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Le Mirage en tournage: disco à ciel ouvert dans le Vieux-Port de Québec

Sur le plateau, le réalisateur donne ses dernières... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Sur le plateau, le réalisateur donne ses dernières instructions, la Steadycam quitte le visage de Patrick, puis se fraie un chemin dans les danseurs jusqu'au bar à l'autre bout de la piste.

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(Québec) La magie du cinéma, c'est de transformer le quai Renaud, dans le port de Québec, en discothèque à ciel ouvert. Et de faire accroire à 150 figurants en tenue de soirée que c'est l'été alors que le vent automnal frigorifie tout le monde. Ricardo Trogi et son équipe tournaient mercredi soir une séquence du bien nommé, dans les circonstances, Mirage de et avec Louis Morissette.

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«Il fait froid, ça me rend un peu mal à l'aise», explique Ricardo Trogi (à gauche), qui revient tourner à Québec après 1987. D'autant que la scène de bar extérieure, c'était son idée, souligne Louis Morissette, dont c'est le premier scénario au cinéma.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Pour cette scène, l'acteur joue Patrick, un homme en crise de la quarantaine en congrès à Québec en train de se soûler la gueule. Sur le plateau, le réalisateur donne ses dernières instructions, la Steadycam quitte le visage de Patrick, puis se fraie un chemin dans les danseurs jusqu'au bar à l'autre bout de la piste. Musique de circonstance et lumières stroboscopiques recréent une atmosphère de party.

«Il fait froid, ça me rend un peu mal à l'aise», explique Ricardo Trogi, qui revient tourner à Québec après 1987. D'autant que la scène de bar extérieure, c'était son idée, souligne Louis Morissette, dont c'est le premier scénario au cinéma.

Ce film, Morissette l'a écrit pour le défi, par goût du dépassement et parce qu'il estimait avoir fait un peu le tour du jardin en télévision. De plus, «un film, c'est ce qui vieillit le mieux». Le réaliser ne lui a même pas traversé l'esprit, confie-t-il au Soleil, quelques moments avant d'endosser son rôle. Lorsqu'il arrivera à la réalisation d'un film, et il y arrivera, croit-il, il restera derrière la caméra.

Il a donc demandé à Trogi de lire son scénario, sans trop d'espoir. Le réalisateur originaire de Québec ne tourne que ses propres histoires au cinéma et ils se connaissaient de vue, sans plus. Louis Morissette a pourtant cru que la parenté de Mirage avec Québec-Montréal et Horloge biologique jouerait en sa faveur. «J'étais flatté quand il a dit oui.» Trogi s'est tout de suite senti interpellé. «Ça me touche sur le plan personnel, mais pas à tous les égards.»

Louis Morissette a écrit sur les gens de sa génération qui ont perdu leurs illusions. «Ça vient d'une tristesse de voir les gens qui abdiquent sur certains rêves parce qu'ils sont pris dans un engrenage, ils ne peuvent plus revenir en arrière. J'ai réalisé que des gens autour de moi étaient sur les antidépresseurs, en burn-out, en dépression, sans libido. On est jeune, supposé être encore plein d'énergie, de projets, d'ambition, d'espoir et il y en a qui arrivent au début de la quarantaine et qui s'éteignent.»

En corollaire, il s'est rendu compte que «les hommes, surtout, qui vivent ça n'en parlent même pas à leur conjointe». Et plus ils s'emmurent dans leur silence, plus leur couple atteint un point de non-retour. Dans Le mirage, Patrick et sa conjointe (Julie Perreault) sont à la dérive. «Il n'y a pas de communication. À l'origine, le film devait s'appeler Qu'est-ce qu'on mange pour souper? C'est la pire phrase de routine d'un couple» qui ne se parle plus.

Des gens qui, souvent, trouvent refuge dans la surconsommation «pour oublier leur malheur à coup de voyages d'une semaine dans un tout-inclus ou un cinéma maison, mais ça dure le temps des roses et ton malheur te rattrape», dit celui qui avoue parfois trop consommer. «On achète trop de patentes dont on n'a pas vraiment besoin. Sans tomber dans la simplicité volontaire, on peut-tu se poser la question un peu plus longtemps?»

Les deux hommes ont donc cliqué sur le scénario et travaillent en étroite collaboration - Louis Morissette est aussi coproducteur. «J'ai dit à Ricardo : "Je ne vais pas t'achaler, mais on va travailler ensemble jusqu'à la fin".»

En attendant, l'équipe prend le chemin des Éboulements, aujourd'hui, et le tournage sera terminé d'ici une semaine. Malgré les apparences, Le mirage sera une comédie - il s'agit tout de même de Louis Morissette. Et avec le nom de l'humoriste dans le haut de l'affiche, Ricardo Trogi a pu disposer d'un budget de 5,4 millions $. «J'ai jamais eu autant d'argent et ça paraît.» Il s'est donné les moyens de ses ambitions, tournant entre autres trois plans-séquences importants. Il se sent relativement confiant, mais «tant que je n'ai pas vu un premier montage, je ne suis pas tranquille».

On verra ça sur grand écran en août 2015.

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