Love projet: à prendre tel quel

Dans Love projet, Alex (Benoît McGinnis, à droite)... (Photo fournie par les films Séville)

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Dans Love projet, Alex (Benoît McGinnis, à droite) est éperdument amoureux de Louise (Magalie Lépine-Blondeau), une jeune femme qui a peur de l'engagement.

Photo fournie par les films Séville

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Avec un titre comme Love projet, on se doute bien que le besoin d'aimer et d'être aimé se trouve au centre du film de Carole Laure. Il va de ce quatrième long métrage comme d'une relation amoureuse : il faut le prendre tel quel, avec ses qualités et ses petits défauts. À condition d'y mettre un peu du sien.

Love projet gravite autour d'une troupe d'artistes dans la fleur de l'âge qui monte un spectacle multidisciplinaire (chant, théâtre, danse). Au centre de celle-ci, Alex (Benoît McGinnis), un romantique éperdument amoureux de Louise (Magalie Lépine-Blondeau, lumineuse), jeune femme coincée qui a peur de l'engagement, ainsi que Julie (Natacha Filiatrault), une monoparentale irresponsable et déboussolée qui se donne au premier venu en raison de ses complexes. Désir et solitude s'entrechoquent constamment sur fond d'identité sexuelle.

Le film fait des allers-retours entre leurs péripéties et leur création. Celle-ci sert de miroir à la théâtralité de ces jeunes de la  génération Y. Love projet se veut une mosaïque qui peint le portrait de leurs angoisses et de leur désir de croquer la vie à pleines dents. 

Mais aussi une illustration assez juste, sans être caricaturale, de leur dépendance aux multiples écrans (tablette, téléphone intelligent), qui leur servent de moyens de communication et qui les bombardent d'informations qui sautent du coq à l'âne. 

Il fallait nécessairement une facture cinématographique qui le reflète. Love projet est une oeuvre aboutie, mais surtout ambitieuse. Le récit est ponctué d'ellipses, avec un montage assez abrupt, qui poussent le spectateur à se questionner sur le déroulement du récit et les intrigues amoureuses - somme toute banales -, mais illustrées par des dialogues justes et souvent humoristiques.

Le long métrage balance constamment entre le drame, le poétique, la comédie et le film musical, ce qui provoque parfois des ruptures de ton distrayantes. Les (nombreux) numéros musicaux sont magnifiquement filmés.

En fait, Love projet pèche par ambition. Qui trop embrasse, mal étreint : le scénario suit tellement de destins qu'il reste, trop souvent, à la surface des choses, notamment avec Ève (Alice Morel-Michaud), une fille de 13 ans forcée de se prostituer. La réalisatrice a voulu, ici, opposer la réalité brutale de la rue à la beauté poétique de la création, mais c'est un peu court.

Carole Laure ne parvient pas non plus à boucler la boucle de façon convaincante, même si sa fin ouverte laisse le spectateur sur une note d'espoir.

Personne ne pourra reprocher à la réalisatrice la sincérité et la qualité de sa démarche artistique. Carole Laure cherche à affirmer et à affiner son style afin de créer une signature caractéristique portée par un certain lyrisme. Tout en posant, cette fois-ci, un regard franc et réaliste, presque documentaire, sur l'identité culturelle des jeunes Québécois. Ne serait-ce que pour ça, il faut voir Love projet.

De plus, elle a su aller, cette fois, chercher le meilleur de ses acteurs, en particulier Natacha Filiatrault, dont c'est le premier rôle au cinéma. Sa performance de névrosée, très drôle, est savoureuse.

En fin de compte, pas un coup de foudre, mais on a aimé.

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