Interstellaire: sidérante odyssée sidérale

Dans Interstellaire, Matthew McConaughey incarne un ancien pilote... (Associated Press, Melinda Sue Gordon)

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Dans Interstellaire, Matthew McConaughey incarne un ancien pilote veuf qui se fait offrir de prendre la tête d'un quatuor à la recherche d'un nouveau monde.

Associated Press, Melinda Sue Gordon

Le SoleilÉric Moreault 4/5

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(Québec) Interstellaire est le film le plus attendu de l'automne, en raison de sa démesure et de son réalisateur. Christopher Nolan a fait sa marque de cinéaste indépendant avant de poser sa griffe d'auteur sur sa trilogie de Batman. Cette fois, Nolan propose une sidérante odyssée sidérale, qui conjugue autant l'infiniment grand que l'infiniment petit de nos sentiments. Un film qui prend aux tripes autant qu'il fait réfléchir sur ce qu'est l'humanité.

Il n'est pas aisé de résumer un long métrage comme celui-ci sans gâcher le plaisir de la découverte du spectateur. Allons-y comme ça : dans un futur rapproché, la population terrestre est éprouvée par la famine et l'épuisement des ressources. Cooper (Matthew McConaughey), un ancien pilote émérite devenu veuf et père de deux enfants, se fait proposer de prendre la tête d'un quatuor à la recherche d'un nouveau monde. 

Les explorateurs peuvent profiter d'une perturbation de l'espace-temps, proche de Saturne, pour se propulser dans une autre galaxie. Mais les voyages dans l'espace prennent beaucoup de temps. Cooper fait face à un dilemme cornélien : vieillir avec ses enfants ou assurer la survie de l'humanité. D'abord drame - devoir, courage, sens du sacrifice et instinct de survie sont constamment ramenés à l'avant-plan -, le film se met ensuite en mode science-fiction, teinté d'un certain mysticisme (de bon aloi).

D'autant que, on s'en doute, tout ne se passe pas comme prévu. Les explorateurs font face à des défis titanesques, qui tiennent à la fois de l'inconnu et de la nature humaine. Rendu là, le scénario de Nolan et de son frère Jonathan ne nous laisse aucun répit. On tombe dans le suspense alors que, grâce au montage parallèle, le spectateur assiste aux efforts désespérés de Cooper dans l'espace et à ceux de sa fille devenue adulte Murphy (Jessica Chastain) sur Terre pour se retrouver.

Les considérations scientifiques et philosophiques, parfois un peu plaquées, risquent toutefois d'en rebuter certains, notamment ce qui concerne la relativité. Interstellaire navigue dans le même espace (infini) que 2001, l'odyssée de l'espace, le chef-d'oeuvre de Kubrick auquel il fait allusion (notamment dans les conversations avec les robots). Sans aller aussi loin, le long métrage épique de Nolan est une oeuvre remarquable. Cette fois, le réalisateur plonge dans les sentiments humains, réussissant à émouvoir sans forcer la note. Sa thèse : l'amour transcende tout.

Il est d'ailleurs remarquable que Nolan ait réussi à conserver sa touche personnelle aux commandes de cette superproduction - il dose d'ailleurs ses effets, avec beaucoup de retenue, alors qu'il s'agit d'une oeuvre empreinte de lyrisme. Peut-être pas aussi fort qu'Inception (2010), mais pas loin derrière dans son corpus.

Au chapitre des petits irritants, Interstellaire demande quelques actes de foi à propos des principes physiques sur lesquels reposent les voyages spatiaux. Mais pour peu qu'on soit prêt à y croire, les images spectaculaires sont, la plupart du temps, à couper le souffle. Nous sommes véritablement projetés dans l'espace avec les personnages.

Nolan se bat pour que les réalisateurs puissent continuer à utiliser la pellicule. Pour Interstellaire, il a utilisé la 70 mm (le format habituel est 35 mm) pour magnifier l'image. Il a aussi tourné plus du tiers du (très) long métrage avec des caméras IMAX - qui ont la plus grande résolution au monde. Le réalisateur a conçu ce film pour être vu sur le plus grand écran possible - et non pas à la maison, encore moins sur un téléphone! 

Interstellaire est un véritable tour de force, un enchantement pur et une ode à la démesure.

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