Jean-François Caissy: la recette à suivre

Le cinéaste de 37 ans se dit soufflé... (Photothèque le Soleil, Patrice Laroche)

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Le cinéaste de 37 ans se dit soufflé que son film La marche à suivre soit projeté à deux reprises au prestigieux Museum of Modern Art de New York.

Photothèque le Soleil, Patrice Laroche

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Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Carleton) Le cinéaste gaspésien Jean-François Caissy fait flèche de tout bois depuis un an. En plus de nominations aux Jutra et aux Canadian Screen Awards, son dernier film, La marche à suivre, sera projeté deux fois au Museum of Modern Art de New York, les 22 et 23 février.

Tournée à l'école secondaire Antoine-Bernard de Carleton, l'école polyvalente fréquentée par Jean-François Caissy il y a 20 ans, La marche à suivre avait d'abord été projeté en première mondiale lors de la dernière Berlinale, en Allemagne, et au London Film Festival, de Londres, en 2014. Ses apparitions subséquentes ont toutes valu des récompenses à ce troisième film du cinéaste de 37 ans, en l'occurrence le prix World Pulse au Indie Lisboa, le festival international du film indépendant de Lisbonne, au Portugal, une mention spéciale du jury au Grand Prix du meilleur long métrage canadien des Rencontres internationales du documentaire de Montréal, puis une mention spéciale du jury au prix Emerging Cinematic Vision du Festival international du film de Camden, aux États-Unis.

Malgré ces succès, Jean-François Caissy a été plutôt soufflé par l'invitation venue du Documentary Fortnight 2015, le festival international de documentaire du Museum of Modern Art, le MoMA. «Je suis vraiment content, assez fier. Je ne crois pas qu'ils acceptent qu'on leur soumette des films. Ce sont eux [les organisateurs de l'événement de New York] qui m'ont contacté. Quand tu vas à Berlin, j'imagine que ça contribue au rayonnement de ton film. Ils ne présentent que 21 films. Le MoMA est un lieu incontournable quand je vais à New York. Je rêvais d'y présenter un film un jour, et ça arrive», explique le cinéaste.

La marche à suivre met l'accent sur le contraste entre l'encadrement donné à des jeunes d'une école secondaire située en milieu rural et l'ouverture que leur procurent les grands espaces. Les dialogues ont essentiellement lieu entre des membres du personnel de l'école, dont le directeur, et des étudiants aux prises avec divers problèmes, de réussite scolaire ou de comportement.

Le reste du documentaire de 75 minutes produit par l'Office national du film se déroule dans les corridors de l'école, en forêt ou dans les champs, souvent dans un dépouillement sonore que les jeunes brisent en pratiquant des loisirs.

Sans scénario

Jean-François Caissy a tourné à l'école Antoine-Bernard à plusieurs reprises, échelonnées sur un an. Il avait pris le goût de faire des films sur les différentes étapes de la vie en 2009, lors de la réalisation de La belle visite, tourné dans une résidence pour retraités également située à Carleton. Ce film avait aussi été projeté à Berlin. «Je pars sans scénario. Au début de La marche à suivre, il n'était pas question de tourner dans une école. Ça m'a pris presque un an avant de trouver la clé du film. Je suis allé sur la Côte-Nord, en Abitibi. Par hasard, en visitant mon ancienne école secondaire, j'ai rencontré le directeur, qui devait rencontrer un élève. J'ai assisté à la rencontre. Là, j'ai trouvé la clé!» s'anime Jean-François Caissy.

Il n'était pas inquiété par l'idée de constituer une distraction pour les élèves. «Je me suis dit : "Si je peux rentrer une caméra dans la pièce, c'est sûr qu'ils vont l'oublier." Le directeur face à toi, c'est un moment super important [...] En deux secondes, en général, ils oubliaient la caméra. Ils parlaient sans filtre, en confiance. C'est comme filmer des gens au travail. S'ils sont en confiance, ils sont très bons. Durant mon tournage, les figures d'autorité devenaient mes alter ego. Ils devenaient mes intervieweurs. Je n'aime pas interviewer», précise le cinéaste.

Il lui a fallu plus de 450 documents pour s'assurer que les parents s'engagent à signer les quittances de droits d'utilisation du matériel.

Cette paperasse valait la peine. Aux Jutra, La marche à suivre est en nomination pour le meilleur documentaire de l'année. Aux Écrans canadiens, les Canadian Screen Awards ou anciens Génies, il est dans la course pour le meilleur long métrage documentaire, la meilleure direction photo et le meilleur montage.

Que réserve l'avenir à Jean-François Caissy. «Je prépare un film sur le début de l'âge adulte, de 18 à 25 ou 30 ans. On apprend un métier, à trouver une place. Il ne sera pas tourné en Gaspésie. Je ne peux dire où [...] Puis, il y aura un film sur l'âge de raison, 50 à 60 ans, et enfin sur la petite enfance.»

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