Sommeil d'hiver: scènes de la vie conjugale

Les tiraillements entre Aydin (Haluk Bilginer) et sa... (Photo fournie par Métropole Films)

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Les tiraillements entre Aydin (Haluk Bilginer) et sa jeune femme Nihal (Melisa Sözen; photo) culmineront dans une séquence d'une vingtaine de minutes où le duo s'affrontera sans aucune censure.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Le magnifique Sommeil d'hiver arrive sur nos écrans auréolé de sa Palme d'or, remportée au Festival de Cannes l'an passé. Nuri Bilge Ceylan avait déjà deux Grands Prix dans sa besace, il était dû pour la récompense suprême. Le réalisateur turc a concocté un film exigeant, même pour le cinéphile aguerri, un drame tchékhovien avec une montée dramatique implacable.

Son huis clos met en scène Aydin (Haluk Bilginer), un acteur à la retraite, qui exploite un petit hôtel en Anatolie avec sa jeune femme Nihal (Melisa Sözen) et sa soeur Necla (Dernet Akbag), qui souffre encore de son divorce.

Dans ce huis clos philosophique, l'hôtel enneigé deviendra le théâtre de leurs déchirements. Personne ne trouve grâce aux yeux d'Aydin, pas même sa femme. Nihal tente de s'émanciper, mais, inévitablement, son mari la retient auprès de lui. Ces tiraillements culmineront dans une séquence tour de force d'une vingtaine de minutes où le duo va s'affronter sans aucune censure. 

Ce qui fait inévitablement penser à plusieurs longs métrages d'Ingmar Bergman, d'autant que Ceylan a privilégié une réalisation sobre, très classique, s'effaçant devant les dialogues percutants, mais un peu trop verbeux, joués avec beaucoup de bonheur par les acteurs. Des personnages secondaires truculents viennent alléger l'atmosphère sombre et oppressante.

Le rythme y est moins affecté que dans des films précédents malgré sa longueur extrême (3 heures 16). Reste que Ceylan aurait eu avantage à couper dans les dialogues qui, parfois, sombrent dans l'hermétisme. Et à privilégier le principal instrument d'écriture cinématographique : le montage. On sent une certaine complaisance du réalisateur dans la concrétisation de l'idée qu'il se fait d'une oeuvre «sérieuse» et accomplie.

Sa critique du conformisme - malgré ses idées progressistes, Aydin reste un petit bourgeois - est convenue. Tout comme, d'une certaine façon, sa mise en scène qui renvoie aux avancées cinématographiques... des années 60 (en particulier, sur le plan esthétique, au regretté Michelangelo Antonioni). 

Nuri Bilge Ceylan sait poser son regard autant pour capturer la beauté saisissante des paysages que les échanges acrimonieux entre un homme et une femme en rupture de leur vie conjugale. 

C'est ce qui s'avère, au fond, tout l'intérêt de Sommeil d'hiver. Car le film provoque un certain vertige : comment peut-on en arriver là? Y sommes-nous déjà? Impossible de ne pas sentir interpellé. 

À condition d'être disposé à un petit effort et d'être dans de bonnes dispositions d'esprit. Sommeil d'hiver se veut du cinéma d'auteur sans aucune concession au divertissement. La récompense n'en est que plus grande pour le cinéphile.

=> AU GÉNÉRIQUE

  • Cote :  ***1/2
  • Titre : Sommeil d'hiver (v.o. s.-t.f.)
  • Genre : drame 
  • Réalisateur : Nuri Bilge Ceylan
  • Acteurs : Haluk Bilginer, Melisa Sözen et Dernet Akbag
  • Salles : Clap et Clap au Musée de la civilisation
  • Classement : général
  • Durée : 3h16

On aime : la montée dramatique, le jeu intense des acteurs, le regard du cinéaste

On n'aime pas : des longueurs, un certain hermétisme

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