Quand la vraie vie ressemble à O'

Reconstitution dramatique de l'histoire de Louis-Georges Bresse, manipulé... (Photo fournie par Canal Vie)

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Reconstitution dramatique de l'histoire de Louis-Georges Bresse, manipulé par une femme qui en voulait à son argent.

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(Montréal) CHRONIQUE / Ce que l'amour peut nous faire croire. Les fidèles du téléroman O' ont vu cette saison un des personnages s'inventer un cancer pour amadouer son ex et ses enfants, et trafiquer des flacons de pilules. Une intrigue digne de General Hospital. Eh bien, ça se peut aussi dans la vraie vie. Même que c'est arrivé à Maria Inès Cabral, une jeune professionnelle sortie détruite d'une relation avec un être manipulateur et mythomane.

La troublante série documen­taire Quand l'amour rend aveugle, que Canal Vie diffuse dès mardi à 20h, expose les cas bien réels de Québécois qui ont cru aux belles paroles de prétendants aux intentions machiavéliques. Il y a de quoi là-dedans vous convaincre de multiplier les précautions avant de vous lancer dans une nouvelle relation amoureuse.

Dans la série de Karina Marceau, produite par le Groupe PVP de Matane, les témoignages des véritables victimes, de leurs proches et de spécialistes s'entrecroisent avec des reconstitutions dramatiques. Celles-ci ne sentent pas le gros budget, mais restent crédibles. Certaines histoires sont dignes d'un thriller quand ce n'est pas d'un soap d'après-midi aux situations aussi rocambolesques qu'invraisemblables.

Le prince charmant de Maria Inès Cabral, qu'on nommera Simon et que vous verrez dans le troisième épisode, l'a conquise en la vouvoyant et en lui payant tout. Elle aurait déjà dû se méfier lorsqu'elle a découvert qu'il avait femme et enfants, qu'il était en instance de séparation, sans lui en avoir parlé. Mais, envoûtée par ce beau parleur, elle a passé l'éponge.

Elle n'avait rien vu. Peu de temps après qu'ils eurent emménagé ensemble, le prince charmant s'est transformé en être dominateur, sur le point de la frapper pour une raison aussi futile qu'elle n'avait pas fini son verre de jus. Lorsque Maria décide de le quitter, sa vie devient un véritable enfer. Simon la supplie de revenir, l'inonde de messages, d'appels anonymes à son bureau, allant jusqu'à harceler ses collègues et son patron, tout en la privant de ses effets personnels. Submergée et incapable de gérer ce chaos, elle finit par en perdre son emploi de gestionnaire de projets dans une maison de disques.

La suite n'est pas plus reluisante : Simon la suit dans la rue, se met à inventer un accident et même un cancer pour qu'elle revienne, comme Mina, le personnage de Noémie Godin-Vigneau dans la série O'. Chaque fois, elle mord, jusqu'à y voir clair le jour où elle se rend à l'hôpital et découvre qu'il n'y a jamais eu de cancer. Il faudra que l'ex lui remette ses vêtements en lambeaux dans des sacs à ordures, pour qu'elle finisse par porter plainte à la police et mette fin à ce calvaire de sept ans. L'histoire finit bien : elle a finalement trouvé l'amour de sa vie. Mais aucune sentence n'a encore été prononcée contre «Simon».

Racontée dès le premier épisode mardi, l'histoire de Louis-Georges Bresse n'est pas plus heureuse. Cet homme approche de la retraite lorsque sa femme décède. Ginette Audet-Lemay, en qui il aura l'impression de retrouver son épouse, profitera de sa vulnérabilité pour l'embobiner, lui ravir la moitié de sa maison, devenir bénéficiaire irrévocable de son fonds de pension, le faire arrêter pour de faux motifs et, comble de l'insulte, vivre avec son amant sous le même toit en sa présence.

Bien sûr, M. Bresse aurait dû écouter ses proches, qui l'ont mis en garde contre cette intrigante. L'homme en viendra à vouloir s'enlever la vie en s'asphyxiant dans une voiture, sauvé in extremis par une femme. Là aussi, l'histoire finit bien - Mme Audet-Lemay sera condamnée -, mais il lui en aura coûté 17 000 $ en frais d'avocat.

La série compte six épisodes de 30 minutes, diffusés à raison de deux par soir, les 3, 10 et 17 mai. Un autre cas exploré est celui de Michaël Houle, dont Mylène Moisan a raconté l'histoire dans ces pages en 2014, un jeune dysphasique piégé par un réseau de fraudeurs sur le Web.

Évidemment, il vous arrivera de trouver ces gens bien naïfs de se laisser ainsi berner et de ne pas s'ouvrir les yeux sur des évidences. Facile de juger quand on ne vit pas dans la situation, qu'on ne vit pas en position de vulnérabilité. Les Mina ne courent peut-être pas les rues, mais quand toutes les circonstances sont réunies, ces histoires pourraient nous arriver à tous.

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