Déchirant Olivier

À plusieurs moments, le petit héros de la... (Eric Myre)

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À plusieurs moments, le petit héros de la série Olivier (Anthony Bouchard) vous arrachera le coeur.

Eric Myre

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(Montréal) CHRONIQUE / Il n'y a rien de plus difficile à supporter que de voir un enfant maltraité. À plusieurs moments, le petit héros de la série Olivier vous arrachera le coeur. Presque une épreuve en soi. Lundi à 21h, au premier épisode sur ICI Radio-Canada Télé, ne vous attendez pas à une série joyeuse, mais profondément bouleversante, inspirée de l'enfance de Josélito Michaud.

Le petit Olivier Deschamps (Anthony Bouchard) apprend très tôt à tenir une valise. Abandonné par sa mère à la crèche, il vit ses premières années dans une famille aimante. Mais assez rapidement, la mère adoptive étant malade, on l'envoie à six ans sur une ferme au sein d'une autre famille qu'on devine en Abitibi, qui vit sous le joug d'un père tyrannique.

Ce M. Surprenant (Sébastien Ricard) est ignoble et n'a aucune qualité. Il bat sa femme (Évelyne Rompré) et fait régner un climat de terreur sur sa famille. Pas question qu'il adopte Olivier, dont il parle comme d'«une nuisance plus qu'autre chose». «T'es mon esclave, pis les esclaves, ça obéit», dira-t-il à l'enfant dans un moment de rage. Incapable de travailler sur la ferme, le garçon est contraint de faire des tâches ménagères. Et pour supporter toute cette violence, il choisit de mentir, de s'inventer une vie.

Le réalisateur Claude Desrosiers (Aveux, Feux) parvient à obtenir le meilleur des acteurs, y compris du petit Anthony Bouchard, dont les sourires se font rares, forcément. Isabelle Vincent est d'une telle justesse dans le rôle de cette religieuse bienveillante, directrice de l'école, qui repère rapidement le mal-être de cet enfant qu'elle prend sous son aile. Pour une rare fois, on montre ici le clergé sous un meilleur jour. «Quand tu vas être grand, qu'est-ce que tu vas faire?» demande la religieuse. «Partir», lui répond l'enfant. Les aveux du garçon arrachent les larmes.

La première moitié de la série se déroule dans les années 60, et on y croit. Jusqu'aux acteurs qui roulent leur r comme on le faisait dans le Québec de l'époque. Ç'aurait pu être caricatural, ça ne l'est pas. La seconde moitié, avec un Olivier plus vieux, Thomas Derasp, nous plonge dans les années 80.

C'est l'histoire du producteur Josélito Michaud qui a... (La Presse, Marco Campanozzi) - image 2.0

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C'est l'histoire du producteur Josélito Michaud qui a inspiré Serge Boucher pour créer Olivier, dont le personnage du rôle-titre est interprété par le jeune acteur Anthony Bouchard.

La Presse, Marco Campanozzi

Si vous avez aimé AveuxApparences et Feux, les précédentes séries de Serge Boucher, vous ne reconnaîtrez pas forcément sa signature en suivant Olivier. Cette fois, l'histoire ne part pas de lui, mais bien du livre de Josélito Michaud, Dans mes yeux à moi.

Le diffuseur parle d'«une série remplie d'espoir et de résilience», mais vous ne le décèlerez pas dans les deux premiers épisodes, assurément les plus sombres des huit de la série. Olivier, c'est comme trois séries en une. Parce que le garçon vivra dans trois familles d'accueil, qui auront chacune leurs couleurs. Sachez que la première est la plus douloureuse à vivre, pour l'enfant comme pour le téléspectateur. Dans les suivantes, Olivier trouvera un peu de lumière, tout en traînant les séquelles de son séjour chez les Surprenant. Kathleen Fortin et Jean-Marc Dalphond seront les Rivard ; Catherine Proulx-Lemay et Steve Laplante jouent les Dubreuil.

C'est inévitable : il vous arrivera de vous demander si Josélito Michaud a vécu tel ou tel événement précis, ou s'ils proviennent de l'imagination de l'auteur. «Toutes les émotions, je les ai vécues fois 1000. Les événements ont des ressemblances et des parentés avec de vraies histoires», a confié Josélito, en marge du visionnement de presse.

Serge Boucher n'a pas voulu aborder cette histoire comme un fait vécu, mais bien comme une fiction à part entière, pour se laisser libre de créer des personnages bien à lui. Olivier a un peu de Josélito, mais représente tous les petits Olivier qui ont passé par là, ces élèves tourmentés que Serge Boucher a vu défiler dans ses classes lorsqu'il était enseignant.

Le premier épisode est particulièrement lourd, voire laborieux par moments, ce qui risque d'en décourager plusieurs. La violence est peu montrée à l'écran, mais on la sent toujours, latente, dès que le père Surprenant entre dans la pièce. Et même si c'est la mère qui prend les coups, la violence psychologique vécue par l'enfant est parfois pire à supporter.

Olivier est aussi un portrait de l'adoption, telle qu'elle avait cours dans les années 60, alors que les familles d'accueil pouvaient choisir leur enfant, les séparant parfois de leurs frères et soeurs. Peut-on se sortir d'une telle emprise à l'âge adulte? Jamais complètement, admet Josélito, qui observe encore aujourd'hui dans ses comportements des séquelles de cette époque difficile. Sa plus grande victoire : «ne pas avoir laissé des individus me faire croire que je ne valais rien». Un sentiment qui pourrait trouver écho chez bien des petits Olivier devenus grands.




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