Le juge: plaidoyer usé à la corde

À défaut d'être original, le film repose sur... (Photo fournie par Warner)

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À défaut d'être original, le film repose sur le jeu des acteurs, Robert Downey Jr., tout en intensité dans le personnage du fils avocat, et Robert Duvall, impérial dans le rôle du juge.

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Le SoleilÉric Moreault 2/5

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(Québec) Honnêtement, on se demande où les programmateurs du Festival de Toronto (TIFF) avaient la tête lorsqu'ils ont choisi Le juge (The Judge) pour ouvrir la 38e édition. Le film ne se distingue en rien de la production hollywoodienne habituelle : il manque d'originalité et de personnalité. Il a toutefois l'avantage de reposer sur deux acteurs avec beaucoup de panache, Robert Downey Jr. et Robert Duvall.

Le film de David Dobkin est d'ailleurs essentiellement un véhicule pour ses deux interprètes, sur le thème maintes fois rabâché de l'incommunicabilité père-fils causée par un sombre conflit familial qui prend racine dans l'enfance. Père intransigeant, fils rebelle.

Downey Jr. incarne avec beaucoup d'intensité Hank Palmer, un avocat de Chicago forcé de revenir dans son bled natal lorsque son juge de père (Duvall) est accusé d'homicide. Les deux rôles principaux sont assez typés, merci, tout comme la galerie de personnages secondaires. 

Hank Palmer est un mâle alpha, arrogant et suffisant, en instance de divorce. Il va évidemment retrouver sa vraie nature et sa petite amie de l'époque en revenant sur les lieux de son enfance. Le juge, un ex-alcoolique, est irascible, têtu, collet monté et, surtout, très autoritaire.

Le reste est à l'avenant. En fait, le scénario de Bill Dubuque et Nick Schenk se révèle tellement prévisible et formaté qu'on voit tout venir plusieurs scènes à l'avance. S'il n'y avait que ça : ce drame judiciaire, doublé d'un mélodrame (parfois touchant), étire la sauce jusqu'à la fadeur. Ça n'en finit plus de finir.

David Dobkin avait beaucoup de choses à prouver, lui, un habitué des comédies faciles et puériles (Frère Noël, Garçons sans honneur...). Sauf que le réalisateur livre un film conventionnel, dont la mise en scène, malgré quelques belles touches, navigue à vue entre les gants blancs et le très cru. Il ne réussit jamais à établir clairement une ligne directrice, restant trop prudent quand il devrait foncer et péchant par excès quand il aurait dû faire preuve de retenue.

Seul élément original, le plus jeune des trois Palmer tourne constamment avec une authentique caméra 8 mm, ce qui donne un aperçu du passé des Palmer, mais aussi un point de vue intéressant sur leur présent.

Le juge traite de rédemption, mais sans avoir un angle original ou fort sur la question. L'intérêt du long métrage réside donc dans le jeu des acteurs. Le grand Robert Duvall est absolument impérial. Il réussit, à la longue, à révéler l'humanité de Joseph Palmer sous sa toge de juge. Quant à Downey Jr., l'acteur de Chaplin et de Tonnerre sous les tropiques refait périodiquement surface même s'il a de la difficulté à réfréner ses élans cabotins. À noter aussi : Billy Bob Thornton, toujours aussi intense, dans la peau d'un procureur en mission.

Mais est-ce suffisant? Un bon film d'avion, sans plus.

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