Gemma Bovery: la femme qu'on aimait trop

La performance de Fabrice Luchini, qui nous fait... (Photo fournie par les Films Métropole)

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La performance de Fabrice Luchini, qui nous fait grâce, cette fois, de son jeu affecté , et de Gemma Arterton, au charme naturel, vaut le détour.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Cinéma et littérature font parfois bon ménage. Surtout quand le premier s'affranchit de la seconde. D'où l'attrait de Gemma Bovery, une variation très libre du célèbre Madame Bovary. Anne Fontaine propose une pétillante comédie dramatique, portée par le jeu frais de Gemma Arterton et une performance nuancée de Fabrice Luchini. Sa mise en scène s'avère malheureusement trop sage et polie pour afficher le degré de transgression qu'on aurait souhaité.

Lorsque Martin Joubert (Luchini) plaque son métier dans l'édition parisienne pour reprendre la boulangerie de son père en Normandie, il croyait trouver équilibre et tranquillité. «C'est raté», constate-t-il sept années plus tard. D'où son émoi lorsqu'un couple d'Anglais déménage dans la maison voisine: Gemma et Charles Bovery. 

Il n'en faut pas plus pour que son imagination s'enflamme : le duo a les caractéristiques des personnages du roman. D'autant que Gemma (Arterton) affiche son spleen autant qu'elle irradie de sensualité. Rapidement, l'affaire tourne à l'obsession alors que le boulanger, dont le couple est au neutre, tente de pétrir le destin de la jeune femme - qui entend bien, au contraire, vivre sa vie indépendamment de celle d'Emma Bovary. Joubert devient néanmoins le narrateur et s'identifie à l'auteur.

L'adaptation du roman graphique de Posy Simmonds se nourrit évidemment de mises en abyme et d'allusions au classique de la littérature française. Le jeu peut être amusant pour les aficionados de Flaubert, mais l'intérêt réside ailleurs. 

Bien sûr dans sa thématique même qui aborde les questions de la mélancolie, du désir, de l'amour, du couple et de la fidélité (et peut ainsi nourrir bien des discussions). Le film dégage aussi une grande sensualité, qui tient autant à la présence magnétique de Gemma Arterton (La banque gagne toujours) qu'à la réalisation de Fontaine.

Il le faut, car Gemma Bovery rend les hommes qui l'entourent fous de désir. La belle actrice anglaise a un charme naturel et un sourire craquant. Fabrice Luchini (Molière à bicyclette), qui promène sa gueule éberluée, nous fait grâce, cette fois, de son jeu affecté et s'efface devant son bobo épris de grande littérature. Leur performance vaut le déplacement.

Anne Fontaine aurait toutefois pu pousser les choses un peu plus loin. En restant à la surface, celle d'une comédie bon chic, bon genre, elle dessert le récit. De plus, sa réalisation manque de relief. Sans parler de crédibilité. On veut bien croire que Gemma Bovery soit anglaise, mais faire l'amour en chemise de nuit, deux fois plutôt qu'une, alors que son amant est flambant nu? Détail, peut-être, mais l'attitude ne correspond pas à la passion du personnage.

Autre chose : les clichés sur les relations ambiguës entre les Anglais et les Français sont superflus, en plus d'étirer un long métrage qui souffre de longueurs.

Reste qu'une comédie réussie qui se distingue quand même par l'intelligence du propos et le jeu criant de vérité de ses interprètes (et pas seulement Arterton et Luchini), c'est plutôt rare. Sans parler du fait que la finale, dans ses parties dramatique, puis comique, n'est pas piquée des vers.

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