Bird People: à moitié réussi

Dans Bird People, une jeune femme de chambre... (Photo fournie par FunFilm)

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Dans Bird People, une jeune femme de chambre (Anaïs Demoustier) se transforme en oiseau... et permet au film de prendre son envol.

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Le SoleilÉric Moreault 2/5

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(Québec) Pascale Ferran (Lady Chatterley) a réalisé un des longs métrages les plus audacieux de l'année. En fait, deux films en un, sur la même thématique du mal de vivre et de la possibilité de se réinventer, avec une première partie réaliste, que j'ai détestée, et une deuxième très poétique, que j'ai adorée. Autrement dit, Bird People est à moitié réussi.

Bird People se déroule dans un de ces hôtels anonymes qui bordent les aéroports, ici Charles-de-Gaulle, à Paris. Gary Newman (Josh Charles) y est en transit pour Dubaï. Après une rencontre avec ses clients, cet ingénieur en informatique, insatisfait de sa vie personnelle et professionnelle très stressante, décide sur un coup de tête de tout plaquer. Sa compagnie, sa femme, ses enfants...

C'est exaltant et romantique cette idée d'un nouveau départ - qui n'y a pas pensé quand le tapis glisse sous les pieds -, mais moins exigeant quand on est riche... Ferran passe beaucoup de temps à filmer Newman dans sa chambre, en train de fumer ou de discuter au téléphone, multipliant les tics d'auteur (les longs plans frontaux, la voix hors champ pédante sortie de nulle part) et les dialogues creux. Sans parler d'une longue engueulade avec sa femme par Skype. 

On comprend l'idée de l'incommunicabilité et de la solitude numérique, ça va, pas besoin de s'étirer pendant une heure vingt sur le sujet. C'est totalement exaspérant et d'une prétention ridicule. Notamment ce zapping d'individus dont on ne capte que des bribes de pensées, totalement banales. C'est voulu, bien sûr, mais inintéressant.

Alors qu'on est au comble de l'exaspération et que Ferran recommence son petit manège avec Audrey (Anaïs Demoustier), une jeune femme de chambre qui profite de son «invisibilité» pour examiner les gens, il se passe quelque chose de magique : l'espace d'une nuit, elle se transforme en oiseau et le film prend son envol.

La métaphore de la métamorphose est ici d'une belle poésie, tant sur la forme que le fond. Les envolées du volatile permettent des séquences aériennes (de nuit) d'une singulière beauté (mais Space Oddity de David Bowie, cliché usé à la corde, ce n'était pas nécessaire). Qui n'a jamais rêvé d'être un petit oiseau pour observer à la fenêtre ce qui se passe chez les autres? Un beau clin d'oeil au voyeurisme inhérent au cinéma.

Ce qui est intéressant, c'est que Ferran ne bascule pas dans le romantisme à tout crin sur l'ivresse de la liberté totale. Audrey a beau voler de ses propres ailes, au propre comme au figuré, elle doit tout de même affronter des dangers potentiellement mortels (la faim, un chat, un rapace...).

Demoustier (Belle épine, Quai d'Orsay), prix Romy-Schneider en 2011, est parfaite en jeune ingénue. Son interprétation naturelle, et sa voix lorsqu'elle devient oiseau, permettent au spectateur d'y croire. 

C'est seulement dommage que Bird People n'ait pas passé plus de temps avec elle plutôt qu'avec lui.

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