Ceci n'est pas un polar: ceci n'est pas une entrevue

Christine Beaulieu et Roy Dupuis tiendront l'affiche du... (La Presse, Marco Campanozzi)

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Christine Beaulieu et Roy Dupuis tiendront l'affiche du long métrage de Patrick Gazé (à droite) Ceci n'est pas un polar.

La Presse, Marco Campanozzi

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(Québec) Patrick Gazé ignore pourquoi il lui a fallu aussi longtemps avant de tourner son premier long métrage. Ironiquement, quand il s'est lancé, les astres se sont alignés. Ceci n'est pas un polar a reçu du financement dès son premier dépôt à la SODEC (une rareté), Roy Dupuis a accepté le rôle-titre, tout le monde s'est enthousiasmé en raison de la grande qualité du scénario. Pourtant, à la base, Patrick Gazé devait écrire un polar. Or, comme le titre l'indique, ce n'est pas tout à fait ce qui est arrivé. Résultat : un des films québécois les plus singuliers de 2014.

Le titre est évidemment un clin d'oeil au célèbre tableau de René Magritte, La trahison des images (1929), qui représente une pipe accompagnée de la légende «Ceci n'est pas une pipe».

Mais l'intitulé se voulait aussi un sarcasme de la part du scénariste, qui n'a pas respecté les conventions du polar et plutôt accouché d'un hybride : un polar amoureux. «Comme j'avais la liberté d'écrire ce que je voulais, j'en ai profité. Mais trahir les codes, ce n'était pas si intentionnel que ça.» Patrick Gazé ne croyait pas que la production conserverait le titre. «Je pensais qu'on allait trouver un titre sérieux», dit-il en riant, en entrevue téléphonique au Soleil.

Reste qu'il correspond bien au film, qui s'attarde au destin d'André Kosinski (Dupuis), un chauffeur de taxi de 50 ans désabusé et revêche qui n'attend plus grand-chose de la vie. Jusqu'à ce qu'il embarque Marianne (Christine Beaulieu), une jeune femme secrète, dont il s'éprend follement. Mais puisqu'il la soupçonne d'être impliquée dans une agression, le chauffeur va enquêter sur son passé trouble...

Honnêtement, le réalisateur voyait mal Roy Dupuis dans la peau de ce gars «ordinaire et vulnérable». «Je le trouvais trop beau, sexy, assuré...» Mais l'idée a fait son chemin. En revisitant sa carrière, «on voit que son éventail [de jeu] est très large». Son charisme, croit-il, donne une «couche supplémentaire» à cet écorché vif peu à peu transformé par un amour improbable.

Donner vie à des «gens ordinaires»

Une chose en entraînant une autre, l'acteur a suggéré Christine Beaulieu (Unité 9, Camion), qui lui a donné la réplique dans Mesrine : l'instinct de mort (2008). Après l'avoir rencontrée, Patrick Gazé n'a pas hésité. «Elle a un côté austère et une beauté sauvage. Elle est prête à se donner à fond. Et elle n'était pas intimidée par Roy.»

La blonde actrice n'a pas hésité à se teindre en brune pour accentuer la dureté du quotidien de Marianne. Les deux personnages principaux, et ceux qui gravitent autour, sont des gens qui tirent le diable par la queue, d'origine modeste. Patrick Gazé avait le goût de donner vie à des «gens ordinaires» qui lui ressemblent et dans lesquels «les gens vont se reconnaître».

De même, il n'a pas eu à faire beaucoup de recherche pour le métier d'André : son grand-père, son père, ses oncles et lui (pendant ses études) ont tous été chauffeurs de taxi. «J'ai renouvelé mon permis pendant longtemps. Au cas...», explique l'homme de 43 ans.

Parce que Patrick Gazé a tâté de tous les aspects du métier, réaliser des vidéoclips, du documentaire et des courts avant de concrétiser son désir de long métrage. «Je me demande pourquoi. J'ai étudié à Concordia pour faire des films. Il aurait peut-être fallu que je prenne le temps, m'arrêter pendant six mois. Mais j'ai toujours travaillé dans le domaine.»

En plus de lui donner confiance sur le plateau, son expérience l'a aussi servi dans le choix de ses collaborateurs, notamment Erik West-Millette qui a composé l'envoûtante bande sonore. «Il a fait l'indicatif musical de ma série documentaire sur Yvon Deschamps (2012). Je suis très fier de la musique.» Au point où la production a laissé tomber les chansons qu'elle voulait acheter pour Ceci n'est pas un polar.

Une bonne chose. Parce que ceci n'est pas un film québécois comme les autres.

Ceci n'est pas un polar prend l'affiche vendredi.

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