Questions nationales: cochez oui, cochez non

Le film a le mérite de ramener le...

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Le film a le mérite de ramener le débat de la question nationale à des enjeux clairs, pragmatiques, terre à terre.

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(Québec) Depuis un demi-siècle, 111 pays ont obtenu leur indépendance. Mais pas le Québec, malgré deux référendums en l'espace de
15 ans. Le documentaire Questions nationales propose une réflexion neutre sur les raisons expliquant les réticences du peuple québécois à préférer le statu quo à la prise en main de son destin.

Il est tout à l'honneur des deux réalisateurs, Roger Boire et Jean-Pierre Roy, d'avoir laissé de côté leurs opinions personnelles pour aborder la question sous un angle pédagogique et non partisan. Leur visite en Écosse et en Catalogne, deux régions anglaises et espagnoles qui partagent des similitudes avec le Québec dans leurs velléités d'autonomie et de prise en main de leur avenir économique, apporte d'intéressants éléments de comparaison.

À partir d'images d'archives de l'élection provinciale de 2007, qui a vu le Parti québécois subir une déconfiture sous la gouverne d'André Boisclair, Questions nationales multiplie les hypothèses expliquant pourquoi les Québécois demeurent tièdes, voire de plus en plus froids, par rapport au projet indépendantiste. «Que l'on ne l'ait pas fait encore [l'indépendance] demeure un des mystères dans ma vie...» lance l'ex-premier ministre Bernard Landry.

De l'avis de Boire et Roy, ces raisons sont au nombre de cinq.

Un : le Canada, c'était nous (malgré la conquête de la Nouvelle-France par les Anglais;

Deux : parce que nous sommes riches (thèse centrale du film de Denys Arcand, Le confort et l'indifférence, et peut-être la mère de toutes les explications);

Trois : le piège du bon gouvernement (qui explique pourquoi le PQ a été réélu en avril 1981, après s'être fait servir une rebuffade au référendum de 80);

Quatre : il est difficile de gérer le rêve (les chefs du PQ ont toujours éprouvé du mal à concilier l'objectif premier du parti avec les impératifs normaux de gouvernance);

Cinq : l'illusion du divorce de velours (croire que la séparation du Québec pourrait se faire aussi facilement que celle de la Tchécoslovaquie).

Coeur et raison

Des politiciens de toute allégeance, tant Stéphane Dion, Bernard Landry que Gilles Duceppe, apportent leur grain de sel au débat, sans compter plusieurs politologues de renom (Louis Balthazar, Guy Laforest...).

Loin des pamphlets politiques pro-souveraineté des années 70 et 80, Questions nationales a le mérite de ramener le débat de la question nationale à des enjeux clairs, pragmatiques, terre à terre. Les notions de rêve et de fierté sont évacuées, même si Bernard Landry fait un appel du pied. «La dignité, c'est la première raison de faire l'indépendance. C'est une question de coeur et de raison.»

Chose certaine, qu'on soit fédéraliste à tous crins ou inconditionnel de l'indépendance, ce documentaire offre de quoi alimenter le débat encore longtemps.

Au générique

Cote : ***

Titre : Questions nationales

Genre : documentaire

Réalisateurs : Roger Boire et Jean-Pierre Roy

Acteurs : —

Salle : Le Clap (version originale française, anglaise et catalane avec sous-titres français)

Classement : général

Durée : 1h32

On aime : l'approche pédagogique et non partisane des réalisateurs

On n'aime pas : —

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