Adieu cellulaires, bienvenue mal de mer

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Choisis parmi 1200 inscriptions, les candidats de La grande traversée, six hommes et quatre femmes, ont de 23 à 44 ans et vivent tous au Québec, sauf un, qui réside à Winnipeg.

La Presse, Olivier Jean

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(Montréal) CHRONIQUE / Huit poules. Une poche de sel. De la farine. Un peu de levure. De l'eau. Des légumes, mais pas les plus beaux. Du charbon, ça oui. Après, débrouillez-vous.

L'idée donne le vertige, ou le mal de mer: passer 45 jours sur un voilier à trois mâts, à refaire le parcours des premiers colons au XVIIe siècle, de La Rochelle en France, jusqu'à Québec. Dix courageux se sont prêtés à cet exercice périlleux dans La grande traversée, diffusée durant 10 semaines, à partir du mardi 11 avril à 20h, sur ICI Radio-Canada Télé.

Si vous attendez des «rapprochements» selon la définition d'Occupation double, oubliez ça. Pour être rapprochés, les participants le sont, tassés comme des sardines. Et n'oubliez pas les règles d'hygiène du XVIIe siècle. Deux des candidats, Tristan et Guillaume, font même un pacte pour ne pas se laver du voyage, jusqu'à Québec. On verra s'ils tiendront le coup.

On retrouve dans cette série l'ambiance et l'esprit de Destination Nor'Ouest et La ruée vers l'or, de la même boîte, Les Productions Rivard, à Winnipeg, qui coproduit ici avec Zone 3. Un test intensif de débrouillardise, mêlé à la volonté de savoir par où sont passés nos ancêtres. Choisis parmi 1200 inscriptions, les candidats, six hommes et quatre femmes, ont de 23 à 44 ans et vivent tous au Québec, sauf un, qui réside à Winnipeg.

On n'est pas dans une téléréalité. Quand il y a conflit, c'est parce qu'on a faim, qu'on a froid, qu'il y a un problème à régler. Rien à voir avec des conflits de personnalités. Et il n'y aucune élimination, aucun prix à gagner. Tout le monde est là pour l'expérience.

Le premier épisode se déroule sur la terre ferme, quand les 10 participants vont à La Rochelle pour rencontrer leur parrain et leur marraine, Francis Reddy et la navigatrice Mylène Paquette, qui agissent aussi à titre d'animateurs. Ceux-ci garderont contact avec eux durant tout le périple, par le biais de lettres qui leur seront distribuées une par une. D'ici là, les colons improvisés doivent déposer dans une boîte montres, téléphones cellulaires et bijoux, avant d'enfiler de beaux mais encombrants vêtements d'époque.

À bord, les participants font eux-mêmes leurs expériences. Et si on tuait deux poules pour s'en faire un festin? La question crée un débat. S'il fallait tomber sur une des trois seules poules qui pondent. Leur incapacité à cuire correctement les aliments entraînera des empoisonnements alimentaires. Le groupe devra se partager des quarts de travail, parfois se réveiller en pleine nuit, et se faire donner des ordres en anglais.

Il devra aussi désigner un chef cuisinier, et c'est Christine Savoie qui hérite des chaudrons. Une traductrice et étudiante en horticulture de Lévis, originaire de Néguac au Nouveau-Brunswick, dont l'accent ne ment pas. Après seulement deux épisodes, difficile d'identifier des participants qui ressortent du lot. Espérons qu'on mettra peu de temps à nous les faire mieux connaître individuellement.

La production a connu trois tempêtes l'été dernier. Imaginez des vagues de cinq à six mètres, et vous avez une idée de la houle qui devait faire tanguer le bateau. Et amplifier le mal de mer. L'équipage pouvait compter sur un médecin pour les urgences. Coût des assurances: 150 000 $. Coût de location du voilier à trois mâts: 775 000 $. C'est pas donné.

On sent une charge émotive très forte, du moins dans les deux épisodes montrés aux journalistes. Les participants abandonnent quand même leurs proches durant près de deux mois pour s'isoler sur un bateau, en plein océan. Très émouvant de voir Mylène Paquette les regrouper en caucus avant le départ, pour leur prodiguer ses conseils. Disons qu'elle en connaît une couche sur ce type de voyage. D'ailleurs, celle-ci se débrouille fort bien à la caméra, comme si c'était une deuxième nature.

Les images de La grande traversée sont splendides, de jour comme de nuit. L'équipe de tournage jouissait d'un panorama unique. À bord, quelques anachronismes volontaires nous ramènent à notre époque, comme lorsque le détecteur de fumée s'active. Après tout, on les veut tous vivants à leur arrivée.

Le réalisateur François Balcaen prévient que des jours difficiles attendent son équipage. Que certains vont «frapper un mur», dit-il. Mal de mer persistant, empoisonnement alimentaire et déshydratation sévère les attendent, entre autres.

Radio-Canada précise que La grande traversée a été initiée à l'occasion du 150e anniversaire du Canada. Heureusement, la série ne sent pas pour autant la commandite.

Nitro Rush couronné aux Aurore

Le film Nitro Rush et son acteur principal, Guillaume Lemay-Thivierge, sont sortis «gagnants» de la 11e remise des Aurore, comme meilleur pire film et meilleur pire acteur.

Infoman, qui récompense chaque année le pire du cinéma québécois, a aussi attribué à Hélène Bourgeois-Leclerc le prix Liquid Paper féminin pour son rôle dans Votez Bougon. Le film inspiré de la série a également reçu le prix du pire accessoire, pour les boules chinoises de Dolorès.

Jean-René Dufort et Chantal Lamarre s'étaient déplacés à Chicago pour remettre leurs trophées en forme de rond de poêle. À Montréal, deux récipiendaires ont bien voulu se présenter pour accepter leur prix, à commencer par Christian Bégin, pour la meilleure pire réplique - «Il faut battre le beau-frère pendant qu'il est chaud» - dans La chasse au collet. L'acteur a remercié «les 20-25 personnes qui ont vu le film».

Patrice Robitaille est allé chercher le prix de la meilleure pire scène, celle de la pipe de l'infirmière dans Les trois petits cochons 2.

Le prix le plus original, celui de la meilleure apparition de Marc Labrèche, est allé à... la comédienne Estelle Richard, qui ressemble étrangement au premier. Aussi nommé pour Les trois petits cochons 2, Guillaume Lemay-Thivierge est en voie de devenir un abonné des Aurore, lui qui a aussi gagné en 2010 et en 2011.




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