Geronimo: amour fou

Contrainte à un mariage forcé, une ado d'origine... (Photo fournie par AXIA Films)

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Contrainte à un mariage forcé, une ado d'origine turque (Nailia Harzoune) prend la fuite pour rejoindre son amoureux, un gitan aux origines espagnoles, dans Geronimo.

Photo fournie par AXIA Films

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Geronimo s'ouvre sur une séquence très forte d'une mariée en fuite et d'un jeune motocycliste. Leur trajectoire va bientôt se croiser et révéler la trame du nouveau Tony Gatlif : un amour fou contraint par un mariage arrangé qui risque de dégénérer en crime d'honneur. Le film est traversé de moments magnifiques sur le plan cinématographique, qui font oublier les trous dans le scénario.

Depuis plus de 30 ans, le réalisateur français (Gadjo Dilo, Liberté) se fait fort de célébrer la culture gitane, mais surtout les Roms qui la composent. Geronimo n'y fait pas exception, même s'il s'agit d'un prétexte au drame social qui se déroule dans un endroit non précisé du sud de la France.

Le long métrage s'attarde à la passion exaltée et mutuelle de Lucky  (David Murgia), un jeune gitan aux origines espagnoles, et de Nil (Nailia Harzoune), une ado d'origine turque contrainte au mariage forcé. Les deux mineurs prennent la fuite, ce qui met le feu aux poudres des deux clans.

Geronimo (Céline Sallette), une travailleuse de rue qui aide du mieux qu'elle peut les jeunes désabusés du quartier, tente d'enrayer cette spirale de violence qui embrase les deux factions. Elle n'a pas froid aux yeux, mais sa résistance peine à contenir l'exaltation de Fazil (Rachid Yous), un frère de la mariée en fuite. Le Turc carbure au respect des traditions et à l'honneur, mais n'a que la honte aux lèvres pour justifier sa volonté de trucider les amoureux.

La tragédie n'est jamais bien loin - Éros et Thanatos marchent souvent la main dans la main. D'ailleurs, la trame évoque inévitablement Roméo et Juliette, le sang versé en moins. Car Gatlif a eu la très bonne idée de traduire la montée de la violence par des numéros musicaux, superbement chorégraphiés, où danse et musique, amalgame de hip-hop et de flamenco, servent à exprimer ce désir d'affrontement. La caméra à l'épaule, très mobile, laisse les corps s'exprimer.

Mais n'est pas Shakespeare qui veut. La montée dramatique contient son lot de baisses de régime, et certains épisodes frôlent parfois le ridicule. Mais le pire loge dans une certaine hystérie de ton qui finit par nous faire décrocher.

En fait, Tony Gatlif a surtout voulu illustrer, parfois en soulignant un peu trop, que la situation se nourrit surtout de l'oisiveté et du manque d'espoir de ces jeunes négligés par le «système».

Le souffle qu'il insuffle à sa réalisation et le montage effréné créent une certaine dynamique, surtout soutenue par une interprétation débordante de vitalité de la part des jeunes acteurs, des non-

professionnels. Céline Sallette (De rouille et d'os) leur oppose un jeu tout en intériorité, synonyme de la maturité et de l'expérience de Geronimo.

Le film a ses défauts, mais il faut surtout voir ses moments d'une fulgurante beauté et son illustration très réussie de ce que peut représenter l'amour absolu quand il ne veut souffrir d'aucune contrainte.

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