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La belle et la bête: images du présent, clichés du passé

Le tape-à-l'oeil de La Belle et la Bête... (Photo fournie par Niagara Films)

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Le tape-à-l'oeil de La Belle et la Bête masque mal son impuissance à nourrir l'esprit, voire à susciter des émotions chez le spectateur.

Photo fournie par Niagara Films

Le SoleilÉric Moreault 2/5

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(Québec) L'idée d'offrir une nouvelle version de La Belle et la Bête peut paraître saugrenue. Mais puisque le cinéma hollywoodien ne s'en prive pas avec les superhéros, pourquoi pas? D'autant que Christophe Gans vise le même public, qui n'en a que pour un visuel élaboré et rehaussé par les effets spéciaux et les images générées par ordinateur au détriment du contenu. Dommage, d'autant que le réalisateur pouvait s'appuyer sur un solide récit, qu'il néglige pour tomber dans l'esbroufe visuelle.

La grande majorité ne connaît du célèbre conte que la version Disney ou, au mieux, le récit adapté par Cocteau, dans sa superbe version de 1946. Gans (Le pacte des loups) est remonté aux origines, soit le livre de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve. Une bonne idée. Si le coeur du récit reste le même, sa prémisse est beaucoup plus solide, de même que son aspect mythologique.

À savoir, d'abord, que Belle (Léa Seydoux, toujours aussi séduisante) doit composer avec la faillite de son armateur de père, mais aussi des soeurs vaines et, surtout, des frères têtes brûlées, en particulier l'aîné. Et qu'ensuite cette situation familiale entraînera une chaîne d'événements qui conduira Belle au château de la Bête (Vincent Cassel).

Or celui-ci n'est pas le monstre appréhendé, mais bien un prince qui a maintenant l'apparence d'un fauve après avoir contrarié les dieux. Le réalisateur utilise d'ailleurs fort habilement les rêves de Belle pour révéler peu à peu les raisons de cette métamorphose et ainsi expliquer de larges pans absents du récit enfoui dans notre inconscient collectif.

Gans ne réussit malheureusement pas à maintenir notre intérêt, ni sa progression dramatique, trop occupé à construire son bel écrin à l'esthétique baroque qui se veut aussi une fable écologique. Ce tape-à-l'oeil masque mal son impuissance à nourrir notre esprit, voire à susciter des émotions chez le spectateur assommé par cette chape d'images.

Pourtant, il y a matière à réflexion : cupidité, sauvagerie, sensualité, rapport homme-femme... C'est d'ailleurs là que Gans se plante royalement. S'il a voulu remettre le conte au goût du jour sur le plan cinématographique, sa coscénariste et lui avaient une belle occasion de revisiter les stéréotypes masculin-féminin. Or, il cantonne Belle et la Bête dans des clichés rétrogrades qui restent beaucoup trop fidèles à l'esprit médiéval. Ça fait mauvais jeu de rôles... Si le renouveau était valable pour la forme, il aurait dû l'être aussi pour le fond.

Christopher Gans nous a concocté un soufflé qui se dégonfle faute d'avoir les bons ingrédients et qui nous laisse sur notre faim. On comprend qu'il ait voulu s'adresser à un public plus «adulte» que familial, encore aurait-il fallu qu'il ne nous prenne pas pour des enfants. Nous sommes en 2014, pas en 1740, Monsieur Gans.

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