Force majeure: avalanche de sentiments

La vie d'une famille modèle bascule après une... (Photo fournie par EyeSteel Film)

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La vie d'une famille modèle bascule après une avalanche qui avait pourtant causé plus de peur que de mal.

Photo fournie par EyeSteel Film

Le SoleilÉric Moreault 4/5

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(Québec) En entrevue, Ruben Östlund a expliqué, mi-blagueur, mi-sérieux, qu'il voulait avec Force majeure faire augmenter le taux de divorce... Le quatrième long métrage du réalisateur suédois se penche, en effet, sur un couple qui s'effrite sous nos yeux après un incident traumatisant - ce qui nous renvoie à nos propres comportements. Ce film remarquable, magnifiquement filmé et aux interprètes solides, a obtenu le prix du jury de la section Un certain regard au dernier Festival de Cannes, une récompense amplement méritée.

Force majeure offre un portrait rassurant au début : celui d'une famille modèle (et donc à l'aise financièrement) en vacances d'hiver dans une station de ski des Alpes. Les paysages sont évidemment à couper le souffle. Ils ne servent pourtant que de décor au drame qui se prépare : une avalanche «contrôlée» qui cause plus de peur que de mal. Si ce n'est que Tomas (Johannes Bah Kuhnke) s'enfuit en laissant en plan sa femme Ebba (Lisa Loven Kongsli, fabuleuse) et ses deux enfants, mais sans oublier son iPhone...

Ruben Östlund a voulu mettre en images un fait troublant : après une catastrophe, un grand nombre de survivants divorcent. Parce qu'un événement extrême provoque des comportements inattendus et égoïstes. L'instinct de survie s'avère tellement fort que les hommes «oublient» leur rôle de protecteur de la famille pour sauver leur peau.

Dans le cas qui nous intéresse, Tomas refuse d'admettre sa lâcheté alors qu'Ebba n'en revient pas. Chacun doit sortir de sa zone de confort, et le couple dévale une pente de plus en plus glissante. Ce qui les menace, mais aussi ceux qui les entourent en raison de leurs vues divergentes sur ce qui s'est passé. Une crise renforcée par un souper mémorable qu'ils partagent avec un couple d'amis venus le rejoindre. Le malaise les contamine eux aussi...

Rire jaune

La force majeure - sans mauvais jeu de mots - de ce long métrage captivant réside dans son interrogation des valeurs morales qui nous gouvernent, sans en avoir l'air. L'humour savoureux vient souvent alléger la tension insidieuse, mais on rit très jaune. Le réalisateur a aussi le sens du détail qui frappe. En fait, son scénario est d'une finesse et d'une crédibilité sans faille, même dans ses moments plus extravagants.

On pense au maître Ingmar Bergman, en moins intense et en plus déluré, avec la même stupéfiante maîtrise formelle. Östlund favorise de longs plans-séquences fixes, souvent à distance, qui laissent l'action respirer, tout en suivant une courbe dramatique implacable qui nous laisse sur une finale peu banale. 

Force majeure pose une question lancinante sur cet écran dans lequel se reflète le spectateur : qu'aurions-nous fait à leur place? Ce long métrage fascinant peut enclencher des discussions qui vont se poursuivre jusque tard dans la nuit. Ou provoquer des fissures dans l'édifice d'un couple comme le souhaitait son réalisateur...

=> Au générique

  • Cote :  ****
  • Titre : Force majeure
  • Genre : drame psychologique
  • Réalisateur : Ruben Östlund
  • Acteurs : Johannes Bah-Kuhnke, Lisa Loven Kongsli et Kristofer Hivju
  • Salle : Cartier
  • Classement : général
  • Durée : 1h58

On aime : la réalisation maîtrisée, les interprètes fabuleux, la force du récit

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