Mille fois bonne nuit: cartes postales de Kaboul

Juliette Binoche incarne avec brio dans Mille fois... (Photo fournie par TVA Films)

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Juliette Binoche incarne avec brio dans Mille fois bonne nuit une photographe de guerre qui n'arrive plus à concilier vie professionnelle et familiale.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) L'inspiration réside souvent dans l'expérience personnelle, mais quand l'auteur connaît un sujet trop intimement, il manque parfois de distance. Surtout s'il s'agit d'un portrait d'une situation explosive sur le plan émotif et éthique, celle des photographes de guerre. Mille fois bonne nuit propose une intéressante réflexion, mais son intérêt réside surtout dans l'inversion des rôles - c'est une mère de famille, superbement interprétée par Juliette Binoche, qui arpente les rues de Kaboul...

L'ouverture du film du Norvégien Erik Poppe (Oslo) est un superbe moment de cinéma, mais la suite s'avère moins réussie. Rebecca (Binoche), une des photographes de guerre les plus respectées de sa profession, suit une kamikaze dans son rituel sacrificiel. Pas de dialogue ou presque, seulement de superbes images, parfois oniriques, et une tension à couper au couteau.

La photographe est blessée par le souffle de l'explosion et rapatriée en Irlande. C'est le deuxième choc : son mari Marcus (Nikolaj Coster-Waldau) et ses filles acceptent mal que Rebecca brûle de retourner sur le terrain, risquant chaque fois sa vie. L'aventurière n'arrive plus à concilier vie professionnelle et personnelle - elle doit choisir entre sa passion et ses responsabilités.

Poppe connaît bien le sujet pour avoir couvert divers conflits avant d'embrasser la carrière de cinéaste. Mais son canevas, coécrit avec Harald Rosenløw-Eeg, demeure somme toute conventionnel, si ce n'est que c'est Rebecca qui risque sa vie et Marcus qui reste à la maison où il joue au papa-poule. Le renversement de perspective donne tout l'intérêt à Mille fois bonne nuit.

On aurait toutefois souhaité que le long métrage creuse un peu plus les questions éthiques que soulève la couverture des horreurs du monde, qu'il ne fait qu'effleurer. Rebecca est une idéaliste en colère qui veut que les gens s'indignent lorsqu'ils voient ses photos, mais où doit-on tracer la ligne quand on est témoin?

Elle peine d'ailleurs à expliquer à ses proches la nature même de son travail. Une occasion se présentera lorsqu'elle peut visiter un camp de réfugiés au Kenya où, contre toute vraisemblance si tôt après son accident, la tête brûlée repart avec... sa jeune ado. La courbe dramatique va s'accentuer pour déboucher sur une finale aussi forte que le début.

Erik Poppe démontre une belle sensibilité, mais il réussit mal à transposer avec autant de grâce les tensions familiales que ses séquences en Afghanistan. La photo y est évidemment superbe. Mille fois bonne nuit est filmé en lumière naturelle et en extérieurs, la plupart du temps.

Personne ne contestera la pertinence du point de vue sur le métier de photographe de guerre et la nature des conflits couverts, même si, parfois, le ton utilisé est trop didactique. 

Mais, comme d'habitude avec Juliette Binoche, le principal intérêt du film réside dans sa prestation. Quelle actrice! Un gros plan sur ses yeux suffit à transmettre toute une gamme d'émotions et, surtout, les tourments qui déchirent et la passion qui consume Rebecca.

Du bon cinéma d'auteur, somme toute, pour ceux qui aiment le dépaysement.

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