The Homesman: la démence des pionnières

En pionnière tentant de ramener à bon port... (Photo fournie par Mongrel Media)

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En pionnière tentant de ramener à bon port trois jeunes femmes qui ont sombré dans la folie, Hilary Swank trouve dans The Homesman un rôle à la hauteur de son talent.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Le western est un genre plus ou moins moribond, faute d'avoir su se renouveler, mais The Homesman démontre qu'il peut être renouvelé si on sort du carcan mythique dans lequel les studios l'ont enfermé. Pour son deuxième long métrage, Tommy Lee Jones (l'agent K des Hommes en noir) signe un western classique et crépusculaire. Il se distingue surtout dans son souci de renverser les codes du genre et de traiter de sujets très peu abordés dans ce contexte : les femmes et la maladie mentale.

Le film se déroule en 1854 dans l'État du Nebraska, où les colons viennent s'établir en vue de jours meilleurs. Mais le climat est implacable. Les éléments, surtout le vent qui ruine les récoltes, ainsi que les épreuves (agressions, grossesses, famine...) font basculer trois jeunes femmes dans la folie.

Le trio est confié à Mary Bee Cuddy (Hilary Swank). La jeune pionnière fait du mieux qu'elle peut pour s'en sortir dans un environnement hostile, avec un souci de solidarité (qui fait contraste avec l'individualisme forcené de l'Ouest). La célibataire s'associe à George Briggs (Lee Jones), un rustre vagabond, pour ramener en Iowa les trois malheureuses, où elles pourront trouver refuge.

The Homesman prend le contrepoint du mythe de la frontière - le fameux «Go west, young man». Plutôt que de repousser les limites vers l'Ouest, l'équipage de fortune va plutôt repousser les leurs en retournant vers l'Est et la civilisation, tournant le dos à la nature sauvage.

Évidemment, leur parcours est parsemé d'épreuves - les éléments, les Amérindiens, la sauvagerie, la violence... L'empathie ressentie par Cuddy va mettre sa propre santé mentale à rude épreuve. Quant à Briggs, le taciturne cow-boy, l'appât du gain initial se transforme peu à peu en une quête de rédemption touchante.

Le vétéran acteur-réalisateur n'aime pas les étiquettes. Ni les conventions. Son long métrage va et vient entre le drame prenant et la comédie décalée. L'humour vient alléger la tension du drame, mais ces ruptures de ton risquent de désarçonner certains spectateurs.

Tommy Lee Jones signe une mise en scène qui respecte les règles de l'art, sans réelle originalité, mais très belle - la cinématographie est absolument superbe. Il aurait pu resserrer certaines scènes et retrancher l'épilogue, son film aurait grandi en impact dramatique. Reste que les twists de son histoire ont le don de nous surprendre, surtout un revirement du champ gauche qui agit comme un électrochoc sur le spectateur et prend du temps à être absorbé.

Sa direction d'acteurs est irréprochable. Hilary Swank trouve un rôle à la hauteur de son talent, sans jamais forcer les traits de caractère de son personnage. Quant à Jones, il offre aussi une performance digne de mention.

The Homesman n'est pas le grand film épique qu'il aurait pu être, mais, en même temps, Lee Jones nous offre un drame psychologique remarquable, profondément humain, même s'il est dur par moments. Il ne s'est pas retrouvé en sélection officielle au dernier Festival de Cannes pour rien.

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