Agnès a disparu

Catherine Deneuve est toujours aussi impériale en patronne... (Photo fournie par AZ Films)

Agrandir

Catherine Deneuve est toujours aussi impériale en patronne de casino dont la fille s'est amourachée d'un avocat arriviste et manipulateur (Guillaume Canet).

Photo fournie par AZ Films

Le SoleilÉric Moreault 3/5

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Québec) L'homme qu'on aimait trop examine l'affaire Agnès Le Roux, qui passionne, et divise, la France depuis près de 40 ans. En 1977, la jeune héritière disparaît sans laisser de traces. Les soupçons se portent rapidement sur son amant, Maurice Agnelet. Le film d'André Téchiné reconstitue avec minutie les évènements dans une mise en scène sobre qui mise surtout sur la force de ses interprètes: Guillaume Canet, Adèle Haenel et Catherine Deneuve.

La marge de manoeuvre est mince quand on puise à l'histoire récente. Surtout quand les principaux protagonistes vivent encore. Ou pas, dans le cas d'Agnès, interprétée avec brio par Adèle Haenel. 

La jeune femme vient tout juste de se séparer lorsqu'elle retourne à Nice, où sa mère guindée Renée (Deneuve) est propriétaire d'un casino (dans lequel Agnès détient des actions). Elle tombe sous le charme de l'avocat de sa mère, un arriviste et un manipulateur qui vise un poste de direction au casino. 

Agnelet (Canet) profite de la fragilité psychologique d'Agnès, qui a le parfait profil de la dépendante affective, pour la manipuler. Coincée entre son amant indifférent et sa mère contrôlante, elle commet une première tentative de suicide. Puis disparaîtra ensuite, laissant derrière une note ambiguë et pleine de questions. 

Un meurtre, un suicide ou une disparition volontaire? André Téchiné a choisi, sagement, de ne pas y répondre. Il recrée l'affaire en mettant en évidence les motivations de son trio de protagonistes et comment leurs ambitions respectives ont donné naissance au drame. Trahisons, petites intrigues, jeux de pouvoir, humiliations et compagnie forment la trame dramatique du récit, ce qui n'est guère surprenant pour un cinéaste qui s'est toujours intéressé aux moeurs et aux relations sociales.

Le réalisateur de Rendez-vous (1985) et des Roseaux sauvages (1995) s'est largement appuyé sur l'histoire en optant pour une mise en scène classique au parfum suranné, pour ne pas dire terne. Seuls quelques élans poétiques évoquent sa brillance habituelle. Par contre, son choix d'une image brûlée par la lumière, dans les tons ocre, évoque avec beaucoup d'à propos l'esthétique (et la pellicule) des films des années 70.

Manifestement, le vétéran (71 ans) a voulu miser sur la fascination que provoque un tel suspense et sur les acteurs qui l'interprètent. Canet (Jappeloup), sourire narquois et dégaine à la Jean-Pierre Léaud, joue bien le séducteur froid et calculateur. Deneuve est toujours aussi impériale. 

Mais c'est Adèle Haenel qui propose une interprétation magistrale, très organique. On sent sa Agnès perdre pied - ses regards et, parfois, de petits gestes suffisent à illustrer l'anxiété et le désarroi d'une jeune femme qui se sent flouée et dépossédée de l'amour qu'elle cherche auprès de son amant et de sa mère. César du second rôle dans Suzanne (Katell Quillévéré, 2013), son talent la propulsera bientôt vers les plus grandes récompenses.

L'homme qu'on aimait trop propose une histoire vraie plus forte que la très grande majorité des fictions. Tellement que Téchiné n'avait pas besoin de nous montrer le nouveau procès d'Agnelet, en 2006, un dernier segment superflu et redondant. Le film n'en demeure pas moins captivant.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer