Feux, du grand Serge Boucher

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La nouvelle dramatique Feux d'ICI Radio-Canada télé met en vedette Fanny Mallette, Maude Guérin, Alexandre Goyette et Camille Felton.

La Presse, Marco Campanozzi

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(Montréal) CHRONIQUE / Le passé finit toujours par nous rattraper. Même en les étouffant sous les braises, les douloureux secrets ne meurent vraiment jamais. Ceux de la série Feux renaîtront de cendres qu'on croyait bien enfouies pour toujours.

Moi qui ai adoré Aveux et Apparences, je n'ai pas été déçu par les deux premiers épisodes de Feux, du même auteur, qui embrasera nos lundis à 21h dès le 12 septembre. Du grand Serge Boucher, encore une fois. L'auteur sait faire vibrer notre corde sensible au moment où on s'y attend le moins. Feux répond en tous points à ce que l'auteur fait de mieux : retirer couche par couche la véritable nature de personnages enveloppés de non-dits.

Tout à fait par hasard, Claudine Grenier (Maude Guérin) revoit Marc Lemaire (Alexandre Goyette), qu'elle gardait lorsqu'il était petit et aujourd'hui agent d'immeubles. Jusqu'à ce fameux soir d'il y a une trentaine d'années, où un incendie a ravagé la maison familiale, emportant la mère du garçon. On sent dès leurs retrouvailles un immense malaise chez Claudine, particulièrement lorsque Marc évoque son père (Denis Bernard), aujourd'hui pasteur; il ignore manifestement de gros pans de l'histoire.

Si Claudine semble vouloir passer aussitôt à autre chose, Marc insiste pour la revoir. Les deux sont en couple, ont des enfants et mènent un gros train de vie. Mais autant Claudine se montre réticente à prolonger les retrouvailles, autant elle semble y trouver une échappatoire à son existence rangée.

Mais que s'est-il donc réellement passé le soir de l'incendie? Et tous les mois avant? À vous de placer les pièces du casse-tête, que l'auteur distribue minutieusement par flash-backs. Et comme dans les précédentes séries de l'auteur, un événement majeur, une bombe, viendra relancer l'histoire à mi-saison.

Évidemment, chaque membre des deux familles connaît des bribes de l'histoire. Y compris la mère de Claudine (Louise Turcot), et son père aphasique (Michel Forget), peut-être privé de parole, mais qui a encore toute sa tête. Quelque chose me dit qu'il va se remettre à parler.

J'ai bien senti de rares lenteurs, vite oubliées par les questions qui fusent de partout dans notre tête. L'auteur nous donne déjà plusieurs clés dans les deux premiers épisodes, de sorte qu'on se demande ce qu'il peut y avoir de plus grave encore à venir. À la réalisation, Claude Desrosiers accomplit un travail exceptionnel. Au coeur de l'existence de familles normales, il installe lentement cette tension qui prend de l'ampleur au fur et à mesure des révélations.

Enfin un rôle principal pour Maude Guérin, qui incarne avec sensibilité cette femme dont la vie semble réglée au quart de tour, cadre d'une grande entreprise et mère de famille, à la limite presque froide. Alexandre Goyette rend bien ce mélange d'assurance et de naïveté, qui pousse Marc à insister sans se douter de ce qui l'attend au bout. Mention spéciale à Camille Felton, déjà très bonne dans Un sur 2, mais dont le jeu gagne en maturité dans le rôle stratégique de Stéphanie, la fille adolescente de Claudine. C'est en préparant le party surprise pour les 50 ans de sa mère qu'elle déterre, sans le vouloir, de vieilles histoires enfouies volontairement. Et qu'elle force les personnages à s'ouvrir sur leur passé. Daniel Brière et Fanny Mallette excellent également dans les rôles des conjoints de Claudine et de Marc.

Les fans d'Aveux et d'Apparences reconnaîtront l'habileté de Serge Boucher à composer des personnages qui pourraient être notre mère, notre oncle, notre cousine, tout en voguant entre la légèreté et le drame. J'ai l'impression que le personnage de Francine Forget, joué par Isabelle Vincent, risque de mettre le trouble assez vite. Mais Serge Boucher n'aime pas les rôles de vilains toujours mal intentionnés. Il n'y a rien de calculé dans ce que ses personnages font de mal autour d'eux. «C'est dans les petits détails que Feux s'enflamme», confiait l'auteur, qui a décidément le don d'attiser notre curiosité.

La caverne de Michel Barrette

Un mot sur Historia, dont la nouvelle programmation prend son envol lundi prochain. Sept nouveautés sont à la grille, dont L'Amérique de Michel Barrette, une incursion dans la caverne d'Ali Baba de l'humoriste, collectionneur d'objets qui ont appartenu à des stars, comme un cheveu de Marilyn Monroe et un mouchoir de Frank Sinatra. Catherine Trudeau et Claude Poirier lui ont entre autres rendu visite. Ça commence mardi à 22h. J'attire aussi votre attention sur Le polygraphe, dans laquelle un expert du détecteur de mensonges québécois, John Galianos, lève le voile sur les grandes enquêtes de sa carrière. Mercredi à 21h.

Historia diffusera à l'hiver ou au printemps une minisérie de cinq épisodes sur la vie de Jean Béliveau, première fiction québécoise à cette chaîne. L'acteur qui aura le rôle-titre sera dévoilé bientôt et le tournage commence à la fin septembre. La chaîne de Corus, maintenant partenaire de A&E aux États-Unis, a mis la main sur la version française de Rootsremake de la série des années 70, pour une diffusion cet hiver.

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