En amour avec Les Simone

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Les principales interprètes féminines des Simone Rachel Graton, Marie-Ève Perron, Karine Gonthier-Hyndman et Anne-Élisabeth Bossé

La Presse, Hugo-Sébastien Aubert

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(Montréal) CHRONIQUE / Je pense que je tiens mon coup de coeur de l'automne. Ne nous emballons pas trop vite, il reste tant de choses à voir, mais Les Simone m'a totalement envoûté et fait sortir de la projection de presse le coeur léger. On fait de la bonne fiction au Québec, mais il y avait longtemps qu'une comédie ne m'avait emballé et fait rire autant.

Il s'agit pourtant d'une première série pour Kim Lévesque Lizotte, coauteure avec Louis Morissette, aussi producteur chez KOTV. Visiblement, cette union des forces a opéré. Annoncée comme une série féministe - «Simone» pour Simone de Beauvoir -, l'oeuvre n'a pas une once de ton moralisateur.

Sans que ce ne soit jamais souligné au crayon-feutre, on y explore l'affirmation de femmes au tournant de la trentaine, Maxim, Laurence et Nikki, qui refusent le moule qu'on leur impose : le gros job, le conjoint, les enfants, la maison de banlieue, la vie rangée.

Quel bonheur de voir Anne-­Élisabeth Bossé hériter du rôle vedette d'une série. Un sans-faute pour l'actrice de Série noire et des Pays d'en haut, extrêmement attachante dans ce personnage de fille insatisfaite de sa vie, Maxim, qui quittera Québec pour fuir son chum et la vie qu'il lui promet.

Tout éclate dans les premières minutes, quand François (Benoît Mauffette), avec qui elle partage sa vie depuis sept ans, la surprend en lui proposant d'acheter un jumelé situé en face d'un cimetière à L'Ancienne-Lorette. C'est suivi d'un party-surprise dans un resto où le couple va bruncher le dimanche. Un cauchemar qui a l'effet d'un électrochoc pour Maxim. «Je sais pas ce que je veux, mais je sais ce que je veux pas», lui dit-elle au restaurant, avant de tourner les talons et de laisser tous les invités en plan. C'est trop, elle reprend la 20 pour se réfugier chez sa bonne amie Laurence (Rachel Graton), à Montréal. La première soirée en «presque» célibataire sera épique, arrosée par la troisième fille du trio, Nikki (Marie-Ève Perron), barmaid.

En voyant se profiler cet avenir, Maxim a l'impression de passer à côté de la vie. Mais autant elle ne veut plus de cette vie que lui offrait son chum, autant elle craint ce saut dans le vide et se demande si elle fait les bons choix. Un instant, elle ne veut plus entendre parler de son chum, avant de lui dire qu'elle l'aime et même de profiter de sa naïveté. François, collant, pathétique, ne jettera pas l'éponge, quitte à s'humilier davantage.

Rachel Graton interprète Laurence, une chroniqueuse culturelle à... (fournie par Radio-Canada Télé) - image 4.0

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Rachel Graton interprète Laurence, une chroniqueuse culturelle à la télé qui doit se résoudre à donner les numéros de la loterie en ondes.

fournie par Radio-Canada Télé

Tous les acteurs, dont plusieurs nouveaux visages, sont excellents. Le trio principal est solide.

Marie-Ève Perron (Nikki), qu'on a peu vue au Québec et qui jouait la Lyne-la-pas-fine des Invincibles en France, symbolise ce modèle de femme libre, à plusieurs amants et à la sexualité débridée. Beau rôle aussi pour Rachel Graton (Nouvelle adresseAu secours de Béatrice) que celui de Laurence, chroniqueuse culturelle à la télé, qui doit encenser un chanteur de Star sans limites qu'elle déteste et se résoudre à donner les numéros de la loterie en ondes.

Karine Gonthier-Hyndman (Like-moi!) excelle dans le rôle d'Élizabeth, la soeur de Maxim, bourgeoise de banlieue, alcoolique sur les bords, qui vit avec son mari (Pierre-François Legendre), et dont la principale préoccupation est de savoir si de la pierre conviendrait mieux à son foyer que de la brique blanche. Sylvie Potvin et Michel Barrette jouent quant à eux les parents de Maxim et d'Élizabeth.

Comme dans la vie moderne, les textos tiennent un rôle important dans Les Simone et servent de levier à l'histoire. Les auteurs en font usage de manière judicieuse et à propos, toujours bien dosée. Si vous vous attendez à une version québécoise de Girls, vous n'y êtes pas du tout. Les Simone a sa propre signature, qui ne ressemble à rien de ce que j'ai vu ailleurs. À la réalisation, Ricardo Trogi signe assurément sa meilleure oeuvre pour la télé. On y croit complètement.

Certains seront irrités par le personnage de François, parfait stéréotype de l'homme blanc de Québec aux idées de droite et plein de préjugés à l'endroit de la métropole. «Sérieux, là, Montréal, ça pue, c'est lette, ça klaxonne pour rien, ça vire pas à droite. Pis là, j'te parle pas des races qui comprennent fuck all», dit-il à sa blonde, excédé. Puis, en parlant d'un musicien : «un estie de téteux de subventions qui a vendu quatre disques dans sa vie». Ricardo Trogi, qui a beaucoup illustré Québec dans son oeuvre, n'éprouvait aucun malaise à mettre en scène un personnage rempli de clichés. «Maxim vient aussi de Québec et elle n'est pas nounoune. J'ai habité Québec 24 ans, je peux vous nommer au moins cinq épais, donc c'est la preuve qu'il y en a à Québec comme à Montréal», blague-t-il. Personnellement, ça ne m'a pas incommodé non plus. Des gars de Montréal caves, on les compte par centaines dans nos séries.

Benoît Mauffette, Sylvie Potvin et Michel Barrette jouent... (fournie par Radio-Canada Télé) - image 5.0

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Benoît Mauffette, Sylvie Potvin et Michel Barrette jouent respectivement le chum et les parents de Maxim (Anne-Élisabeth Bossé).

fournie par Radio-Canada Télé

Loin d'être accessoire, la musique d'Ariane Moffatt contribue à l'efficacité de la série. La télé est un média d'émotions : tout est réuni dans Les Simone pour accrocher le coeur. Lorsque le générique arrive, on se sent réellement envoûté par l'histoire de ces filles, pour qui on se prend vite d'affection.

. L'oeuvre suivra Les pêcheurs, dès le mercredi 14 septembre à 21h30 à ICI Radio-Canada Télé, et affrontera la deuxième saison de Complexe G à TVA.

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