Party Girl: une femme sous influence

Danseuse qui s'accroche à ses illusions et à... (Photo fournie par AXIA Films)

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Danseuse qui s'accroche à ses illusions et à sa vie de débauche comme une naufragée à une bouée de sauvetage, Angélique Litzenburger est d'un naturel épatant.

Photo fournie par AXIA Films

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Party Girl est l'un de mes gros coups de coeur du dernier Festival de Cannes. Ce film iconoclaste avait l'honneur d'inaugurer la section Un certain regard, l'antichambre de la sélection officielle, ce qu'il a fait avec beaucoup de panache, gagnant deux prix. Un premier long métrage imparfait, certes, mais qui s'attarde avec beaucoup de coeur et d'authenticité à un personnage plus grand que nature, Angélique, une danseuse de cabaret et une noceuse... de 60 ans!

Party Girl a remporté à Cannes le Prix d'ensemble de la section ainsi que la Caméra d'Or, qui est remise au meilleur premier film du festival, toutes sections confondues! Ce film d'auteur jouissif est particulier à bien des égards. À commencer par le fait qu'il a trois réalisateurs: Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis - le fils d'Angélique.

Celle-ci est un personnage atypique, troublant et parfois pathétique. Angélique (Angélique Litzenburger) est une danseuse qui s'accroche à ses illusions et à sa vie de débauche comme une naufragée à une bouée de sauvetage. Lorsqu'un client régulier, follement amoureux, la demande en mariage, le papillon de nuit aux couleurs trop criardes a une chance de refaire sa vie, de renouer avec ses quatre enfants délaissés (de pères différents) et d'abandonner sa fuite en avant. Mais l'appel de la nuit est fort...

Ce premier long métrage est plus qu'autobiographique - chaque membre de la famille y joue son propre rôle, en plus de compter sur des acteurs non professionnels. Il se loge entre cinéma-vérité, fiction et documentaire. Comme les acteurs rejouaient des scènes de leur vie, ils étaient libres d'improviser, mais sans altérer la ligne dramatique du scénario, dont le mariage était le fil conducteur. Angélique, qui a l'habitude de la scène, s'avère d'ailleurs d'un naturel épatant.

La réalisation est loin d'être parfaite, malgré l'utilisation de belles ellipses, mais ses maladresses sont compensées par le refus du sensationnalisme et du racolage. En fait, il s'agit d'une véritable plongée dans un cinéma naturaliste - authentique et touchant -, qui s'attarde à des gens qu'on voit rarement sur grand écran : les laissés pour compte. Les trois cinéastes s'inscrivent dans une marge peu fréquentée, mais qui compte de formidables réalisateurs comme Ken Loach, Maurice Pialat et John Cassevetes (surtout ce dernier).

Par le fait même, il devient aussi une interrogation sur l'amour, la famille, la liberté, la marge... L'éternelle adolescente confronte le spectateur dans ses valeurs fondamentales - qui passe du rire à de grandes émotions, parfois dans la même séquence.

Autrement dit, un cinéma très vivant et libre.

***

Au générique

Cote: *** 1/2

Titre: Party Girl

Genre: comédie dramatique

Réalisateurs: Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

Acteurs: Angélique Litzenburger et Joseph Bour

Salles: Clap et Clap au Musée de la civilisation

Classement: général

Durée: 1h36

On aime: la fraîcheur du traitement, l'authenticité du jeu, les thèmes abordés

On n'aime pas: certains aspects un peu plaqués

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