Un film de chasse de filles: en plein dans le mille

À travers le portrait de quatre femmes de... (Photo fournie par le Festival du film de la Ville de Québec)

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À travers le portrait de quatre femmes de quatre générations, Un film de chasse de filles offre un point de vue affectueux et intimiste de l'univers de la chasse au Québec.

Photo fournie par le Festival du film de la Ville de Québec

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Un film de chasse de filles annonce exactement ses couleurs : un documentaire sur ces Québécoises qui, à l'automne, prennent le bois pour aller chasser. Toutes seules. Julie Lambert explore son sujet avec beaucoup de doigté, de curiosité, d'humanité et sans porter de jugement. Son long métrage est un portrait fascinant d'une réalité méconnue qui en dit pourtant long sur notre identité. Et sur notre rapport à la nourriture.

L'approche de la réalisatrice de Québec n'est pas si originale que ça, peut-on penser : passer un moment de chasse avec quatre femmes. Sauf qu'elle a choisi un large spectre générationnel. Il y a Megan, 14 ans, qui chasse le caribou et l'orignal, et Florence, 72 ans, qui chasse le cerf. Entre les deux, Hélène, 50 ans, qui initie d'autres femmes au sport, et sa fille Jannie, 29 ans.

On aura vite compris, sur de magnifiques images et le bruit ambiant de la nature, la passion qu'elles entretiennent pour la chasse responsable. L'adrénaline ressentie quand la proie se pointe, la fierté lorsque l'animal est mortellement atteint. La première fois, le coeur te bat [tellement] que tu penses que tu vas mourir, dit Florence. On voit aussi la gratitude pour la nourriture fournie par la bête. Elles perpétuent une tradition séculaire, fortement inscrite dans nos gènes. Ça, ceux qui pratiquent la chasse le savent.

Mais les autres? Cette perplexité, Julie Lambert a choisi de l'incarner. La réalisatrice de 36 ans, qui n'a jamais chassé, devient notre déléguée. Son point de vue dans ce portrait affectueux et intimiste, c'est aussi celui du spectateur qui découvre (ou pas) un univers mystérieux, pourtant familier, les hommes en moins. Pas de barbares ici qui assassinent pour le plaisir sadique de tuer.

C'est évidemment le plus grand intérêt d'Un film de chasse de filles. Car il nous force à voir que les chasseurs ne forment pas un tout homogène. Et qu'il est plus honorable de manger la viande qui provient d'un animal qu'on a tué, si on est carnivore, que celle qui se présente tout emballée dans un comptoir.

Une petite réserve : bien que ce ne soit pas un reportage, quelques informations factuelles sur le phénomène des chasseresses auraient représenté une plus-value. Combien sont-elles au Québec? Plus ou moins qu'il y a 20 ans? Etc. À titre d'information : depuis 10 ans, le nombre de demandes de permis par des femmes a doublé.

Ça n'enlève rien aux grandes qualités artistiques du documentaire. Un film de chasse de filles atteint presque toujours sa cible et s'inscrit dans notre grande tradition de cinéma-vérité.

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