La théorie de l'univers: les bons sentiments

La théorie de l'univers est porté par un... (Photo fournie par les Films Séville)

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La théorie de l'univers est porté par un remarquable duo d'acteurs, Felicity Jones et Eddie Redmayne. Ce dernier s'est préparé pendant six mois pour illustrer la dégénérescence physique de Stephen Hawking.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) La théorie de l'univers (The Theory of Everything) est un titre trompeur. Bien sûr, le film de James Marsh gravite autour de Stephen Hawking. Mais il porte beaucoup plus sur la relation amoureuse singulière entre le physicien de génie et Jane Wilde, la mère de ses trois enfants, que sur les théories d'Hawking. Et même s'il évite le mélo, le long métrage s'avère bien plus un drame sentimental, très classique, qu'un drame biographique.

D'ailleurs, La théorie de l'univers débute en 1963, à Cambridge, au moment où Hawking (Eddie Redmayne) fait la rencontre de Jane Wilde (Felicity Jones). Leur amour naissant est vite contrarié par l'apparition des premiers symptômes de la sclérose latérale amyotrophique, le trouble neuromusculaire qui va clouer le physicien dans un fauteuil roulant et le priver de sa voix.

Alors que les médecins lui donnent deux ans à vivre, Hawking mène une course contre la montre pour obtenir son doctorat. Jane va mettre de côté ses études pour s'occuper de son homme et vaquer aux tâches familiales. La théorie de l'univers devient alors une ode au sacrifice (de Jane) et au courage (d'Hawking), qui fait triompher son intellect alors que son corps se délabre, ainsi qu'à leur résilience commune face aux obstacles. Mais l'amour ne triomphe pas toujours de tout...

Si le film de Marsh insiste un peu longuement sur cet aspect, il évite d'approcher trop frontalement la question de l'idylle naissante entre Jane et Jonathan (Charlie Cox), un ami de la famille, et subséquemment de celle d'Hawking avec son infirmière Elaine Mason (Maxine Peake). Vrai que le scénario d'Anthony McCarten est une adaptation du livre de Jane Wilde sur ses années passées aux côtés de son mari malade.

Cette retenue toute britannique, on la retrouve aussi dans la réalisation de Marsh (un documentariste à l'origine, oscarisé pour Man on the Wire). Ce dernier préfère reculer sa caméra dans les moments plus intimes que de forcer l'émotion avec des gros plans. Ce refus du mélodramatique rend certains moments très touchants. L'humour d'Hawking est aussi mis à contribution pour dédramatiser.

Si la mise en scène est assez classique, le réalisateur a fait un bon travail avec les ellipses, faisant progresser le récit sans coup férir. Marsh a aussi parfois de bonnes idées visuelles, surtout pour illustrer les théories du physicien sur les trous noirs et autres théories scientifiques de haut vol. À ce chapitre, le scénario explore, de façon assez adroite, l'opposition entre l'athéisme d'Hawking et la foi de Jane. Mais ne comptez pas sur La théorie de l'univers pour répondre aux lancinantes questions «Qui sommes-nous?» et «Pourquoi sommes-nous ici?».

La qualité de l'ensemble s'avère tout de même indéniable. Mais le film ne serait pas une telle réussite sans les ahurissantes performances d'Eddie Redmayne et de Felicity Jones. Redmayne s'est préparé pendant six mois pour illustrer la dégénérescence physique d'Hawking. C'est totalement réussi. Sa façon d'exprimer les émotions par le regard, notamment la fierté et la détresse, rappelle le tour de force de Daniel Day-Lewis dans My Left Foot. Redmayne va se retrouver dans la course aux Oscars. Et Felicity Jones devrait s'y retrouver, elle aussi. Son rôle est moins physique, mais, justement, la subtilité de son interprétation, tout en intériorité, n'en est pas moins remarquable.

Une dose de bons sentiments, bien servie, pour un agréable moment de cinéma.

***

Au générique

Cote: ***1/2

Titre: La théorie de l'univers

Genre: drame biographique

Réalisateur: James Marsh

Acteurs: Eddie Redmayne et Felicity Jones

Salles: Clap (v.f. et v.o.s.-t.f.) et Sainte-Foy (v.f. et v.o.a.)

Classement: général

Durée: 2h03

On aime: le jeu des acteurs, la solide réalisation

On n'aime pas: l'abus de bons sentiments, des longueurs

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