Le 8 à 9 en famille de Radio-Canada

La jeune Rose, 9 ans, a perdu sa mère... (Fournie par ICI Radio-Canada Télé)

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La jeune Rose, 9 ans, a perdu sa mère six mois avant de se confier en entrevue pour Remue-ménage. Elle n'avait pas encore pleuré la perte de sa maman, décédée d'un long cancer.

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(Montréal) CHRONIQUE / À quoi ressemble la vie des survivants d'une famille touchée par une tragédie, une fois que les médias ont fini de parler d'eux? L'émission Remue-ménage a pointé ses caméras vers des enfants en deuil de leurs parents. Un reportage très touchant, certainement le plus intéressant de ce nouveau magazine consacré à la famille, diffusé dès le mardi 31 mai à 20h à ICI Radio-Canada Télé, et coproduit avec le privé, une première.

Le premier directeur de l'information télévision, Jean Pelletier, souhaitait que la télévision publique traite à nouveau de questions familiales, un thème abordé il y a bien longtemps dans Enjeux et le bulletin de 18h, mais délaissé avec les années. La maison de production Pixcom leur a proposé l'idée il y a deux ans. L'animation de cette nouveauté a été confiée à la journaliste Karina Marceau, qui a fait plusieurs documentaires ces dernières années, après avoir été présentatrice de nouvelles et animatrice de J.E. à TVA et de Kilomètre zéro à Télé-Québec.

Dans le reportage sur les enfants endeuillés, on raconte que la vie de Jean-François L'Heureux a basculé quand la voiture qu'il conduisait a été heurtée de plein fouet par un conducteur qui a perdu la maîtrise de son véhicule, à l'île d'Orléans. À bord, sa conjointe et leurs enfants. Seule la mère n'a pas survécu. Cinq ans plus tard, Anne-Catherine, Pierre-Karl et Alexandra témoignent avec aplomb des difficultés qu'ils ont connues après la mort de leur mère. Le reportage explore le travail admirable de l'organisme Deuil-Jeunesse, dans Charlesbourg, qui accompagne ces enfants dans tout le processus de deuil, et même au-delà. 

La jeune Rose, neuf ans, avait perdu sa mère six mois avant l'entrevue. Un long cancer. Elle n'a pas encore pleuré. Déstabilisant de l'entendre parler comme une adulte, qui savait depuis longtemps que sa maman allait mourir. De père inconnu, elle vit maintenant chez son oncle. Le reportage termine sur une note heureuse, alors qu'on voit la famille L'Heureux, plus soudée que jamais, et que le malheur a rapprochée.

Le sujet des enfants endeuillés paraît lourd, mais Remue-ménage va du plus profond au plus pratico-pratique. La première traite notamment du déclin des camps de vacances, qui doivent s'adapter aux nouveaux besoins des familles. La journaliste Solveig Miller s'est aussi rendue dans un vestiaire de hockey pour parler de vasectomie, préférée de loin à la ligature des trompes au Québec. Qu'en pensent les hommes qui se sont fait «couper le canal famille», comme dit l'un d'eux? Un urologue qui pratique en clinique privée raconte recevoir des patients de Dubaï, de Madagascar et du Viêtnam, tant le processus est plus simple chez nous.

Dans les semaines à venir, une équipe suivra une famille syrienne en provenance du Liban, arrivée mardi dernier au Québec. Vous vous souviendrez de Luc Picard à Enjeux, tanné de la représentation de «l'homme mou» à la télévision? Où en est-on 18 ans plus tard?

En plus de trois reportages par émission, Karina Marceau reçoit un invité chaque semaine. Le psychologue et auteur Camil Bouchard inaugure le concept pour faire le point, 25 ans après la publication du rapport Un Québec fou de ses enfants. Boucar Diouf, Sylvie Bernier et Arnaud Granata seront aussi du nombre.

Pour l'instant, 10 émissions seront diffusées. Dans le meilleur des mondes, on aimerait faire de Remue-ménage un rendez-vous régulier dans la grille automne-hiver. La direction avait d'abord testé l'émission dans un format de 30 minutes avant d'opter pour des heures. Pas convaincu. En demi-heures, l'émission aurait certainement gagné en rythme, que l'interview vient casser à mi-chemin. Quand on connaît le dynamique Format familial à Télé-Québec, on trouve Remue-ménage un peu rigide. On aurait aussi aimé que l'animatrice présente le concept en ouvrant la première émission; aucune mise en contexte, on va directement au premier reportage. Il faut deviner que l'émission est consacrée à la famille, ou avoir lu cette chronique. Autre irritant : les noms des journalistes ne sont pas identifiés avec les reportages.

Remue-ménage constitue une première pour le secteur des affaires publiques, puisque l'émission est coproduite au privé, même si 100 % de ses journalistes travaillent à Radio-Canada. La direction reconnaît avoir dû négocier afin que tout s'arrime bien entre Pixcom et son propre personnel. Jean Pelletier assure néanmoins que les autres émissions du secteur ne passeront pas au privé. Radio-Canada, qui abandonne la production de fiction et de plus en plus des variétés, en est rendue à faire produire ses magazines d'affaires publiques au privé. Signe des temps.

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