L'amour est un crime parfait: meurtre et passion

Un prof séducteur (Mathieu Amalric), qui entretient une... (Photo fournie par les films Métropole)

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Un prof séducteur (Mathieu Amalric), qui entretient une relation ambiguë avec sa soeur (Karin Viard), se réveille un matin auprès d'une jeune fille morte, ignorant ce qui s'est passé.

Photo fournie par les films Métropole

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Marc (Mathieu Amalric) est un homme à femmes. Il profite de son statut de professeur de littérature à Lausanne pour enfiler les conquêtes dans le chalet qu'il partage avec sa soeur Marianne (Karin Viard). Le séducteur se réveille un matin avec une étudiante morte. Il ne se souvient pas de ce qui s'est passé, pas plus que du prénom de la morte...

La suite est ambiguë - comme le reste du long métrage. Qu'est-il advenu de la jeune femme? La relation qu'entretiennent le frère et la soeur n'est pas nette. Et voici qu'Anna (Maïwenn), la belle-mère de la disparue, s'accroche de plus en plus à Marc, qui tombe éperdument amoureux... Et il y a cette étudiante immature qui harcèle sexuellement son professeur. Marc craque peu à peu.

Les frères Larrieu ont campé l'action de leur cinquième long métrage dans les montagnes suisses. Le décor, d'une beauté effrayante, est filmé d'une telle façon qu'elle renforce le climat d'étrangeté de L'amour est un crime parfait. Quelle cinématographie! Il y a aussi les locaux de l'université dont la transparence fait contrepoint à l'opacité de Marc, dont la désinvolture cherche à dissimuler son anxiété et ses psychoses.

Le duo de réalisateurs joue avec les climats, les textures, les cadrages (même la caméra subjective) et la profondeur de champ afin que le spectateur ne sache jamais sur quel pied danser.

Est-ce lui qui hallucine ou Marc? Rien n'est moins sûr. On reconnaît là le suspense à la Hitchcock (peut-être un peu trop, en fait). La musique, d'ailleurs, contribue fortement au climat obsédant et décalé.

Le spectateur risque d'être désorienté par la proposition distancée des réalisateurs. Ils font d'ailleurs déclamer Mathieu Amalric, ce qui est à la fois étrange et désorientant. L'oreille s'y fait, toutefois, et le jeu nerveux et intense de cet acteur brillant (Le scaphandre et le papillon, Quantum of Solace) se révèle captivant.

Le scénario est une adaptation d'Incidences (2010) du célèbre auteur de polars Philippe Djian, qui explore sensiblement les mêmes thèmes que son roman suivant, Vengeances, où l'attrait d'un homme mûr pour une très jeune femme l'entraîne irrémédiablement vers le bas. Une chute aux conséquences funestes. La finale, d'ailleurs, aurait gagné à laisser planer une part de mystère. Mais, bon.

L'amour est un crime parfait n'est pas un suspense dans le sens classique du terme. On adhère ou pas. Moi, j'ai adoré. C'est brillamment pervers.

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