Rubber: une histoire déjantée

Marie-Josée Nantel
Le Soleil

(Québec) Rubber est un film bonbon. Pour les uns, il se déguste comme du caramel. Il fond lentement mais sûrement dans la bouche, et satisfait le palais jusqu'au dernier morceau. Pour les autres, il promet beaucoup, mais se dégonfle vite, comme de la gomme balloune. Au premier claquement de dents, il explose de saveurs, mais en un rien de temps, le machouillage devient caoutchouteux et ardu.

 

 

 

 

Présenté au Festival de Cannes en 2010, ce troisième long métrage de Quentin Dupieux, alias Mr. Oizo, demeure tout aussi satirique et décalé que ces prédécesseurs.

Dans le désert californien, des spectateurs assistent aux aventures d'un pneu psychopathe. Dexter, version caoutchoutée. Des policiers, d'abord incrédules, se rendent à l'évidence et se lancent à sa poursuite afin d'arrêter le carnage. Le pneu passe le plus clair de son existence à faire exploser les têtes des humains qui le contrarient et qui le prennent pour un vulgaire pneu.

Si vous êtes amateurs des discours au second degré, vous crierez certainement au génie. D'entrée de jeu, Rubber annonce ses couleurs. Tous les films sont truffés de scènes que rien ne motive, si ce n'est que l'esthétisme voulu par le réalisateur. Comme pourquoi dans le film de Steven Spielberg, E.T. est-il brun? Rubber ne fera pas exception, mais, paradoxalement, aucun détail n'est gratuit pour illustrer cette thèse.

Absurdité

L'absurdité propre à Camus et à Sartre règne en maître tout au long de l'intrigue, et le scénario s'évertue à mettre en lumière les incongruités de tout bon scénario. L'histoire, déjantée à souhait, est originale du début à la fin.

Contrairement à bien des films, le réalisateur ne prend pas ses spectateurs pour des cons. En tout temps, Quentin pousse le spectateur à la réflexion, mais peut-être trop toutefois, comme lorsque l'un des spectateurs du film dans le film se permet de commenter le déroulement de l'histoire! C'est le dramaturge allemand Bertolt Brecht qui s'en régalerait s'il était encore vivant.

Encore faut-il apprécier devoir tout analyser au second degré justement et le non-jeu des acteurs nécessaire à l'intrigue pour que le film prenne tout son sens.

Bref, ce film ne vous laissera certainement pas indifférent. Soit vous aimerez, soit vous vous prendrez la tête pendant 90 minutes. Mais chose certaine, vous ne vous ennuierez pas.

Au générique

Cote : **

Titre : Rubber (v.o.a . s.-t. f.)

Genre : comédie/horreur

Réalisateur : Quentin Dupieux

Acteurs : Stephen Spinella, Jack Plotnick, Roxane Mesquida, Wings Hauser

Salle : Le Clap

Classement : non déterminé

Durée : 1h25

On aime : la satire, le traitement absurde et fantaisiste

On n'aime pas : devoir tout prendre au second degré

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