La triste fin d'un bagarreur

  • Au-delà du cadre biographique, le documentaire <em>Poing final</em> raconte la fabrication d'un bagarreur et mesure les ravages d'un tel rôle sur un individu. (Archives Le Soleil)

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    Au-delà du cadre biographique, le documentaire Poing final raconte la fabrication d'un bagarreur et mesure les ravages d'un tel rôle sur un individu.

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  • John Kordic est mort d'une surdose à 27 ans. (Archives Le Soleil, Patrice Laroche)

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    John Kordic est mort d'une surdose à 27 ans.

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  • John Kordic et Bryan Fogarty en 1992 (Archives La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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    John Kordic et Bryan Fogarty en 1992

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  • John Kordic est mort après une arrestation musclée dans un motel de L'Ancienne-Lorette. (Archives Le Soleil)

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    John Kordic est mort après une arrestation musclée dans un motel de L'Ancienne-Lorette.

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  • John Kordic est mort après une arrestation musclée dans un motel, en surdose de drogue. (Archives Le Soleil)

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(Montréal) CHRONIQUE / En août 1992, les gens ne parlent à peu près que d'une chose, la mort de John Kordic. Le joueur qu'on envoyait sur la glace pour faire saigner l'adversaire, dont les poussées de violence dissimulaient un profond mal-être, meurt à 27 ans, après une arrestation musclée dans un motel de L'Ancienne-Lorette, en surdose de drogue.

Son histoire, d'une incommensurable tristesse, est racontée dans un excellent documentaire d'une heure qu'il faut voir, que vous soyez fan de hockey ou pas. Réalisé par Philippe-André Moreau, Poing final sera diffusé dans la série «25 ans d'émotions», d'abord à RDS INFO, lundi prochain à 19h, puis à RDS, le vendredi 29 avril à 20h30.

Au-delà du cadre biographique, Poing final raconte la fabrication d'un bagarreur et mesure les ravages d'un tel rôle sur un individu. Mats Naslund, coéquipier de Kordic chez le Canadien, est convaincu qu'il n'aimait pas se battre et qu'il le faisait par obligation. Certainement pas pour faire plaisir à son père, qui détestait le voir se battre.

Du genre à s'embrasser les biceps, l'ancien Nordiques passait d'une équipe à l'autre comme un mauvais élève qui change d'école à répétition : Canadien, Maple Leafs, Capitals, Nordiques. Des témoins reconnaissent que la consommation de Kordic était entourée d'hypocrisie; plusieurs savaient qu'il se droguait, mais faisaient semblant de ne pas savoir. Jean Perron, son entraîneur chez le Canadien, se souvient l'avoir vu arriver plus gonflé qu'à l'habitude, le dos recouvert de boutons, un signe qui ne trompe pas.

Malgré toutes ses frasques passées, Pierre Pagé lui donne une nouvelle chance en le prenant chez les Nordiques en 1991. Il le savait vulnérable aux drogues, mais pensait que le hockey le tiendrait loin des tentations. Aujourd'hui, Pagé raconte que l'équipe a vraiment tout fait pour le sortir de la dépendance. Ça a marché quatre mois, avant qu'il retombe et échoue à un test de dopage, pour se voir montrer la porte.

Avec François Collin, alors patrouilleur et maintenant capitaine, et le lieutenant Dominic Gaudreau, spécialiste en intervention par la force, tous deux du Service de police de la Ville de Québec, on refait le fil des événements du fameux soir du 8 août 1992, au motel Maxim du boulevard Wilfrid-Hamel. Les deux justifient l'intervention musclée par une dizaine de policiers, Kordic étant alors incontrôlable. «En 25 ans de travail, je vous dirais que c'est la fois où j'ai eu le plus peur d'un individu», raconte François Collin.

Cocktail explosif de drogues

Sans équipe et délirant depuis des jours, Kordic avait pris un cocktail explosif de stéroïdes et de cocaïne. La directrice du Laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS, Christiane Ayotte, raconte que le taux de cocaïne était si élevé dans son sang et son urine qu'il a fait cristalliser l'échantillon qu'on lui avait transmis. «Je n'avais jamais vu une affaire pareille», dit-elle.

Convaincue que l'intervention de la police a causé la mort du hockeyeur, la famille avait alors poursuivi la Ville, avant de régler à l'amiable. Et on sent que le sujet est encore sensible, presque 24 ans plus tard. Sa copine de l'époque, Nancy Massé, s'est longtemps sentie coupable de son décès. Quelques jours plus tôt, il s'était montré violent à son endroit, et l'histoire avait fini au palais de justice. Elle se dit toutefois persuadée que certaines personnes n'ont pas fait ce qu'il fallait pour éviter le drame, et qu'elles doivent encore s'en vouloir.

Son ami Michel Labonté, tout un personnage, raconte plusieurs épisodes où Kordic, hautement intoxiqué, faisait de la paranoïa et le prenait pour un policier à ses trousses. Mais il n'en démord pas : «La police a tué John Kordic», martèle-t-il. Plus nuancé, Chris Nilan croit aussi que les choses auraient pu se passer autrement. «Il a perdu la vie avant de pouvoir se relever, et c'est bien ce qui est le plus triste», raconte cet autre bagarreur et coéquipier de Kordic chez le Canadien.

Après plusieurs décès d'anciens joueurs, Poing final soulève des questions importantes sur le rôle qu'on fait jouer aux bagarreurs et sur les conséquences irréversibles des commotions cérébrales. Chaque coup porté à la tête a des répercussions sur le cerveau, il n'y a pas de «petite» commotion. Kordic avait à son actif 97 bagarres, faites vos propres conclusions.

Décidément, la série «25 ans d'émotions» ne déçoit jamais. Le documentaire sur la vie de Jacques Demers, Coach, m'a ému aux larmes la semaine dernière, diffusé dans le contexte qu'on connaît. Les prochaines émissions s'annoncent tout aussi captivantes, dont une sur Gaétan Boucher et une autre sur le promoteur de boxe Régis Lévesque.

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