Solide Céline

Marie-Claude Barrette et Céline Dion... (Fournie par TVA)

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Marie-Claude Barrette et Céline Dion

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(Montréal) Pour sa première entrevue en français depuis la mort de son mari, Céline Dion a paru en contrôle, jamais désarçonnée, sans épanchement, mercredi soir à TVA. Plusieurs le verront comme une façade, une manière de se protéger, une forme de déni. Le deuil a ses phases, et la mort est récente.

«Pleure, Céline, pleure», avait-on presque envie de lui dire.

Dans cette entrevue accordée jeudi dernier à Marie-Claude Barrette sur la scène du Colosseum de Las Vegas et intitulée Céline maintenant, la chanteuse a tenu un discours très spirituel, et répété plusieurs fois que René l'habitait encore. Pour passer au travers, pour réduire au minimum les impacts sur ses enfants, elle s'imprègne chaque jour de la présence de son mari. «Il était là, il est encore là, il sera toujours là», dit-elle. Puis: «René est vivant, mais il n'est pas présent physiquement.» Chaque geste est posé en fonction de ses enfants. Tous les soirs, elle s'installe, entourée d'eux, à reprendre le même rituel. «Les jumeaux couchent avec moi. Ça m'aide plus que ça peut les aider eux-mêmes.»

Pour aider ses trois enfants à accepter le départ de leur père, elle a demandé une aide psychologique et a lu sur le sujet. «C'est pas pour moi», s'est-elle rendu compte un matin. Elle s'est plutôt servie du film Up (Là-haut en version française) des studios Disney, sur un personnage qui doit vivre seul et se bâtir un restant de vie, une image qui parlait aux enfants. «Y'é où papa?» «Y'est up, pis y'a pu de bobos», leur a-t-elle dit.

Contrairement à l'entrevue pour Good Morning America, la chanteuse n'a pas évoqué les derniers échanges qu'elle a eus avec son mari. Elle a tout de même raconté qu'il l'a appelée la veille de sa mort, alors qu'elle montait sur scène. Pourtant, René n'entendait et ne parlait pratiquement plus. Le coroner révélera plus tard qu'il est mort entre 3h et 4h. Céline a aussi raconté que René-Charles n'a pas voulu revoir son père à sa mort, préférant garder l'image d'un homme bien vivant. Aux funérailles, Céline lui a donné le choix de prononcer un discours. «C'est la dernière fois que t'as la chance de parler à ton père», lui a-t-elle dit.

Après le décès, elle a demandé à ce qu'on laisse la chambre du défunt intacte, jusqu'à son retour à Vegas. On a retiré tout ce qui représentait la maladie de René, de son lit thérapeutique à la rampe pour l'aider à se lever. Puis, on a repeinturé et apposé sur les murs des photos du père avec ses enfants.

Céline ne pleure pas, mais c'est sur scène qu'elle perd ses moyens. Comme le 23 février, lorsqu'elle a fait son retour au Colosseum à Las Vegas, à peine un mois après la mort d'Angélil, et qu'elle a craqué en interprétant All By Myself. Quand elle sent le public fragilisé, qui se demande comment elle arrive à chanter malgré la peine.

Elle a parlé de ses funérailles comme de la continuation de son mariage, où René et elle s'étaient promis l'un à l'autre, à la vie, à la mort. Tout était réglé au quart de tour par l'imprésario, qui avait choisi d'ouvrir avec la chanson Trois heures vingt. «Arrangez-vous pas pour que j'arrive à 3h23 parce que ça marchera pas», s'est-elle assuré. En retard au mariage, ça passait toujours, aux funérailles, non. Le symbole de boucler la boucle était trop important. Symboliquement, elle a aussi demandé à son neveu et à sa nièce d'ouvrir la marche aux funérailles, comme ils l'avaient fait au mariage.

Avec l'ombre de René toujours à côté d'elle, Céline regarde en avant. «Je sais qu'il veut que je continue à faire ce métier-là.» Elle a insisté pour que Jean-Jacques Goldman lui écrive une chanson. «C'est un sujet très délicat de quelqu'un qui se bat très fort pour sa vie. C'est le début d'une nouvelle vie. Il a accepté tout de suite. Ça m'a beaucoup émue», dit-elle de cette chanson intitulée Encore un soir, qui sortira à la fin du mois, trois mois avant un album complet de chansons en français. Elle a aussi commencé à recevoir des textes en anglais pour un album éventuel.

Puis, elle partira en tournée, à Anvers, à Paris, chez nous à Trois-Rivières, Québec, Montréal. Son gérant Aldo Giampaolo voit déjà loin, mais Céline pense plus aux vaccins de ses enfants, aux cours de gymnastique qu'aimerait suivre Eddy et au piano de Nelson. Le cinéma? Dans 15 ans, peut-être. «Je pense que je vais être une bonne vieille actrice. Je n'ai pas le visage cinématographique cute, français», blague-t-elle.

À l'écoute, Marie-Claude Barrette a somme toute été très effacée au cours de l'entretien, qui aurait sans doute été très différent avec Julie Snyder. C'était «le» moment de Céline, celui où elle voulait partager avec le public ce qu'elle vivait, une sorte de reconnaissance pour le support de ses fans québécois. Et tout ça, avant de traverser les prochaines étapes du deuil.

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