, qu'ils ne soient plus des héros, mais des personnes normales. Sans, toutefois, altérer leurs caractéristiques fondamentales.

Q Est-ce que Pixar a été une école pour vous?

R J'avais déjà fait de l'animation avant, notamment des courts. Et je n'y étais pas comme réalisateur, mais comme animateur pendant trois ans. J'ai beaucoup travaillé sur WALL-E, du début à la fin. Ça a été une expérience très enrichissante, car j'ai pu voir le travail dans tous les départements. J'ai transposé ce qu'il y avait de mieux et qui pouvait se faire en France.

Q Quelle est la différence entre un film chez Pixar et cette production?

R Nous étions beaucoup plus limités. Pour les grosses séquences d'action, nous devions nous assurer que c'était vraiment important dans l'histoire. Nous avons aussi dû modifier l'histoire, d'une bonne façon, je crois, parce que certaines séquences étaient trop dispendieuses à animer. Il y avait certaines limites chez Pixar aussi, mais pas dans les mêmes proportions. Nous avions un budget d'environ 40 millions $, alors que Pixar, ça tourne autour de 250 millions $.

Q Le film a connu un très bon succès critique et public (2,9 millions d'entrées). Seriez-vous intéressé par une suite?

R Les producteurs en parlent. Ça dépend si c'était un autre album ou une création originale. Pourquoi pas, même si je n'aime pas la routine. Il est vrai que nous avons eu beaucoup de problèmes techniques à régler sur ce film, mais maintenant qu'ils sont résolus, il y aurait plus de latitude artistique et moins de contraintes techniques. Pourquoi pas.

Les frais de ce voyage ont été payés par uniFrance.

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