Les Mad Men de l'Expo

Yves Jasmin, au centre, explique le projet devant... (©Bibliothèque et Archives Canada)

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Yves Jasmin, au centre, explique le projet devant la maquette de Terre des Hommes.

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CHRONIQUE / Je suis trop jeune pour avoir connu l'Expo. Comme dans la série Plan B, je retournerais, moi aussi, dans le passé, précisément le 27 avril 1967 pour vivre l'ouverture de ce lieu éphémère historique. Encore plus depuis que j'ai vu Expo 67, mission impossible, le fabuleux documentaire de Guylaine Maroist, Michel Barbeau et Éric Ruel, que diffuse Canal D dimanche à 19h.

Vous avez été plusieurs à m'écrire votre satisfaction de voir Philippe de Gaspé Beaubien et Yves Jasmin, deux grands artisans de l'Expo, raconter leur aventure, dimanche dernier à Tout le monde en parle. Le meilleur segment de l'émission, qui m'a donné envie de voir le film de 90 minutes à Docu-D.

«Thriller documentaire», les mots sont bien choisis pour décrire cet énième film sur l'Expo. Les rebondissements se succèdent, et on se demande comment l'équipe a pu réussir tel exploit en si peu de temps. Cinquante ans plus tard, le documentaire apporte un regard neuf, de l'intérieur. Et on se rend compte à quel point l'entreprise était tout aussi gigantesque que fragile.

Expo 67, mission impossible part de la genèse, de l'abandon de l'événement par les Soviétiques. Quand Montréal prend les choses en main, on soumet l'échéancier à un ordinateur, qui prévoit que l'Expo ne sera prêt qu'en 1969. On donne assez de crédibilité à cette machine du futur pour que Paul Bienvenu, le premier grand bonze, démissionne. Entrent en jeu nos deux personnages de dimanche, de Gaspé Beaubien, chef de l'exploitation, et Yves Jasmin, directeur de l'information, de la publicité et des relations publiques.

À plusieurs reprises, en regardant le documentaire, je me suis dit : «On est dans Mad Men.» La photo de l'équipe de direction est éloquente : que des hommes. Même look, même attitude que dans la série de Matthew Weiner. Ça donne presque envie de s'en allumer une et de sortir le whisky.

On sent toute l'effervescence du moment, cette pression à réaliser l'impossible, malgré les critiques constantes. Que d'insistance des politiciens, des commentateurs, de la population à diminuer le projet, le ridiculiser, se plaindre de ses coûts exorbitants. «Ça ne sera jamais prêt à temps.» Eh bien oui, ce fut prêt à temps. Et vlan.

On explore beaucoup le clivage français-anglais. Parce que le reste du Canada regardait l'idée de haut, avec l'impression de financer le projet fou des Canadiens français. Toronto, qui tenait sa foire annuelle, voyait d'un mauvais oeil que le Québec lui vole ses touristes, le temps d'un été. À un peu plus d'un an de l'événement, «Diefenbaker veut détruire l'Expo 67», titre un journal, au sujet de l'ancien premier ministre du pays, alors dans l'opposition. Mais pour Philippe de Gaspé Beaubien, l'addition des deux cultures était essentielle à la réussite de l'Expo : la rapidité et l'efficacité des anglophones, et la fantaisie et la créativité des francophones. Quand il le dit, ses yeux brillent de bonheur et d'émotion. «Si ça avait été construit juste par les confrères anglophones, ça aurait pas été aussi le fun, aussi agréable.» Dans l'équation pour la réussite du projet, on souligne l'importance du colonel Churchill, directeur de l'aménagement, militaire jusque dans les échéanciers de l'exposition.

Le montage du documentaire est exceptionnel : une succession d'images, souvent d'une étonnante clarté, pigées parmi les 80 000 documents laissés par l'organisation, qui se promènent entre le noir et blanc et la couleur, et qui donnent une bonne idée de la multitude de sensations vécues par les visiteurs de l'exposition.

Pour les témoignages d'aujourd'hui, on est resté dans la simplicité. Seules quatre personnes s'expriment : Philippe de Gaspé Beaubien, sa femme Nan-B, Yves Jasmin et Diana Nicholson, adjointe aux relations publiques. Oui, l'Expo a beaucoup été l'affaire de gars, mais les femmes y ont contribué pour beaucoup.

On sort de ce documentaire gonflé à bloc, avec l'idée qu'on est capables, au Québec, de faire de grandes choses. On en doute encore aujourd'hui, imaginez à l'époque. Toujours bon de se le faire rappeler.

MTL: la fierté a une série

Et puisqu'on parle de la métropole, j'ai attrapé au passage la série MTL avec Jean-Philippe Wauthier, qui souligne le 375e anniversaire de la ville, le jeudi à 20h à Télé-Québec. Pas mal meilleure que l'émission spéciale que nous avaient imposée les quatre réseaux en décembre. Beaucoup de rythme et un visuel moderne, formidable pour les yeux.

Les historiens, dont plusieurs nouveaux visages, y sont tous bons et vulgarisent avec passion l'histoire de cette ville. Quand on met de côté la rivalité, cette série fait du bien, parce que la fierté des Montréalais pour leur ville en a pris un coup ces dernières années. Si ce 375e anniversaire pouvait avoir sur eux le même effet que le 400e a eu à Québec, il y a déjà neuf ans.

L'épisode sur l'hiver et le hockey était vraiment intéressant. Cette semaine, on s'intéresse à la «Main», qui s'appelait à l'origine la rue St-Lambert, avec Geneviève Borne et DJ Champion, et aux grandes manifestations qui ont marqué les Montréalais, avec Gabriel Nadeau-Dubois.




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