Jean Lapierre, l'irremplaçable

Paul Arcand et Chantal Hébert étaient encore chavirés... (Karine Dufour, ICI Radio-Canada Télé)

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Paul Arcand et Chantal Hébert étaient encore chavirés par la mort de leur ami Jean Lapierre lors de l'enregistrement de Tout le monde en parle, jeudi, deux jours après le tragique écrasement d'avion.

Karine Dufour, ICI Radio-Canada Télé

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(Montréal) CHRONIQUE / Les gorges étaient nouées sur le plateau en ouverture de Tout le monde en parle dimanche. La semaine a été dure. D'abord, on a rendu hommage à Jean Bissonnette, «mon mentor et mon ami», a dit Guy A., en plus de saluer la fille du défunt, Sophie Bissonnette, coréalisatrice de l'émission et sa complice depuis 20 ans.

Et puis, on a reçu Paul Arcand et Chantal Hébert, encore chavirés par la mort de leur ami Jean Lapierre. C'est sans doute parce qu'ils n'y croyaient pas encore tout à fait qu'ils ont su décrire, parfois encore au présent, un Jean Lapierre aussi vivant et drôle, avec qui ils n'avaient jamais connu de conflit.

Pour Arcand, Lapierre restera irremplaçable. Parce qu'il avait ses entrées partout en politique comme nul autre. Il s'ennuiera de leur téléphone quotidien en après-midi qui commençait toujours par «Salut, salut! Tu sais pas ce que je viens d'apprendre?» Et par ces bruits de coulisses qui n'allaient jamais en ondes. Il ne l'a jamais vu déprimé, morose, désagréable.

Un jour, il avait donné en ondes une liste des ministres dont le gouvernement devrait se débarrasser. Quelqu'un de l'interne l'en avait remercié; sa liste avait fait dégonfler l'égo de plusieurs. Chantal Hébert a su que c'était terminé dès le moment où elle a vu la photo de l'avion, mardi dernier. «Derrière les expressions, il y avait un contenu et il y avait du travail», a-t-elle voulu dire de son ami.

Autre moment marquant de l'émission : le débat sur la création d'un registre des armes à feu au Québec, qui a failli tourner à la foire d'empoigne. Pas convaincu que les proarmes avaient délégué leur meilleur porte-parole. Vice-président du collectif citoyen Tous contre un registre québécois des armes à feu, Guy Morin devait se douter qu'il n'aurait pas le public de son côté. Il aurait dû arriver avec des statistiques et des faits solides, et surtout laisser son «air bête» à la maison. Il soutient entre autres que toutes les armes sont déjà enregistrées chez les vendeurs dans un registre auquel les autorités auraient accès. Or, les vendeurs n'ont plus l'obligation d'exiger d'enregistrement depuis que les conservateurs ont aboli le registre au fédéral.

Mieux préparée, Nathalie Provost, porte-parole de Poly se souvient, n'a pas tardé à le lui rappeler. Elle a ajouté que partout dans le monde où il existe un contrôle des armes à feu, il y a moins de meurtres par balles. «Si Marc Lépine s'était présenté avec un couteau plutôt qu'une arme, c'est sûr que les dégâts auraient été moindres», a dit cette survivante de la tuerie de Polytechnique.

Quand Michel Barrette a demandé à Guy Morin combien il avait d'armes à la maison, il s'est rebiffé. «C'est pas de vos affaires», lui a-t-il répondu, ajoutant plus tard qu'il ne le disait pas pour éviter qu'on vienne lui voler ses armes. M. Morin plaide qu'un registre va coûter cher et affirme que la majorité des Québécois n'en veulent pas, sans citer de sondage précis. Avant que certains l'érigent en pauvre victime, précisons que M. Morin a eu amplement de temps de parole et qu'il aurait pu l'utiliser à meilleur escient.

La réputation de coureur et de «pire guidoune du show-business» qu'a eue Michel Barrette durant 20 ans n'est pas une légende. «Du sexe triste», décrit l'humoriste en pensant à cette phase trop longue de sa vie. Il a un projet de film, intitulé Une par jour, avec son ami Michel Boujenah, l'histoire d'un gars à qui on jette un sort, et qui est condamné à coucher avec une femme différente chaque jour de sa vie.

Quand Guy A. lui demande s'il pense que le public de Pour le plaisir se rend compte qu'on présente encore des rediffusions le midi, Michel Barrette raconte qu'une dame a appelé pour pouvoir assister aux reprises. «Madame, c'est des reprises», lui a-t-on expliqué. «Ça me dérange pas!» a-t-elle insisté.

Ina Mihalache, une Québécoise qui a adopté l'accent français «par sensibilité esthétique» avant d'aller vivre en France, s'est fait taquiner gentiment pour ce choix surprenant. Pas simple de cerner l'univers de la créatrice des capsules Solange te parle, qui pratique le naturisme, aime faire l'amour habillée, et fait la guerre à l'épilation.

Mario Tessier n'avait que 19 ans lorsque son père a succombé à une thrombose. Il était dans l'armée, l'aumônier lui a appris froidement la nouvelle. Son père avait jadis acheté le bar où sa mère était serveuse pour la conquérir.

Ancien obèse morbide qui pesait 452 livres à 18 ans, Jimmy Sévigny en a perdu 272 après avoir frôlé la mort quand son coeur a arrêté de battre durant 13 secondes. Victime d'intimidation à l'école, il est devenu intimidateur à son tour. Aujourd'hui, il est entraîneur, chroniqueur et conférencier, fait des triathlons et des Ironman, épreuves sportives très exigeantes.

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