Le gala relax du cinéma

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Édith Cochrane et Guylaine Tremblay, les animatrices du nouveau gala du cinéma québécois, ont la ferme intention de passer une bonne soirée.

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(Montréal) CHRONIQUE / Avouons que le gala qui célèbre notre cinéma revient de loin. Au pire de la crise, on ne donnait pas cher des anciens Jutra, qui ont dû faire table rase du passé pour véritablement renaître. Et vous verrez vraiment la différence dimanche soir : nouvelle date de diffusion, nouveau nom, nouveau trophée, nouvelle formule. Et un duo d'animatrices qui ont la ferme intention de passer une bonne soirée. Finie la tension des dernières années, voici le nouveau gala relax Québec Cinéma.

Pour briser avec le passé, la soirée se donnera des airs de Golden Globes, les spectateurs étant attablés, ayant le loisir de boire, de manger et de papoter entre les présentations. On pense ainsi décoincer ce public souvent froid et peu démonstratif. De la même façon, on ne prévoit aucun numéro à grand déploiement, question d'alléger la formule le plus possible.

Étonnamment, les exemples de duos d'animatrices sont rares au Québec, les soirs de gala. Denise Filiatrault et Dominique Michel ont tour à tour coanimé le Gala de l'ADISQ et les Gémeaux, alors que Janette Bertrand et sa fille Dominique Lajeunesse se sont vues confier les tout premiers Gémeaux, mais c'était il y a bien longtemps. Avant qu'on leur propose le Gala Québec Cinéma, Guylaine Tremblay et Édith Cochrane avaient très peu travaillé ensemble, si ce n'est que brièvement dans la première saison d'Unité 9. «De toute cette aventure, ce qui me plaisait le plus, c'était de travailler avec Guylaine. Bien sûr qu'on sait que c'est toujours un peu casse-gueule d'animer un gala. On s'est dit qu'on le ferait avec intelligence, avec finesse, et surtout avec notre coeur. Après tout, on ne joue pas nos vies», confie Édith Cochrane, qui reprend les enregistrements des Enfants de la télé dès cette semaine avec André Robitaille.

Même si on s'inspire des Golden Globes, le duo Cochrane-Tremblay ne jouera pas les Tina Fey et Amy Poehler, dont les numéros cinglants ont pimenté trois de ces soirées aux États-Unis. «On deale avec plusieurs paliers décisionnels, de Québec Cinéma à Radio-Canada. Beaucoup de gens ont peur de blesser, de choquer. Radio-Canada gère des milliers de courriels de gens qui s'insurgent. De toute façon, ce n'est pas le ton qu'on avait envie de donner. On est allées plutôt dans l'autodérision. On veut faire rire les gens, décoincer l'atmosphère, mais on ne va pas dans le règlement de comptes. C'est plus espiègle que bitch» explique Édith Cochrane. Guylaine Tremblay abonde dans le même sens : «On va taquiner les oeuvres plus que les individus. Il y a une grande nuance.»

On a souvent qualifié le cinéma québécois de déprimant, trop pointu et inaccessible. Les Jutra ont aussi pâti du fait que ses films en nomination étaient souvent inconnus du grand public. «Je me rends compte qu'on a plein d'histoires simples, touchantes et drôles dans les films en nomination. Je m'insurge contre l'idée que le cinéma est inaccessible. Il y en a pour tout le monde. Des choses très obscures? C'est un peu exagéré», affirme Guylaine Tremblay, qui cite Montréal la blanche de Bachir Bensaddek et Two Lovers and a Bear de Kim Nguyen, tout à fait accessibles à son avis.

La populaire interprète de Marie Lamontagne dans Unité 9, qui détient le record du nombre de trophées Artis avec 21, a d'ailleurs remporté un Jutra en 2008 pour son interprétation dans le film Contre toute espérance de Bernard Émond. À une période de l'année où l'auditoire déserte tranquillement la télévision, l'organisation souhaite sans aucun doute que le nom de Guylaine Tremblay puisse attirer un public peu attentif au gala par le passé.

Nouvelles catégories

Édith Cochrane se réjouit des nouvelles catégories, qui amènent un vent de fraîcheur, autant celle de la révélation que celle du prix du public, qui remplace le prévisible Billet d'or, déterminé par le nombre d'entrées en salles. En trois mois, elle a dû visionner tous les films de l'année. «Je ne trouve pas qu'on est dans l'année championne de la grande déprime au cinéma. On n'est pas dans cette énergie-là. On reproche à la télé son manque de diversité, on n'a pas ça au cinéma, on dépeint toutes sortes de réalités», dit-elle. À propos des films dits populaires, souvent boudés par l'Académie, elle rappelle que les Oscars ont aussi leurs titres moins grand public. «Moonlight n'a pas eu le box-office de Star Wars. Les galas de cinéma ne récompensent pas la popularité.»

Pour permettre au plus grand nombre de voir les films en nomination qui leurs seraient étrangers, il est possible depuis vendredi de les visionner sur l'Extra d'ICI Tou.tv, ou en location à 1,99$ sur ONF.ca. Ce «Sprint pré-gala» permet de rattraper les films des catégories «Meilleur film», «Meilleur film documentaire», «Meilleur court métrage de fiction et d'animation» ainsi que les gagnants de la catégorie «Meilleur film» des cinq dernières années.

Après le triste bloc blanc qui servait de trophée de transition l'an dernier, le Gala Québec Cinéma remet dès cette année le trophée Iris. L'oeuvre en aluminium massif du sculpteur de Québec Marc-Antoine Côté est faite de bâtonnets inégaux qui évoquent la multiplicité des genres et la symbiose des talents du septième art. Cinq productions se disputent l'Iris du meilleur film cette année : Avant les rues, Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau, Les mauvaises herbes, de même que Juste la fin du monde et Two Lovers and a Bear, qui dominent le palmarès avec 12 nominations. On peut voter jusqu'à dimanche à 20h30 pour le prix du public, sur le site d'ICI Radio-Canada Télé, parmi les films 1:54, Les 3 p'tits cochons 2, Juste la fin du monde, Les mauvaises herbes et Votez Bougon.

Diffusé en direct du studio 42 dès 20h à ICI Radio-Canada Télé, le Gala Québec Cinéma, du nom de l'organisation qui chapeaute la soirée, sera précédé d'un tapis rouge, présenté par Herby Moreau et Anne-Marie Withenshaw à 19h30. Ceux-ci animeront aussi l'après-gala en direct vers 22h sur ICI ARTV et après Le téléjournal sur la chaîne principale.

Un film québécois marquant

Guylaine Tremblay: Les Plouffe, de Gilles Carle

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Anne Létourneau et Gabriel Arcand dans Les Plouffe

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«J'étais étudiante au Conservatoire quand le film est sorti. C'était superbement filmé et joué, il y avait des comédiens incroyables. Et c'était un bout de notre histoire, je découvrais la vie de ma mère et de ma grand-mère. J'étais une fille de la Basse-Ville, et je comprenais très bien ce qu'ils voulaient dire quand ils parlaient de la différence entre la basse et la haute ville. C'était pas le même monde!»

Édith Cochrane: Le matou, de Jean Beaudin

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Guillaume Lemay-Thivierge dans Le matou

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«J'ai vu ce film très jeune - j'ai l'âge de Guillaume Lemay-Thivierge. C'est là où j'ai compris qu'un enfant pouvait jouer, qu'un comédien pouvait camper un personnage. C'était une réalité que je ne connaissais pas du tout, ça ne ressemblait pas à mon enfance. J'ai un souvenir très précis d'avoir vu ce film-là.»




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