Le duo coup de coeur de Trop

Les soeurs Anaïs (Virginie Fortin) et Isabelle (Évelyne... (Ici Radio-Canada Télé, Yan Turcotte)

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Les soeurs Anaïs (Virginie Fortin) et Isabelle (Évelyne Brochu), très différentes l'une de l'autre, se complètent à merveille.

Ici Radio-Canada Télé, Yan Turcotte

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(Montréal) CHRONIQUE / J'avais trop hâte de voir Trop. Et je n'ai pas été déçu. Avec un titre pareil, on aurait pu craindre que la nouvelle comédie dramatique de Véro.tv donne dans l'excès. Mais pour sa première série, disponible dès jeudi à 9h, l'auteure Marie-Andrée Labbé a su trouver le ton juste en abordant un sujet pourtant délicat, la bipolarité. Le genre de série qui vous fait rire et vous émeut dans la même scène.

Déception pour Isabelle Desbiens (Évelyne Brochu), 32 ans, qui se voyait directrice du centre multidisciplinaire où elle travaille depuis neuf ans. Mais la promotion lui échappe au profit de Myriam Champagne (Anne-Marie Cadieux), qui s'impose vite comme la «bitch» de service. «Y m'manque juste un tailleur Chanel pis un stylo à 600 piasses!» lance Isabelle à son patron, humiliée de voir cette femme suffisante lui ravir le poste. Sa soeur Anaïs (Virginie Fortin) choisit ce jour-là pour débarquer du Saguenay avec ses bagages. Une fille pas reposante, instable émotionnellement, mais hyper intelligente. Autant a-t-elle le don de mettre sa soeur dans le pétrin, autant elle saura l'en sortir plus d'une fois. Très différentes l'une de l'autre, les deux se complètent à merveille.

Quand Marc-Antoine (Éric Bruneau), l'ex d'Isabelle, rapplique dans sa vie, tout le monde craint le pire. «Tu m'as trompée pis t'as gâché ma vie, gros cave!» lui dit-elle, visiblement encore amoureuse. Marc-Antoine a refait sa vie, mais sa nouvelle relation ne tient clairement qu'à un fil. Son insouciance et sa naïveté lui font croire qu'il a encore sa place dans la vie de son ex. Isabelle a un voisin réalisateur, Romain (Pierre-Yves Cardinal), qui ajoute dès le premier jour Anaïs à sa longue collection d'aventures. La phase maniaque de la bipolarité faisant grimper la libido, Anaïs en profitera. Et on sent chez Romain, sous des dessous de coureur, un grand coeur et un réel intérêt pour cette nouvelle conquête, différente de toutes les autres.

On a pu apprécier les talents dramatiques d'Évelyne Brochu dans Aveux et dans La promesse. Mais pour Virginie Fortin, qu'on a plutôt vue dans des sketchs (SNL QuébecLe nouveau show) et comme humoriste sur scène, c'est une première. Et elle passe la rampe, dans un rôle pas évident, celui d'une jeune femme qui reçoit un diagnostic de bipolarité. On pourrait trouver insupportable cette fille qui envahit l'espace de sa soeur sans lui demander son avis. On pourrait en avoir marre de ses excès, mais au contraire, on se prend d'affection pour elle assez rapidement. Et on compatit lorsqu'en pleine psychose, elle entre en psychiatrie, avec des patients aux prises avec des troubles beaucoup plus profonds. Les deux actrices forment un duo de soeurs très attachant.

Toute la production de Trop a baigné dans un univers féminin, celui de l'auteure et des actrices, mais aussi des réalisatrices Louise Archambault (Nouvelle adresse) et Chloé Robichaud (Sarah préfère la course), de même que des productrices chez Sphère Média Plus. Les personnages de femmes y sont majoritaires, mais on ne parle pas pour autant d'un propos féministe. Au jeu des comparaisons, Trop adopte un ton plus décalé et humoristique que Les Simone, par exemple. Contrairement à bien des séries sur les Y, les personnages de Trop ne sont pas narcissiques ou cyniques à outrance. Isabelle est même trop patiente, trop généreuse, finissant par se perdre à travers tous ceux qui abusent de son espace. Y compris sa meilleure amie avocate, Manuela (Alice Pascual), à un point tournant dans le couple qu'elle forme avec Samir (Mehdi Bousaidan), qu'elle soutient financièrement.

Beaucoup aimé les rapports d'Anaïs avec son médecin bienveillant, joué par René Gagnon. «C'tu rendu que le bonheur, c't'une maladie, crisse?» demande-t-elle, en phase maniaque, trop heureuse pour que ce soit normal. Beau personnage que celui de la maman des filles, jouée par Louise Portal, aimante et tendre envers elles.

Drôle et touchante, Trop n'est pas une série qui grafigne ou se veut une critique sociale, mais sait être crue par moments. Les scènes de baise y sont nombreuses, mais on n'est pas dans la pure vulgarité. 

On assiste à des moments burlesques, jamais au point de décrocher, comme lorsqu'Emmanuel Bilodeau s'enferme chez lui, incapable d'honorer un contrat de spectacle, lui-même aux prises avec un trouble maniaque. Voilà une série charmante, qui se laisse facilement apprivoiser, et dont on sort tout sourire. J'achète.

Les deux premiers épisodes de Trop sont disponibles gratuitement sur ICI Tou.tv. Pour voir les 11 suivants, il faut aller sur Véro.tv, disponible dans l'Extra. Ou alors attendre, puisque la série sera diffusée à une date indéterminée sur ICI Radio-Canada Télé. En ligne depuis un mois, la nouvelle plateforme de Véronique Cloutier a fait le plein de visionnements. «Le pari est gagné», nous dit la directrice générale, Dominique Chaloult. La série Les Morissette et moi reste l'émission la plus visionnée dans cet environnement payant.




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