Le nouvel homme de Radio-Canada

Michel Bissonnette est un producteur aguerri de 49 ans... (Fournie par ICI Radio-Canada Télé)

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Michel Bissonnette est un producteur aguerri de 49 ans qui a fait ses classes en publicité et a fondé Zone3 avec trois associés en 2000.

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(Québec) CHRONIQUE / Michel Bissonnette était à la tête de Zone3, l'une des plus importantes maisons de production télé. Il a oeuvré dans les coulisses du pouvoir pour Robert Bourassa et Jean Charest. Le voici maintenant dans le siège de vice-président principal de Radio-Canada, dont chacune des décisions est scrutée à la loupe.

Alors que son prédécesseur Louis Lalande était quelqu'un de la maison, qu'il avait beaucoup travaillé en information, on a cette fois opté pour quelqu'un du privé, qui a touché autant aux variétés qu'à la fiction. En poste à partir du 9 janvier, M. Bissonnette a été choisi par un comité de sélection formé de Michèle Fortin, ex-pdg de Télé-Québec, de l'ancien Dragon Alexandre Taillefer, associé principal chez XPND Capital, de trois membres de la haute direction et du président-directeur général, Hubert T. Lacroix.

Figure connue dans le milieu de la télévision, Michel Bissonnette arrive à un moment charnière de l'histoire de Radio-Canada, en plein virage numérique. Peu bavard sur les orientations qu'il souhaite donner au diffuseur public, il dit vouloir offrir une «télévision à la fois curieuse et rassembleuse» qui doit «s'adapter aux nouveaux besoins de consommation des citoyens». Il entend aussi «défendre sur la place publique l'importance d'un radiodiffuseur public, dans son rôle, sa pertinence, et la responsabilité qui vient avec ça».

Ce producteur aguerri de 49 ans a fait ses classes en publicité au sein de Publicis BCP, d'abord comme directeur de comptes jusqu'à vice-président et directeur général, développement de produits. Il a aussi oeuvré quelques années à TVA. Bien qu'il vienne du privé, Michel Bissonnette affirme saisir la nuance entre le public et le privé, lui qui a eu à manipuler de l'argent public durant toute sa carrière, entre subventions et crédits d'impôt, et à proposer ses projets des deux côtés.

Hubert Lacroix affirme que M. Bissonnette a été choisi à travers plusieurs candidatures intéressantes, tant à l'interne qu'à l'externe. L'heureux élu avait été approché par un chasseur de têtes. «Ce n'est pas un défi qui se présente chaque année. Je suis à un moment dans ma carrière ou c'est un bon timing», affirme Michel Bissonnette, qui quitte une situation extrêmement lucrative.

Zone3, qu'il a fondée avec trois associés en 2000, a produit des titres comme Infoman, Mixmania, À la di Stasio, Décore ta vie et Les francs-tireurs. Sous son règne, la boîte a étendu ses tentacules à l'international, ouvrant notamment un bureau à New York. Il quitte officiellement vendredi la boîte dont il était le président depuis 2009, avec laquelle il ne conservera aucun lien, assure-t-il. Zone3 ayant été acquise par Télésystème, l'entreprise de Charles Sirois, et la Caisse de dépôt, il n'en était plus actionnaire depuis 10 ans. Il affirme que le diffuseur aura toute l'indépendance d'étudier les projets de Zone3, sans ingérence de sa part.

Son implication en politique avec le Parti libéral du Québec n'est pas anodine. D'abord président de la Commission-Jeunesse, il a ensuite été engagé comme conseiller spécial à plusieurs reprises. En 2012, il a présidé l'ultime campagne électorale de Jean Charest, qui a perdu ses élections aux mains de Pauline Marois. Ce sera sa dernière implication en politique.

Michel Bissonnette ne renie pas ses allégeances politiques. «Je n'ai pas l'intention de le cacher. Ça a été une école de vie incroyable. [...] Ça fait assurément de moi un meilleur gestionnaire. Mais je sais très bien qu'à la tête d'un média, toutes les distances sont prises par rapport à la partisanerie.»

Hubert Lacroix, à qui on a reproché de maintenir des liens trop étroits avec les conservateurs, s'évite cette fois toute accointance avec l'ancien parti de Stephen Harper. Rappelons que le conseil d'administration de CBC/Radio-Canada est encore constitué à majorité de partisans du Parti conservateur. La ministre du Patrimoine canadien, la libérale Mélanie Joly, a toutefois annoncé que le processus de nomination des membres du C. A. devait être révisé en profondeur.

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