Pierre Dion voit grand pour la télé

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Lors d'un discours prononcé devant l'Association québécoise de la production médiatique, Pierre Dion, président et chef de la direction de Québecor, a maintenu que l'avenir de la télé québécoise passe par l'exportation de nos bonnes idées et par des partenariats avec de gros groupes étrangers.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CHRONIQUE / Le Québec fait piètre figure quand vient le temps d'exporter ses produits télévisuels. Pour vous donner une idée, on estime à 40 milliards $ par année la valeur du marché mondial des formats d'émission. Combien au Québec? Des miettes, entre 0,008% et 0,04 % du montant total, ce qui représente quelques millions de dollars. Et ce n'est pas parce qu'on ne fait pas de la bonne télé.

Créer des champions québécois de l'audiovisuel. C'est ce que le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Dion, souhaite voir se produire dans l'industrie de la télévision, affaiblie par la chute des revenus publicitaires et ébranlée par le virage numérique. Invité à s'adresser aux membres de l'Association québécoise de la production médiatique (AQPM), réunis depuis mardi en congrès au Château Frontenac, il a maintenu que l'avenir de la télé passe par l'exportation de nos bonnes idées et par des partenariats avec de gros groupes médiatiques étrangers. «Il y a urgence d'agir. Pas dans cinq ans, dès maintenant», a-t-il martelé lors de ce dîner-conférence.

Ces champions, ils existent ailleurs, au Danemark, aux Pays-Bas, en Israël, dont on devrait prendre exemple. «Ce n'est certainement pas parce qu'il y a beaucoup de personnes qui parlent le néerlandais ou le danois dans le monde!» a-t-il dit dans son discours. Puis, questionné ensuite par les journalistes : «Je ne vois pas pourquoi, au Québec, on ne serait pas capables de produire une fiction, en français et en anglais, qui aurait un succès international.»

Comme incitatif à l'exportation, Pierre Dion propose un crédit d'impôt au développement de formats. Il invite aussi les créateurs à concevoir autrement leurs projets. «En amont, lorsque les gens créent un concept, ils ont des visées locales. Dans d'autres pays, le créatif est pensé en fonction d'une exportation mondiale.» Il souhaite aussi que des diffuseurs d'ici cofinancent et codiffusent des produits de calibre international avec des joueurs aussi importants que TF1 et NBC Universal.

M. Dion affirme que Québecor a déjà pris plusieurs initiatives, dont l'acquisition des studios Mel's. Il a annoncé avoir conclu des partenariats avec les boîtes de production Pixcom et Sovimage, précisément pour le développement de formats exportables. TVA aura aussi son pied à terre à Los Angeles afin d'accélérer le développement à l'international.

En somme, Pierre Dion dit essentiellement ce qu'avait dit Pierre Karl Péladeau devant les membres de l'AQPM en avril 2012, les invitant à se tourner vers l'exportation des formats. «On se pète les bretelles parce que nous avons vendu une dramatique à la septième chaîne de l'Ouzbékistan», avait ironisé PKP. M. Dion n'a pas voulu commenter la décision de son prédécesseur à la tête de Québecor de quitter la vie politique. PKP s'est-il tout de même impliqué dans ce qui a été annoncé hier? «Nous avons un plan stratégique de trois ans. M. Péladeau n'était pas impliqué dans les affaires de l'entreprise, c'est très connu. J'ai vu la nouvelle en même temps que tout le monde», a répondu Pierre Dion.

Par ailleurs, il a répété que les 675 millions $ accordés sur cinq ans à Radio-Canada par le gouvernement fédéral ne feront que fragiliser les télévisions généralistes privées, déjà en difficulté selon lui. Il en a profité pour écorcher le diffuseur public, rappelant que ses revenus totaux avaient augmenté de 6 % alors que ceux des privées ont connu une baisse de 16 %. Il juge également que Radio-Canada ne joue pas adéquatement son mandat. «À quoi sert une télé d'État si elle n'est pas complémentaire au privé?» demande M.Dion. À défaut de demander au gouvernement de reculer sur sa décision, il propose «un statu quo sur ce que devrait faire Radio-­Canada avec cet argent-là».

Gusto, une nouvelle chaîne de Bell

Alors que Pierre Dion lui-même affirme qu'«un certain nombre de chaînes spécialisées vont disparaître», voilà que Bell Média en annonce une nouvelle pour l'année qui vient. L'entreprise a ainsi fait l'acquisition de la marque Gusto pour lancer cette chaîne consacrée à l'alimentation, à l'art de vivre, à la mode et aux voyages. Difficile d'imaginer que Bell Média conservera toutes ses chaînes francophones, alors que les consommateurs peuvent davantage choisir les leurs avec la nouvelle réglementation du CRTC. Est-ce à dire que Canal Vie, une autre chaîne de Bell qui contient déjà des émissions de cuisine et d'art de vivre, sera convertie en Gusto? Sans compter Moi&cie, CASA, Zeste et Évasion, qui traitent aussi de ces sujets chez leurs concurrents. Bien curieux de voir quelle place prendra le contenu original québécois sur la chaîne Gusto.

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