La Denise qu'on aime

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«Il y a longtemps que je ne fais plus rien par politesse. Quand je fais quelque chose, c'est que ça me plaît vraiment.» - Denise Filiatrault, se livrant à Marie-Claude Barrette à l'émission Virages

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(Montréal) CHRONIQUE / Après quoi court Denise Filiatrault? Pourquoi cette impatience, cette intransigeance? À 85 ans, notre Denise n'a plus de temps à perdre. «Il y a longtemps que je ne fais plus rien par politesse. Quand je fais quelque chose, c'est que ça me plaît vraiment», dira-t-elle à Marie-Claude Barrette, lundi à 21h, dans l'émission Virages à TVA.

J'avais beaucoup aimé cette série d'entrevues l'an dernier. Rien de racoleur, l'animatrice y est à l'écoute, laisse parler ses invités et n'intervient pas inutilement. De sorte qu'on a droit à de véri­tables confidences venant d'artistes qu'on croyait connaître sous toutes leurs coutures. Pour la deuxième saison, elle recevra aussi les confidences de Gregory Charles, Karine Vanasse, Guylaine Tremblay et Michel Barrette.

Vous risquez de beaucoup aimer Denise Filiatrault, qui lance donc la saison. Un monument, une femme de caractère pourtant si insécure. Derrière cette urgence, vous sentirez cette passion pour le métier, cette volonté de combler le public. Cette Denise-là, difficile de ne pas l'aimer.

Malgré leur dureté, Sonia Vachon n'a jamais été blessée par les directives de la metteure en scène. Normand Chouinard dit que ça a au moins le mérite d'être clair. «Avec elle, on a l'heure juste. [...] Ça peut faire mal parfois. Disons que la diplomatie n'a pas été sa première qualité», reconnaît l'acteur. Denise ne croit pas avoir été une bonne mère. Elle ne dit pas souvent à ses filles qu'elle les aime. «Elles le savent», dit-elle.

Vous entendrez sa fille Danièle - mais pas Sophie - parler d'elle, et Sonia Vachon verser des larmes en évoquant Denise. On sent dans ce témoignage toute l'admiration et la reconnaissance de l'actrice envers son mentor.

Passage très intéressant quand elle parle de la genèse des Belles-soeurs, dont les textes lui avaient été confiés par la comédienne Denise Proulx. Personne ne voulait de la pièce, aucune actrice connue ne voulait jouer en joual. Emballée par le génie de Tremblay, Filiatrault a convaincu Mercedes Palomino et Yvette Brind'Amour de monter l'oeuvre au Rideau-Vert. On connaît la suite.

Denise ne voulait pas jouer dans la pièce au départ, mais a fini par dire oui. Même si elle rougissait chaque fois qu'elle devait dire «maudit cul!» dans le rôle de Rose, la soeur de Germaine. «Ça ne se disait pas», rappelle-t-elle.

À travers tout ça, Denise parle de son enfance rue Cartier à Montréal, de son idole Alys Robi, de son petit-fils Mathieu, le fils de Sophie, qu'on peut voir en médecin dans Au secours de Béatrice, et qu'elle a encouragé à devenir acteur. Celui-ci a de très beaux mots pour sa «mamie», très présente dans sa vie. Mais il ne sera pas question de sa relation tumultueuse avec Dominique Michel, pourtant sa partenaire de scène de longue date. On le sait, Denise n'était même pas présente à l'hommage que l'ADISQ a rendu à Dodo l'automne dernier. Visiblement, la scission est profonde. Vous verrez quelques images avec Dominique, elle la nommera une fois, mais c'est tout. «C'est clair qu'elles ne se voient plus, mais Denise n'est pas dans l'amertume. Elle n'a rien dit de choquant à l'égard de Dominique», révèle Marie-Claude Barrette.

Gros ego, Denise? À une certaine époque, oui. «J'ai-tu été assez folle!» dit-elle en repensant aux airs qu'elle pouvait se donner quand elle a touché à la gloire. On l'a vite ramenée sur terre. Va-t-elle s'arrêter un jour? Elle n'en a aucune idée. Et quand elle le dit, on la croit. «Quelle importance?» demande Normand Chouinard. Tant qu'elle est heureuse et en forme, c'est tout ce qui compte pour que le spectacle continue.

Avec Virages, l'animatrice Marie-Claude Barrette (à droite, en compagnie... (Fournie par TVA) - image 2.0

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Avec Virages, l'animatrice Marie-Claude Barrette (à droite, en compagnie de sa première invitée, Denise Filiatrault), souhaite faire une différence dans la vie des gens.

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La notion de «virage» est moins évidente dans le cas de Denise Filiatrault, mais le sera certainement plus quand Gregory Charles (13 juin) évoquera la maladie d'Alzheimer de sa mère, tout un virage dans la vie d'un fils. Dans un entretien qu'on annonce surprenant, Karine Vanasse (20 juin) aura de bons mots sur son ex-conjoint Maxime Rémillard, avec qui elle a produit le film Polytechnique, une étape importante de sa vie. Marie-Claude Barrette a aussi su lui faire parler de la mort de sa petite soeur de trois mois, alors qu'elle n'avait que quatre ans, un traumatisme qui a laissé des séquelles insoupçonnées chez elle. Guylaine Tremblay (27 juin), avec qui l'équipe a tourné au Conservatoire d'art dramatique de Québec, racontera ses jeunes années dans la Basse-Ville et le chemin qu'elle a dû parcourir pour devenir comédienne. Enfin, Michel Barrette (4 juillet) reviendra avec émotion sur le décès de son père.

Avec Virages, Marie-Claude Barrette souhaite faire une différence dans la vie des gens. Elle espère que l'émission avec Gregory aidera les proches aidants à sentir qu'ils ne sont pas seuls à vivre cette situation. «Une dame m'a déjà dit "Vous avez été mon Polysporin", et je retiens cette image-là. Je ne fais pas de la télé pour avoir un chèque de paie ou pour être connue, mais pour aider les gens.»

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