Hunger Games: la révolte - partie 1: mettre la table

Réticente à incarner le visage de la révolution,... (Photo fournie par les Films Séville)

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Réticente à incarner le visage de la révolution, Katniss (Jennifer Lawrence) finira par s'y soumettre, mais son engagement demeure ambigu.

Photo fournie par les Films Séville

Le SoleilÉric Moreault 2/5

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(Québec) Réglons la chose tout de suite. Diviser en deux le dernier chapitre de la saga des Hunger Games répond à des impératifs économiques, pas scénaristiques. La révolte - partie 1 (Hunger Games: Mockingjay) se veut une mise en place pour la grande finale (novembre 2015). Il n'y a pas assez de matériel dramatique pour ce volet de deux heures qui s'enlise dans un drame psychologique, sans l'épaisseur requise, et délaisse les scènes d'action pour des dialogues banals sur la liberté et le sacrifice des intérêts personnels pour le bien commun.

Cette troisième partie s'adresse clairement aux fanatiques - pas de retours en arrière ou de scènes explicatives pour ceux qui voudraient prendre le train en marche. Quelques allusions évoquent quand même le déroulement de l'oppression sur Panem (une Amérique post-apocalyptique), monde dystopique divisé en districts où le peuple est au service d'une élite gouvernée par le cruel dictateur Snow (Donald Sutherland).

À la fin du chapitre précédent, Katniss (Jennifer Lawrence) a détruit l'arène de téléréalité où se déroulaient les 75es Hunger Games (il n'y a pas de jeux cette fois). La jeune archère est recueillie par les habitants du 13e district, des militaires qui vivent sous terre. La présidente Alma Coin (Julianne Moore), conseillée par Plutarque Heavensbee (le regretté Philip Seymour Hoffman, à qui le film est dédié), tente de convaincre l'introvertie asociale d'incarner le visage de la révolution. Mais Katniss n'en a que pour Peeta Mellark (Josh Hutcherson), qui est détenu par le président Snow et qui s'en sert à des fins de propagande.

La révolte reprend essentiellement les mêmes thèmes que L'embrasement, le film précédent. L'héroïne souffre (encore) du syndrome de stress post-traumatique et renâcle à l'idée d'incarner le symbole de la révolte (le geai moqueur du titre anglais). Elle finira par s'y soumettre, mais à condition que les résistants libèrent Peeta. Son «engagement» est ambigu, même après avoir découvert son ancien district transformé en charnier.

Évidemment, il y a une cohérence - le personnage ne change pas tant que ça malgré les épreuves, alors que, justement, il devrait évoluer. Mais on veut donner aux spectateurs ce qui les réconforte. C'est pourquoi, d'ailleurs, le scénario tourne beaucoup autour d'un groupe réduit de personnages familiers. Le peuple, celui qu'on veut pourtant libérer du joug de la dictature, est singulièrement absent du long métrage. En fait, on voit plus les films de propagande qui leur sont servis par les deux factions.

Cette manipulation par l'image est intéressante, à défaut d'être originale, mais elle devient affreusement redondante (on voit le tournage et sa diffusion). En fait, La révolte n'a pas de véritable montée dramatique. Francis Lawrence, dont la réalisation ne brille pas par son originalité, multiplie les gros plans de Jennifer Lawrence, souvent réduite à des réactions de tristesse, pour susciter (artificiellement) de l'émotion.

La vedette de la franchise n'en fait pas trop, mais sa présence magnétique ne suffit pas à compenser la minceur de ses dialogues. Julianne Moore, une actrice extraordinaire, a l'air éteint. Même chose pour Hoffman, manifestement pas au sommet de sa forme.

Bref, on ressort de La révolte avec l'impression d'avoir assisté à une très longue mise en place qui piétine la plupart du temps et qui peine à impliquer le spectateur dans la justesse de révolte populaire en accordant trop d'importance à des détails inutiles et pas assez à l'action.

Le véritable titre de ce divertissement formaté aurait plutôt dû être: L'essoufflement.

***

Au générique

Cote: ** 1/2

Titre: Hunger Games : la révolte - partie 1 (v.f. de Hunger Games: Mockingjay)

Genre: science-fiction

Réalisateur: Francis Lawrence

Acteurs: Jennifer Lawrence, Liam Hemsworth et Julianne Moore

Salles: Alouette, Beauport (v.f. et v.o.a.), Clap (v.f. et v.o.a.), Des Chutes, Lido et Sainte-Foy (v.f. et v.o.a.)

Classement : général

Durée: 2h03

On aime: le personnage féminin fort

On n'aime pas: on étire la sauce, la faiblesse des dialogues, la redondance

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