Henri Henri: l'illuminé

L'univers de Henri Henri s'apparente à ceux d'Amélie... (Photo fournie par les films Séville)

Agrandir

L'univers de Henri Henri s'apparente à ceux d'Amélie Poulain et de Toto le héros, mais l'interprétation de Victor Andrés Trelles Turgeon évoque plutôt les acteurs du muet, comme Buster Keaton.

Photo fournie par les films Séville

Le SoleilÉric Moreault 3/5

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Québec) Henri Henri, le premier film de Martin Talbot, se distingue singulièrement de la production habituelle du cinéma québécois. Ce n'est pas un sombre drame existentiel, ni une comédie convenue, mais bien un conte fantastique qui mise sur les péripéties d'un jeune introverti et naïf. Il rappelle aussi un âge d'or du cinéma, où la fantaisie et le merveilleux servaient à faire rêver les spectateurs.

On l'aura compris, le long métrage de Talbot n'a rien de réaliste. Situé dans les années 60, il met en scène Henri Henri (Victor Andrés Trelles Turgeon), un orphelin qui entretient lampes et luminaires du couvent où il vit depuis sa tendre enfance. Tellement discret, en fait, que même les religieuses finissent par oublier sa présence. Quelques judicieux retours en arrière nous font comprendre d'où il vient.

Lorsque l'établissement est vendu, il se retrouve seul dans un univers totalement inconnu: la ville. Mais cet innocent a un don: il met de la lumière dans la vie des autres. Le jeune homme tente maladroitement de tirer de la noirceur Hélène (Sophie Desmarais), la guichetière dont il est épris. Celle-ci est peut-être le moins excentrique des personnages qui gravitent autour d'Henri: le roi des cornichons, le propriétaire du Génie de la lampe, son voisin obsessif compulsif, etc.

L'univers de Talbot est singulier, même s'il s'apparente à ceux de films comme Amélie Poulain (Jeunet) ou Toto le héros (Van Dormael). On reconnaît aussi l'influence de Jacques Tati dans l'esthétique et le personnage principal à la M. Hulot, bien que la bonne interprétation de Trelles Turgeon évoque plutôt les acteurs du muet (au premier chef Buster Keaton).

Henri Henri est enveloppé d'une certaine nostalgie d'une époque révolue, ce qui peut s'avérer agaçant. Il faut aussi être prêt à accepter la proposition, un peu bancale. La fantaisie permet bien des libertés dans le récit, mais Talbot tire parfois un peu trop l'élastique. 

Reste qu'il a tout de même l'habileté de faire des clins d'oeil au spectateur, notamment dans les effets spéciaux volontairement un peu imparfaits, comme pour lui dire: «On est au cinéma, dans la fiction, on ne cherche pas à faire illusion.»

Tant qu'à faire, on aurait justement aimé que Talbot pousse la fantaisie plus loin. Henri Henri manque de folie - même chose pour la réalisation, somme toute assez sage. Et il aurait fallu un «méchant» pour en faire une véritable quête initiatique. 

Mais pour peu qu'on veuille l'aborder avec son âme d'enfant, Henri Henri s'avère un agréable divertissement, à la fois universel tout en étant bien ancré dans la réalité québécoise.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer