Le mystère Macpherson: fascinantes découvertes

Martine Chartrand avait un rapport intime avec Macpherson depuis son enfance.... (Photothèque La Presse)

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Martine Chartrand avait un rapport intime avec Macpherson depuis son enfance. Lorsque la cinéaste a décidé d'illustrer la chanson de Félix Leclerc, elle était loin de se douter qu'elle y consacrerait 10 ans de sa vie. Et que son enquête sur le personnage serait aussi une quête sur leurs racines communes. Elle y a fait de fascinantes découvertes que la caméra de Serge Giguère a captées et restituées avec beaucoup d'humanité et d'émotions.

Un film sur un film? Le mystère Macpherson offre beaucoup plus que ça. D'abord parce que Martine Chartrand est une animatrice particulière, même au sein de l'ONF. Elle peint à la main, sur du verre, chacune des images de son film. Une seconde d'animation lui demande, au minimum, une journée de travail. Le documentaire de Giguère (Oscar Thiffault, Le roi du drum...) s'attarde à chacun des aspects de sa démarche créative et à sa personnalité attachante.

Ensuite parce qu'il nous fait découvrir une filiation insoupçonnée entre Chartrand et son sujet. La réalisatrice, d'origine haïtienne, est adoptée bébé par une famille québécoise blanche. Le racisme, l'exclusion, le dur combat pour tracer sa voie, elle a connu. Or, elle découvre avec fascination, et nous aussi, les parallèles entre sa destinée et celle de Macpherson, dont le destin de draveur noir évoqué par Félix l'a aidée à trouver ses repères dans la culture québécoise.

Mais Martine Chartrand met d'abord à jour un grand malentendu : Franck Macpherson n'était pas draveur, il était chimiste dans une usine de pâte et papiers! Arrivé de Jamaïque dans les années 20, l'immigré étudie à l'Université McGill avant de s'établir à Trois-Rivières, où il deviendra le premier ami de Félix Leclerc, celui qui va lui ouvrir les horizons.

Serge Giguère suit sa collègue au gré de ses entretiens avec la famille de Félix (un frère, un fils, un neveu, sa femme...) et de ses découvertes. Il la filme avec une complicité formidable et beaucoup de respect, même quand Martine Chartrand vit de grands moments d'émotion. Il faut voir ses larmes, que filme discrètement Giguère, quand elle découvre un texte de Félix consacré à la mort de Macpherson. Touchant.

Le portrait que peint Giguère rayonne d'une humanité bonne à voir. Il en révèle aussi beaucoup sur ces réalisateurs qui se consacrent corps et âme à créer des oeuvres d'art et non pas un produit de consommation.

Le mystère Macpherson sera suivi de la projection du court de Martine Chartrand, un bijou de petit film aux images poétiques. Le documentaire de Giguère nous fait voir Macpherson (2012) sous un autre éclairage, encore plus beau.

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